21 avril 2009

Symétries insultantes au Téléphone Sonne sur France Inter


"Bravo" à Yves Decaens pour son sens parfait de la symétrie : ""Toute la difficulté, c'est de renvoyer les uns et les autres dos à dos, finalement" se demande-t-il tout bonnement, à voix haute, durant l'émission du Téléphone Sonne, lundi 20 avril consacré à Durban II, en parlant de l'Iran et d'Israël.
Et finalement le journaliste parvient à ses fins (puisqu'en effet il ne s'agissait pas pour lui de dire qu'il n'était pas légitime de procéder à une telle symétrisation, mais bien, au contraire, qu'une telle symétrisation devait être recherchée a priori) : grâce (bien sûr) aux propos d'un auditeur, lus à l'antenne en guise de conclusion à l'émission, des propos qui mettent sur un même plan Ahmadinejad et ceux qui feraient une "fixation sur l'antisémitisme", autrement dit... les Juifs !
L'insulte faite aux Juifs est tellement énorme que personne ne relève, personne ne proteste.
La bêtise idéologique des symétrisations a priori au service de quoi ? d'une violente attaque contre les Juifs. Vous appelez cela comment, vous ?
P.S. 1 : contactés, ni Yves Decaens ni le médiateur de France Inter n'ont estimé devoir me répondre. J'ai décidé pour ma part de ne pas lâcher le morceau : je leur poserai la question jusqu'à ce qu'ils me répondent.
P.S. 2 : au cours de la même émission, Richard Serero, Secrétaire Général de la Licra, n'a pas contesté la suggestion implicite faite par Decaens, selon laquelle l'exigence par Netanayu de la reconnaissance d'Israël comme Etat juif serait une exigence raciste. Pire, Serero s'est cru autorisé à affirmer qu'une telle revendication n'engageait que le premier ministre actuel, qualifié de "premier ministre provisoire" d'Israël. Contactée pour savoir si ces affirmations à l'emporte-pièce n'engageaient que Serero, ou correspondaient à une position officielle, la LICRA ne m'a pas non plus répondu.
P.S. 3 : Au cours de la même émission, Antoine Madelin, directeur à la FIDH devait quant à lui aller au-delà de la symétrisation, lorsque, dans le contexte des réponses à ce qui n'était pas une question mais une diatribe anti-israélienne d'une auditrice accusant Israël de "génocide", il déclara : "Il faut condamner le racisme, à commencer par Israël, mais aussi l'Iran...". Il y a bien longtemps que, pour ce qui nous concerne, nous n'attendons malheureusement plus rien de ce genre d'associations.

06 janvier 2009

France 2 souffle sur les braises

Lundi 5 janvier 2009, dans le JT de 13h, France 2 diffuse des images insoutenables : celles de nombreuses victimes palestiniennes, y compris des enfants, hurlant de douleur, après l'explosion accidentelle, il y a plusieurs années, d'un camion du Hamas rempli d'armes [ce que les terroristes du Hamas appellent un "accident de travail"].

Mais, sans avoir pris les précautions nécessaires, France 2 attribue ce carnage à Israël en ces jours de combat, à Gaza. 

Certes, un conditionnel est utilisé par la rédaction dans son commentaire, mais ces images sont bien censées venir à l'appui de l'idée qu'Israël serait responsable de massacres à Gaza, et du reste le dérapage de France 2 est tellement manifeste qu'Elise Lucet vient de présenter ce mardi 6 janvier 2009 midi au JT des excuses aux auditeurs.

Oui, mais des excuses pour quoi ? Pour avoir diffusé un document datant de 2005 comme s'il s'agissait d'un document actuel. Point.

A aucun moment la rédaction de France 2 ne précise qu'il y a non seulement erreur sur la date, mais aussi, et on a envie de dire surtout, erreur sur l'origine du drame : le téléspectateur comprend que les atrocités que l'on voit sur ces images ont en fait eu lieu il y a trois ans, mais continuera à croire qu'elles sont le fait de l'armée israélienne.

Après les violences de la manif pro-Hamas de samedi, après l'attentat contre une synagogue hier lundi soir à coup de voiture enflammée, dans ce contexte, la diffusion sans précaution des images insoutenables en question constitue une faute grave de la part de France 2. 

Le fait que les excuses présentées ne concernent que la date de l'événement, et non sa nature, agrave la faute.

France 2 se moque du monde et n'a aucune excuse dans cette affaire, qui n'est pas la première du genre. 

05 janvier 2009

Le téléphone sonne

L'émission du téléphone sonne, sur France Inter programmée pour ce soir sera notamment consacrée à la guerre de Gaza et à ses conséquences.

Voici ma question (laissée sur cette page), concernant le traitement médiatique du conflit par nos médias :

Que pensez-vous de l'usage du mot "militant" (au lieu de termes tels que "miliciens" ou "combattants"), employé par nos agences médiatiques  francophones pour désigner ceux qui agressent la population civile israélienne sans arrêt depuis des années à coup de missiles ? Cet usage ne conduit-il pas à dévaloriser le mot "militant" en lui donnant une connotation criminelle ultime, celle du terrorisme aveugle ? 

31 décembre 2008

France Inter, le service public anti-israélien ?


Dans son émission quotidienne sur la première radio du service public, Daniel Mermet diffuse des appels à manifester contre Israël, et le site internet, sur France Inter, de cette émission, invite les auditeurs à se joindre à la manifestation organisée à Paris mardi 30 décembre 2008 visant à dénoncer "le massacre du peuple palestinien" par Israël.



