23 juin 2005

La comparaison moins bete qu'immonde d'un député de l'UMP

[Alerte Vigilance]

Didier Julia a osé comparer la "résistance irakienne" à la Résistance française sous l'Occupation : "les résistants français ont été considérés comme des terroristes par les nazis puis ensuite considérés comme des libérateurs" (22/06/2005 / AFP 18 h 46)

Monsieur Julia assimile donc à un discours nazi le fait de considérer comme des terroristes les équipes irakiennes ou étrangères dirigées par Al-Qaida. Au renversement opéré par les nazis en traitant de "terroristes" ceux qui au péril de leur vie et par amour de la Vie s'attaquèrent aux infrastructures et parfois aux hommes de l'armée nazie, succède à présent le renversement de Julia, qui assimile la resistance française à de fanatiques criminels. Par cette comparaison insuportable, il insulte non seulement la mémoire de la résistance française, les victimes françaises du nazisme et de la collaboration, mais il insulte aussi les victimes civiles du 11 septembre 2001, il insulte tous ceux qui en Irak souhaitent la neutralisation des poseurs de bombes (souvent des kamikazes).

Prononcés par un député de l'UMP, ces propos constituent un acte d'une extrême violence contre nous tous, citoyens français attachés à la Républiques et à ses valeurs, celles-là même qui ont ispiré en France la résistance au nazisme, par delà les clivages politiques, les nationalités, les motifs personnels ou les formes d'engagement.

Il est malheureusement probable qu'une fraction conséquente de l'opinion pourrait se découvrir prête à suivre Monsieur Julia, travaillée qu'elle est depuis des années par les hyper-tolérants hautement médiatiques de l'intolérance. Combien de fois n'a-t-on entendu de braves gens ces dernières années déclarer sans sourciller que "Bush était pire que Hitler", et autres slogans concotés dans différents pays, y compris ceux visant à coudre une croix gammée sur le vêtement du Juif (d'après une juste formule d'Alain Finkielkraut) ?

Avec les déclarations de M. Julia, et au moment où la communauté internationale montre son désir d'aider le gouvernement actuel de l'Irak à sortir ce grand pays de ses immenses tourments, chacun --- journalistes, anciens résistants, militants politiques, philosophes, historiens, sociologues, écrivains, enseignants, simples citoyens --- est en quelque sorte sommé d'éclaircir rapidement sa pensée quant à la nature de ceux qui ont battu, menacé de mort, et enfermé Florence Aubenas pendant 150 jours dans une cave, ceux-là dont le fanatisme absolu et le goût de la mort ne sont niés qu'au prix d'un formidable voilage de face (*).

Par la même occasion, les plus audacieux de nos chroniqueurs en profiteront certainement pour nous dire à quoi, selon eux, correspond l'explosion des ventes de Mein Kempf, en Turquie, en 2005. "Un progrès de la résistance des peuples dans son combat glorieux contre l'impérialisme américain et contre l'antité sioniste ", peut-être ???

(*) On entend souvent dire que l'on a peur de ce que l'on ne connaît pas. Le malheur n'est-il pas qu'il existe aussi des choses ou des êtres dont on a d'autant plus peur qu'on les connait ?

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