On peut s'étonner de ce qu'une émission du service publique serve de tribune militante pour appeler à une telle manifestation.

J'ai laissé un message en ce sens sur le site internet France Inter de l'émission de Mermet, mais ce message a été censuré.

Voici le message que j'ai envoyé à ce sujet au Directeur de France Inter :

Il est regrettable que M. Mermet utilise le service public comme tribune militante et qu'il associe ainsi France Inter à une manifestation partisane dont la banderole de tête constitue un curieux rébus, à méditer :

"Paris-Gaza-Beyrouth-Kaboul-Bagdad-Jénine, Résistance!"

Qu'est-ce à dire ?

J'ignore si pour M. Mermet la "Résistance" devrait, à Paris, être plus Hamas ou plus Taliban, quoi qu'il en soit je ne vois pas ce que France Inter vient faire dans cette galère. Depuis quand présenter le terrorisme comme de la "Résistance" entrerait-il dans les missions du service publique ? En quoi cela distinguerait-t-il alors votre antenne de celles qui, naguère, dans une même confusion, choisissaient de qualifier de "terroristes" d'authentiques résistants, eux.

Anatole

27 novembre 2008

Les activistes de France Inter, sans relâche...

Message à la rédaction de France Inter.

Je viens d'entendre le journal de France Inter, ce jeudi 27 novembre 2008 à 17h. Une fois encore, la langue française est attaquée, les terroristes de Bombay étant désignés comme des "activistes".

Ces déformations de votre part sont permanentes, elles n'en restent pas moins insuportables.

On parle tout le temps, dans les médias, de "l'activisme de Sarkozy". Dans ce dernier cas, c'est un peu tiré par les cheveux dans l'autre sens, mais, à moins d'être totalement idiot, ou de faire l'idiot, il devrait du moins être évident que le même mot ne peut pas être employé avec des significations aussi différentes.

Consultez un dictionnaire, et respectez simplement la langue française. De toute façon, les réclamations sur "activistes", auxquelles vous ne répondez jamais, sont déjà dépassées par le nouvel usage de "militant". A ce sujet, je n'ai toujours pas de réponse de Duvic.

Je note tout cela sur mon blog, pour documentation future sur la désinformation : une goute d'eau, mais bon...

26 novembre 2008

Edwy Plenel et les barbares

Lors du colloque de l'UPJF consacré dimanche 23 novembre 2008 dernier au thème « Les démocraties face à l’antisémitisme », l'intervention d'Edwy Plenel a été particulièrement intéressante. Celui-ci aura notamment fait la leçon à l'auditoire, en invitant les Juifs que nous étions à suivre les recommandations d'ouverture du Rabin Sitruk, et à prendre exemple sur la démocratie israélienne, si diverse dans ses opinions quand les siennes étaient reçues un peu bruyamment, durant quelques secondes, au plus fort de ses provocations.

En somme, Plenel disait à l'assistance : je suis meilleur juif que vous ne l'êtes, et vous n'êtes guère tolérants. Pourtant, M. Plenel a pu s'exprimer fort longuement, sans être interrompu, et l'invitation faite par l'UPJF au très médiatique Plenel ne méritait certes pas de la part de celui-ci ces critiques infondées. En fait, tout comme Georges Marchais ou Jean-Marie Le Pen qui en leur temps consacraient souvent une grande partie de leur temps de parole à prétendre qu'on ne les laissait pas parler, j'ai eu le sentiment que M. Plenel aurait voulu pouvoir se poser en victime jusque dans cette assemblée attentive et plutôt respectueuse. Raté : les rares manifestations émotives d'une ou deux personnes dans le public auront vite été calmées par le président de l'UPJF, et M. Plenel aura même été applaudi à la fin, non pas à l'évidence par accord avec ses propos, mais pour le remercier d'avoir exprimé son point de vue. 

Sur le fond, je suis pleinement d'accord avec la critique par Ivan Rioufol du procédé d'Edwy Plenel qui consiste à accuser de racisme toute critique de l'idéologie multiculturaliste, car souhaiter l'enrichissement mutuel des cultures n'est certes pas la même chose que de souhaiter qu'elles disparaissent toutes dans un mélange uniforme où toute idée d'identité se serait dissoute, et l'on ne voit pas le rapport entre le rejet de cette dernière option et un quelconque racisme.

Mais voici qu'après cette table ronde, je trouve Edwy Plenel dans le couloir en train d'asséner sa rhétorique bien rodée de néo-ancien-trotskyste à un jeune qui lui a posé une question que je n'ai pas entendue. Devant le flot de quasi-lieux communs magistralement tournés, je vois le jeune opiner du bonnet, comme hypnotisé par le sophiste professionnel. Soudain, j'entends Plenel dénigrer l'idée qu'il y aurait des  barbares. J'interviens :

- M. Plenel, les barbares, ça n'existe pas ?

Il se tourne vers moi, comme étonné qu'on ait osé le couper dans sa psalmodie, et après une fraction de seconde d'hésitation me lance : "si vous barbarisez l'autre, vous vous barbarisez vous-même". Toute la fausseté de la pensée de Plenel me semble condensée dans ce petit slogan. Je n'ai pas la présence d'esprit de lui demander si c'est Ilan Halimi qui a fait de Fofana un barbare, Plenel s'en va rapidement, je n'ai que le temps de lui lancer : "n'ayez pas peur, Plenel !", c'est-à-dire : n'ayez pas peur de regarder en face cette réalité de la barbarie, plutôt que de choisir d'accuser implicitement ses victimes d'en être à l'origine.

Du reste, avec son petit slogan paradoxal et néanmoins assez minable, Plenel ne semble même pas se rendre compte qu'il "barbarise" ceux qu'il accuse de "barbariser l'autre", et qu'à suivre sa propre logique il devrait en déduire qu'il est lui-même en train de se barbariser...

Mais non, il ne s'en rend pas compte, il préfère se rêver en non-juif qui serait en un sens un Juif véritable (ne nous a-t-il pas rappelé qu'il avait lui-même été insulté à une époque par des antisémites d'extrême droite qui le désignaient comme "Plenel l'enjuivé"), en position de faire la morale à ceux qui n'ont rien compris, qui ne sont ni ouverts ni tolérants (même s'ils l'ont invité à venir leur parler !), qui barbarisent les autres, etc., autrement dit ces Juifs de l'UPJF auxquels il s'adresse.

Je pense soudain aux horribles attaques terroristes qui ont lieu ce soir à Bombay. Je suppose que pour Plenel, les Moudjahidin du Deccan ne sont pas des barbares --- il ne faut pas barbariser l'autre, souvenez-vous --- mais, j'imagine, de pauvres gens dont il faudrait surtout essayer de comprendre les motivations ??? 

21 novembre 2008

Message à Bruno Duvic, "Et pourtant elle tourne", sur France Inter :

J'écoute le début de votre émission, ce lundi 17 novembre 2008 à 18h20 sur France Inter; dès les première minutes, j'entends la traduction française des propos d'une israélienne militante "des droits de l'homme" : il est question des "militants" qui tirent des roquettes. Je suis désolé, ceux qui tirent des missiles sur les civils ne sont pas des militants, ce sont des terroristes. Je coupe le poste, j'ai mieux à faire que d'écouter cette propagande de France-Inter, je laisse ça aux historiens futurs qui travailleront sur le thème de la désinformation.

Anatole

Voici la réponse que m'a faite Bruno Duvic, réponse reprise par le médiateur de France Inter également contacté :

...

11 juin 2008

Une forme de censure originale sur nouvelobs.com

La page pointée par le lien ci-dessous fait partie du site du nouvelobs.com :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20080604.OBS7106/lsreactions00e5.html?l=0=

On ne peut donc pas dire que son contenu soit censuré par ce média, étroitement lié à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, qui publie en même temps que le site un appel en faveur de Charles Enderlin.

Certes, les messages publiés sont filtrés, ce qui est tout-à-fait normal. Ce n'est pas non plus cette censure là, encore une fois légitime, dont il est question ici.

Non, la forme de censure originale de la part du site nouvelobs.com consiste en ceci (outre, semble-t-il, le retrait a posteriori de certains messages déjà filtrés) : la page qui contient l'appel pour Enderlin ne contient pas l'habituel pointeur vers celle permettant de lire et/ou de laisser des commentaires.

Précisons que les commentaires déjà publiés sont tout-à-fait corrects, respectueux, polis, rationnels et... très très critiques à l'égard de l'initiative des journalistes de l'Obs. Comme l'écrit à ce sujet un certain Talal sur la page des "commentaires cachés" du nouvelobs.com, je cite :

 je m'étonne de ce que le lien vers les commentaires ait été supprimé de la page qui contient l'appel : le résultat est fort curieux : une page de soutien d'un coté, quantité de commentaires critiques de l'autre, sans possibilité pour ceux qui consultent la première d'accéder ou de participer aux seconds s'ils ne vont pas chercher ailleurs (*) l'adresse où lire ou laisser ces commentaires.

Cela mériterait en soi une explication de la part des responsables du site internet du Nouvel Obs, voire du Nouvel Obs lui-même...

***
(*) Ailleurs ? Talal pense certainement à des blog tels celui de votre serviteur... A nous, donc, de donner aux internautes l'adresse de la page du Nouvel Obs où ils peuvent participer au débat !!! On aura tout vu...


30 avril 2008

Non-traitement d'une information essentielle : lettre au journal "Le Monde"






Cher Gilles Paris, rédacteur du journal Le Monde,

Vous avez apprécié la courtoisie de nos échanges précédents, sachez que pour ce qui me concerne cela continuera de la même façon : ce style, outre ses nombreux avantages en terme de dialogue et de cordialité, constitue en lui-même un petit exercice amusant auquel je n'ai aucune raison de me soustraire.

Je voudrais par la présente m'étonner de ce que, sauf erreur de ma part, l'information selon laquelle, je cite
http://www.7sur7.be/7s7/article/print/detail.do?language=fr&navigationItemId=1505&componentId=258126

"Le ministère palestinien de la Santé a accusé dimanche [27 avril 2008] des membres du Hamas d'avoir ouvert le feu sur des camions-citerne qui devaient livrer des carburants aux hôpitaux de la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien.

"Des membres du Hamas ont ouvert le feu dimanche dans la bande de Gaza contre des camions-citerne qui devaient livrer des carburants destinés aux hôpitaux de ce territoire", a indiqué un communiqué publié à Ramallah, en Cisjordanie, où se trouve le siège de l'Autorité palestinienne.


cette information, donc, n'a pas été donnée par votre journal à ses lecteurs. Dites-moi que je fais erreur et que cela m'aura échappé. En tout état de cause, une telle information jette une lumière tellement importante pour comprendre la situation à Gaza, que l'on peut s'étonner qu'un article important, signalé en première page, ne lui soit pas consacré. En outre, la chose est facile à vérifier : la "chose", c'est-à-dire non pas directement ce qui s'est passé, mais le fait que l'Autorité Palestinienne a bien fait ce communiqué. Du reste, si je ne l'ai pas trouvée en Français, il y a au moins une dépêche en anglais de notre agence de presse favorite, l'AFP, à ce sujet, dépêche donc l'article mentionné plus haut du site www.7sur7.be est la version française :

Sun Apr 27, 3:09 PM ET

RAMALLAH, West Bank (AFP) - The Palestinian health ministry in the West Bank on Sunday accused the Islamist Hamas movement of preventing the delivery of fuel oils to hospitals in the Gaza Strip.

"Members of Hamas in the Gaza Strip opened fire on Sunday on fuel trucks that were full of fuel destined for hospitals in the territory," the ministry said in a statement issued in the Palestinian political capital of Ramallah.


Dans l'attente de votre réponse concernant ce non-traitement par votre journal d'une information essentielle, je vous prie de croire, M. Paris, à l'expression de ma considération distinguée

Anatole Zed

PS 1: A propos de la mort dramatique d'une famille palestinienne le 28 avril dernier, j'ose espérer que vous donnerez dans votre journal toute sa place aux conclusions de l'enquête de l'armée israélienne, selon laquelle "il s’avère que la famille n’a pas été tuée par l’armée israélienne, mais par les explosifs que transportaient 2 terroristes". A moins de considérer la propagande de l'organisation terroriste Hamas comme plus crédible que les enquêtes diligentées par un Etat démocratique ami de la France, vous n'aurez dans ce traitement aucune raison de favoriser l'explication du Hamas.

PS 2 : Je fais de cette lettre une lettre ouverte en la mettant sur
mon blog. Merci de m'indiquer si vous m'autorisez à y publier également votre réponse.

28 avril 2008

Le prix Bayeux a du style !

A propos d'un article de Vincent Hugeux publié le 24 avril dernier sur le site de l'Express et consacré à un reportage diffusé ce 28/04/2008 soir sur Canal + concernant "les guerres de l'information", nous avons envoyé le message reproduit ci-après à la rédaction de l'Express.

Précisons que Vincent Hugeux a reçu le "prix Bayeux" en 2005, prix attribué au journaliste pour un reportage en Ouganda; que dans son article sur le docu de Canal, M. Hugeux insulte MM. Karsenty et Landes en affirmant qu'ils font partie des
"spécimens les plus atteints par une forme pathétique de névrose obsessionnelle"; et ajoutons que nous n'avons reçu aucune réponse de M. Hugeux ni de l'Express.



From: Anatole
Date: 25 avril 2008
Subject: Le "prix Bayeux 2005" a du style !
To: emettout@lexpress.fr, courrier@lexpress.fr, vhugeux@lexpress.fr

Chers rédacteurs de l'Express,

Quel style, ce Vincent Hugeux ! Chapeau !

Je cite l'ami Vincent : "
[...] quelques-uns des spécimens les plus atteints par une forme pathétique de névrose obsessionnelle: citons l'historien Richard Landes ou le Français Philippe Karsenty".

Etre correspondant de guerre en Ouganda, ça donne des compétences en matière de psychopathologie, on dirait...

Mais le "
Prix Bayeux 2005" pourrait peut-être dans un prochain article ajouter à sa liste de "spécimens névrotiques obsessionnels" les noms de Richard Prasquier, président du CRIF, qui demande à son tour une enquête sur l'affaire en question.

Il pourrait sans doute aussi ajouter celui de sa consoeur Elisabeth Lévy, qui sur son blog reconnaît s'être trompée, comme l'ensemble de la profession, sur cette affaire.

Il pourrait peut-être encore inscrire dans sa liste de "névrosés obsessionnels",
le député Roland Blum, pour sa question posée le 8 novembre 2004 au gouvernement sur l'affaire France 2/Al-Dura.

Il pourrait même éventuellement mentionner, parmi les "spécimens"... Denis Jeambar, l'ancien patron de l'Express; je cite un extrait de son dialogue avec Shlomo Malka le 1er février 2005 sur la radio RCJ :

***

S. Malka : [...] Notamment quand Enderlin a dit, dans son commentaire, que Djamal et son fils sont la cible de tirs venus de positions israéliennes, ça c'est faux, et tout le monde en convient aujourd'hui.

D. Jeambar : Oui, tout le monde en convient aujourd'hui [...]

***

Et pourtant... entre "on nous cache tout, on nous dit rien" et "on nous cache rien, on nous dit tout", il y a la marge immense de l'investigation sérieuse, me semble-t-il...

Mais, pour dire les choses franchement, chers rédacteurs de l'Express, je trouve que les mots employés par Vincent Hugeux pour parler de MM. Karsenty et Landes est un genre de grossièreté qui mérite une interprétation politique.

Or, comment qualifier politiquement ce style d'insultes proférées par votre journaliste primé ?

Je vous laisse en décider; personnellement je ne le situerais pas du coté du débat d'idée, du désir de vérité, du sérieux et de l'intelligence.

Bien au contraire.

Très cordialement,
Anatole


25 avril 2008

650 000 réfugiés ?

Selon l'AFP et selon ceux qui prennent la responsabilité de reproduire ses dépêches sans vérification, un habitant sur deux de la bande de Gaza serait un "réfugié :



D'où sortent ces chiffres fantaisistes (il y a eu 170 000 réfugiés en 1948) ? Mystère et boule de gomme... c'est-à-dire de la propagande du Hamas.

Nous avons noté il y a quelques jours que pour Associated Press, les "militants" palestiniens tuent des civils israéliens et tirent des obus de mortier. On sait depuis belle lurette le petit jeu de propagande auquel se livre l'AFP : ce n'est pas nouveau, mais il semble que ces derniers temps les agences se lâchent.

On dit souvent que lorsque des avancées pour la paix se profilent, les extrémistes font tout pour les bloquer. Je ne sais pas si les pourparlers secrets qui ont lieu actuellement entre Israël et ses ennemis mortels représentent des avancées (les islamistes n'ont jamais considéré la moindre "trève" comme un chemin vers la paix mais seulement comme une pause stratégique pour attaquer plus fort ensuite), mais il n'y a pour nous pas de doute qu'il nous faut compter ces agences de presse comme des alliés objectifs et conscients de ces forces obscures que sont, le terme est parfaitement bien choisi, les nazislamistes.

10 avril 2008

Assassinés par des... "militants" !

Extrait d'une dépêche d'Associated Press en date du 10 avril 2008, traduite en français et diffusée par le nouvelobs.com,

"un raid aérien a visé une voiture qui transportait des militants près de la ville de Gaza".

S'attaquer militairement à de simples militants, c'est injustifiable... sauf si la signification du mot "militant" doit être comprise à la lumière sombre de ces autres extraits de la même dépêche :

"Deux civils israéliens ont été tués mercredi par des militants palestiniens",

"Selon un porte-parole de l'armée, le major Tal Levram, quatre militants palestiniens se sont introduits dans le dépôt de carburant vers 15h heure locale et ont ouvert le feu sur leurs victimes."

"l'armée pensait que les militants tentaient en fait d'attaquer un kibboutz ou d'enlever un soldat."

"Selon des médias israéliens, les militants ont tiré des obus de mortier".

Cet usage massif du mot "militant" n'est pas seulement ridicule.

Il n'est pas seulement mensonger (puisque l'armée et les médias israéliens n'ont pas parlé de "militants", mais de "terroristes").

Cet usage mensonger du terme "militant" est criminel.


Oui, quand on considère l'impactsur les esprits des "informations" en provenance du Proche-Orient, un tel détournement du sens des mots est proprement criminel.

Nous ne cessons de le dénoncer avec l'emploi impropre d' "activiste", mais avec "militant" cette propagande criminelle franchit clairement un pas supplémentaire.

(Nous n'avons pas recherché le texte original, en anglais, d'AP,
et le nouvelobs.com n'indique pas qui a traduit cette dépêche en français.
Ce n'est pas à nous de le faire, que le Nouvelobs.com et l'AP se débrouillent entre eux).

Précision sémantique. Si l'origine étymologique de "militer" est, au XIIIe siècle, militaire, Le Grand Robert précise, s'agissant du sens du verbe "militer" depuis le début du XIXe siècle, que "militer exclut l'action violente, l'emploi de la force".

03 avril 2008

Iman al-Hams

Suite au limogeage de l'ex-sous-préfet Guigue, on a pu lire sur Rue89 des articles soutenant Guigue, tel celui de Tom Hill, qui écrit notamment :

"Qu’Israël torture, qu’on n’y travaille pas le Shabbat, qu’au moins une tristement célèbre écolière palestinienne ait été tuée par un sniper israélien chemin de l’école (à Rafah, soyons précis; elle s’appelait Iman al-Hams), sont des faits que nul lecteur honnête et averti ne songerait contester".

La mort dramatique, sous des balles israéliennes, le 5 octobre 2004 à Rafah, au sud de la bande de Gaza, d'Iman al-Hams, écolière de 13 ans muni d'un simple cartable est un fait que personne à notre connaissance ne conteste.

Cependant, les circonstances du drame ne sont pas présentées de la même façon par les Palestiniens et les Israéliens. Lorsque Tom Hill écrit qu'Iman al-Hams a été tuée "par un sniper israélien chemin de l'école" (ce qu'il faut certainement lire "sur le chemin de l'école") il reprend certes la présentation reproduite à des milliers d'exemplaires sur les sites "pro-palestiniens", mais il se trouve absolument contredit par le récit de Jean-Paul Mari du Nouvel Observateur et par l'interview que lui a accordé en juin 2005 la porte parole de l'armée israélienne, Ruth Yaron. Jean-Paul Mari précise en effet dans son article que la jeune fille "été entrée dans le périmètre interdit de 300 mètres autour d’un poste militaire", et Ruth Yaron précise : "une chose est sûre : elle n’était pas sur le chemin qui va à son école".

Il faut tout de même se souvenir de l'utilisation croissante à cette époque, par le terrorisme palestinien, de femmes et d'enfants : des femmes sont munies de ceintures d'explosifs, les enfants sont systématiquement envoyés dans les zones les plus dangereuses quand les "grands frères" restent, armes à la main, planqués à l'arrière. On comprend dans ces conditions que Ruth Yaron se demande "si cette gosse a été utilisée pour tester [les] défenses [israéliennes]", ce qui expliquerait en effet sa présence non pas "sur le chemin de l'école", mais dans une zone militaire interdite.

Ceci étant, nous ne savons pas ce qui s'est passé exactement ce jour-là. Un soldat israélien a-t-il achevé à bout portant l'enfant, comme beaucoup le disent ? Si cela est vrai, pour quelle raison ? Pensait-il avoir affaire à un jeune terroriste suceptible de se faire exploser s'il n'était pas abattu ? Ou bien ce soldat avait-il "pété les plombs" et succombé à des pulsions criminelles ? Nous ne le savons pas.

Il est absolument normal que la famille d'Iman al-Hams ait demandé des comptes à Israël, et plus généralement que tous ceux, Palestiniens ou Israéliens, épris de justice et de vérité, aient en effet demandé à l'armée israélienne de s'expliquer sur la mort dramatique de cette enfant.

Que le soldat israélien qui a tiré sur Iman al-Hams ait agi de façon appropriée étant donné un risque d'explosion kamikaze qu'il avait le devoir de prendre en compte, ou bien qu'il se soit montré incapable d'évaluer correctement la situation, ou bien encore, ce qui fait une énorme différence, qu'il se soit agi d'un fou criminel assassinant délibérément une petite fille, on ne peut pas oublier que ce drame n'aurait pas eu lieu si les terroristes palestiniens n'avaient pas pris l'habitude d'envoyer des enfants dans les zones les plus dangereuses.

En tout état de cause, suggérer comme l'a fait Bruno Guigue que l'Etat d'Israël aurait donné l'ordre à ses soldats d'assassiner les petites filles palestiniennes à la sortie de l'école relève de la propagande pure et simple.

21 mars 2008

Un sous-préfet diffame Israël


1. Les accusations du sous-préfet Guigue.


Bruno Guigue, sous-préfet en exercice de Charentes Maritimes (17), Saintes, a publié récemment sur le site ouma.com une tribune qui contient cette phrase :

"Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles"

La formulation employée par M. le sous-préfet ne se rapporte ni aux situations dans lesquelles les terroristes ont utilisé des enfants comme boucliers humains ou bien les ont envoyé au front, ni à celles où des enfants ont pu être victimes accidentelles de combats où ils n'étaient évidemment pas visés, ni enfin aux inventions de la propagande palestinienne. Non, le propos de M Guigue représente une accusation directe contre l'Etat d'Israël d'ordonner à ses soldats d'assassiner des fillettes à la sortie des écoles. C'est là un événement d'une extrême gravité, qui appelle une réponse nette de la part des institutions concernées.

2. Guigue contre le lobby, ou quand le sous-préfet fait du Dieudonné.

Précisons que cette accusation de M. le sous-préfet Guigue prend place dans un article qui s'attaque à une tribune publiée récemment dans Le Monde, tribune intitulée "l'ONU contre les droits de l'homme", dont nous recommandons chaleureusement la lecture :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/27/l-onu-contre-les-droits-de-l-homme_1016249_3232.html

Voici comment M. Guigue parle de cette tribune et de ses signataires :

Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d'une hystérie verbale et d'une mauvaise foi insondables. Les accusations qu'il profère à l'égard du conseil des droits de l'homme de l'ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu'à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel .. On peut facilement compléter la liste tant l'omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière.

3. Traduction... trahison.

Ajoutons enfin que M. Guigue reprend également dans son article l'accusation, ridicule et monstrueuse, également soutenue récemment dans un communiqué officiel par le parti Les Verts, faite à l'encontre du vice-ministre israélien de la défense qui aurait menacé la population palestinienne d’une « Shoah », c'est-à-dire d'un génocide, rien de moins. M. Guigue et les Verts reprennent en fait ici un article du Monde en date du 1er mars, article signé Michel Bôle-Richard, et dont voici le début :

"Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle il s'exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre", a déclaré, vendredi 29 février, Matan Vilnaï, le vice-ministre de la défense israélien.


Cette traduction par M. Bôle-Richard des propos de M. Vilnaï est scandaleuse. Le mot "shoah" employé par le ministre israélien signifie "catastrophe". Comme le remarque Liliane Messika dans un billet sur primo-europe, le mot "shoah", avec une minuscule, s'emploie en hébreu pour désigner toute catastrophe, je cite L. Messika :

"Il y a des catastrophes ferroviaires, des catastrophes économiques, des catastrophes quotidiennes, et puis il y a LA catastrophe, celle qui n’a pas besoin d’adjectif qualificatif, LA catastrophe qui a fait plus de six millions de victimes juives pendant la seconde guerre mondiale. « Shoah » est devenu un mot français qui n’est utilisé que dans le cas du génocide des Juifs. Les autres catastrophes se mentionnent en français dans le texte.

Comment, le vice-ministre israélien de la défense ne parle pas français ? Il utilise les mots hébreux en hébreu dans le texte ? [...]


Ainsi, M. Bôle-Richard aurait dû traduire le propos de M. Vilnaï : ""Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la catastrophe à laquelle il s'exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre". Certes, M. Bôle-Richard mentionne les explications israéliennes sur l'usage ordinaire de ce mot hébreu, mais M. Bôle-Richard conclut ensuite en donnant son propre point de vue, selon lequel : "De fait, le terme "catastrophe" se traduit bien par "shoah" en hébreu, mais le mot est devenu, ces dernières décennies, synonyme de l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale" (remarquons au passage que pour M. Bôle-Richard, comme pour bien d'autres, "les juifs" victimes de l'extermination ne prennent pas de "J" majuscule).

Quelques jours après cet article, Le Monde relate qu'une "Catastrophe aérienne [a été] évitée de justesse en Allemagne". A suivre M. Bôle-Richard, les médias israéliens auraient le choix entre ne pas donner cette information, ou la donner en s'interdisant d'employer le mot qui dans leur langue signifie "catastrophe", ou bien la donner comme on la donne en français, au risque d'apprendre par M. Bôle-Richard que, selon ces medias, "une Shoah aérienne a été évitée de justesse en Allemagne" ! Comme le remarque justement L. Messika, on pourrait faire exactement le même type de remarque à propos de la langue française avec un mot comme "occupation"...


4. Références.

A lire, ou pas, l'aricle de M. le sous-préfet Guigue : http://oumma.com/Quand-le-lobby-pro-israelien-se


Notre attention a été attirée sur ce papier par le billet de Luc Rosenzweig du 18 mars 2008 sur RCJ, à écouter ici : http://www.radiorcj.info/mp3Player/?audio=rosenzweig18mars

13 mars 2008

Littérature et politique

Le boycott du salon du livre par nombre de pays arabes ou musulmans est évidemment scandaleux. Pour autant, le discours de ceux qui s'en offusquent est souvent assez pénible, lorsqu'il s'agit pour eux de dire : "mais non, vous ne devriez pas boycotter le salon du livre, puisque les écrivains israéliens invités sont les premiers à critiquer Israël". Ainsi de Mme Albanel, ministre de la culture, ce midi sur France Culture, qui trouve dans la dénonciation de ce boycott l'occasion de faire l'apologie du mouvement politiquement très marqué "La Paix Maintenant", mouvement qui a certes de nombreux mérites mais dont les critiques à l'égard d'Israël dérapent souvent de façon extrêmement fâcheuse.

Que ceux qui détestent Israël et ceux qui aiment qu'Israël se déteste se débrouillent entre eux, rien ne nous empêchera, quant à nous, de prendre plaisir à entendre Amos Oz sur France Culture tous les soirs de cette semaine... même pas les idées politiques de celui-ci, auxquelles nous sommes loin d'adhérer entièrement.

08 mars 2008

Pré-occupation pour Kouchner

Extrait de la conférence de presse de Kouchner du 7 mars 2008 :

Question du journaliste - Vous êtes le champion de l’intervention humanitaire et cela fait 60 ans que le peuple palestinien est sous occupation et dans l’impasse. Je sais que vous avez une bonne volonté pour trouver une solution, mais on entend beaucoup de paroles et on voit peu d’actes sur le terrain.
Réponse de Kouchner - C’est vrai, je le déplore autant que vous (...)


Un de nos lecteurs nous fait remarquer que lors de ladite conférence de presse - au cours de laquelle le ministre des affaires étrangères a prononcé les mots qui nous ont conduit à réclamer sa démission (lire ici) - une question posée à Kouchner fait état d'une occupation israélienne "depuis 60 ans", ce qui fait référence à la création même d'Israël, alors que ce qu'on qualifie d'"occupation" n'a commencé qu'en 1967 . Ces "60 ans", remarque justement ce lecteur, n'a pas eu l'air de choquer Kouchner, et de se poser la question : est-ce à dire que ce serait la position officieuse de la France ?

J'ai une autre hypothèse, assez affolante il est vrai : et si l'actuel ministre des affaires étrangères n'était finalement guère plus malin que le précédent, un certain Douste-Blazy ?

07 mars 2008

Mais Rama Yade accuse Israël...

Mme Rama Yade a déclaré dans son discours au Conseil des Droits de l'Homme du 3 mars 2008 dernier à Genève, je cite : Les dérives ou les outrances qui ont entouré la conférence de Durban ne doivent pas se répéter. La France ne restera engagée dans ce processus que si la réunion de suivi ne s'écarte pas des objectifs qui lui ont été assignés et n'utilise pas la noble cause de la lutte contre le racisme pour tenter de remettre en cause des libertés essentielles."

On peut se féliciter de cette déclaration qui, malgré son caractère quelque peu allusif quant aux dérives et outrances évoquées (il s'agit en l'occurrence du délire antisémite dont la conférence de Durban en septembre 2001 a été le siège), se situe clairement dans le prolongement des propos de Mme Yade sur RCJ le 11 novembre 2007, je cite : "" Le Conseil des Droits de l'Homme c'est pas un lieu pour cogner un pays en permanence" (sous-entendu : Israël).

Et pourtant.... que penser de ces belles déclarations, alors que le même discours de Mme Yade fait suivre un peu plus tôt la simple phrase "Il n'est pas acceptable que des Israéliens meurent sous les roquettes du Hamas" d'un "mais" inacceptable. Faire suivre une telle phrase d'un "mais", quel qu'il soit, est exactement aussi crédible que la fameuse formule "je ne suis pas raciste mais..."

Alors écoutons votre "mais", Madame Yade : "Il n'est pas acceptable que des Israéliens meurent sous les roquettes du Hamas. Mais il n'est pas acceptable non plus que des dizaines de civils palestiniens soient les victimes des incursions militaires israéliennes. La population civile à Gaza ne peut continuer à être punie collectivement."

Victimes des incursions israéliennes
? Mme Yade ignore ou fait semblant d'ignorer que les civils palestiniens, femmes et enfants, sont volontairement sacrifiés par les islamistes nazifiants du Hamas qui les utilise plus encore comme chair à canon que comme boucliers humain, allant jusqu'à rassembler les civils aux lieux mêmes que Tashal annonce par tracts devoir bombarder, le Hamas cherchant ainsi à causer le maximum de pertes civiles au sein de son propre peuple. Mme Yade met sur le même plan les attaques terroristes contre les civils israéliens et les opérations militaires israéliennes visant les terroristes islamistes et qui ne font des victimes civiles que par la volonté de ces terroristes qu'il en soit ainsi. Punition collective ? Mme Yade ignore ou fait semblant d'ignorer qu'au moment même où le Hamas tirait les rideaux et allumait des bougies



dans l'un de ses lieux de réunion pour faire cette si jolie photo de propagande destinée à impressionner l'opinion... la centrale électrique israélienne qui fournit le courant à Gaza continuait, sous les tirs de roquettes, à fournir le courant à Gaza : regardez bien cette photo, Mme Yade, et dite-moi s'il n'y a pas de la lumière au-delà de la porte du fond, et derrière les rideaux... (quant à ces autres photographies [suivez ce lien] n'apportent-elles pas un éclairage similaires ?)

Cette déclaration de Mme Yade (en harmonie avec celle, plus scandaleuse encore, que prononcera quelques jours après M. Kouchner au lendemain de l'attentat ignoble de Jérusalem le 6 mars 2008) revient tout simplement à joindre sa voix au concert de ceux qui "cognent un certain pays en permanence".

La déclaration dont le Conseil des Droits de l'Homme a finalement accouché le 6 mars 2008 est tout-à-fait dans l'esprit des propos de Mme Yade qui parle d'une population "punie collectivement", à tel point qu'on se demande pourquoi la France s'est contenté de s'abstenir sur cette résolution (notre pays n'a en tout cas pas voté contre, seul le Canada l'a fait) : à ce compte, on aurait aussi bien pu voter pour, comme la Suisse !

Ainsi, dans le même temps où en termes feutrés Mme Yade dénonce les dérives du conseil des droits de l'homme, elle y participe elle-même en termes pas feutrés du tout : déception.

Quant à Kouchner, nous continuons à demander sa démission suite à ses propos assimilant les opérations militaires israéliennes à Gaza à des attentats terroristes.


Kouchner, démission !

"Comparer les attentats ne m'intéresse pas, je les condamne tous, je condamne l'acharnement, j'ai employé le mot "acharnement", qu'il y a eu sur Gaza, je condamne l'attentat de Jerusalem bien entendu, je condamne tout ça."

Bernard Kouchner,
7 mars 2008


La Lybie a exigé hier soir que toute condamnation de la tuerie à Jérusalem soit liée à une condamnation de l'opération israélienne à Gaza; cette demande a conduit à bloquer toute condamnation de l'attentat de Jerusalem de la part du conseil de sécurité de l'ONU que la Lybie préside.

M. Kouchner a choisi de procéder à une telle condamnation simultanée, lors d'une déclaration à la presse que je viens d'entendre sur France Inter au journal de ce 7 mars 2008 à 18h : http://www.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=10493 (déclaration non reprise au journal de 19h).

Ses propos sont ignobles.

Kouchner condamne en effet de la même façon l'attentat de Jérusalem et les opérations israéliennes, répétant même à deux reprises le terme "acharnement" qu'il avait déjà employé au début de la semaine à propos des opérations israéliennes. Très clairement, dans son propos, M. Kouchner assimile ces opérations à des attentats, plaçant ainsi dans la même catégorie

1. l'attentat terroriste visant des jeunes étudiants israéliens d'une école talmudique

et

2. les opérations militaires israéliennes visant exclusivement les terroristes du Hamas et qui n'auront causé la mort de femmes et d'enfants palestiniens que du seul fait de leur utilisation comme chair à canon par l'organisation islamiste et nazifiante qui contrôle Gaza.

Cet amalgame est inacceptable.

Anatole appelle à la démission de Bernard Kouchner.

Remarque 1 : la version des propos de Bernard Kouchner publiée sur le site du Quai d'Orsay est légèrement différente des propos réellement tenus par le ministre.

Sur le site du Quai d'Orsay, on lit :

"Comparer les attentats ne m’intéresse pas. Je les condamne tous. Je condamne le lancer des fusées Qassam et des fusées Grad sur Israël. Je condamne l’acharnement qu’il y a eu sur Gaza et qui n’a, hélas, pas arrêté les fusées. Je condamne bien entendu l’attentat de Jérusalem dans une école talmudique"

Alors que les propos réels de Kouchner ont été comme je l'ai indiqué :

"Comparer les attentats ne m'intéresse pas, je les condamne tous, je condamne l'acharnement, j'ai employé le mot "acharnement", qu'il y a eu sur Gaza, je condamne l'attentat de Jerusalem bien entendu, je condamne tout ça."

On constate que la version publiée par le Quai est un peu moins défavorable à Israël que les paroles grotesques effectivement prononcées, mais en tout état de cause le propos général demeure le même : les opérations militaires israéliennes, qui visaient des terroristes, sont assimilées à un attentat dans lequel des enfants ont été assassinés à bout portant.

Remarque 2 : dans le point de presse au cours duquel M. Kouchner a prononcé les paroles précédentes, on peut noter que le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est désigné par son nom de guerre, Abou Mazen. Je ne sais comment interpréter cela, mais c'est en tout cas ce nom qui nous est, à nous aussi, revenu en mémoire depuis qu'Abbas/Abou Mazen a déclaré que les opérations israéliennes sur Gaza avaient été "pire que l'holocauste".


05 mars 2008

"pire que l'Holocauste"

Toutes les critiques adressées à Israël ne sont pas nécessairement infondées; ainsi, lors de la seconde guerre du Liban, les reproches de "disproportion" étaient peut-être en partie justifiés. Il faut donc aussi pouvoir écouter de telles critiques, ne pas les rejeter a priori. Pourtant, trop d'expression d'amitié à l'endroit d'Israël relèvent exclusivement du principe "qui aime bien châtie bien", négligeant totalement celui-ci, qui gagnerait à être mieux connu : "qui aime bien ne passe pas son temps à condamner".

En fait de condamnation, celle du chef de l'autorité palestinienne atteint des sommets (mais il est vrai que celui-là ne prétend pas être un ami d'Israël) : selon une information entendue sur France Inter avant de passer aux oubliettes, Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, a en effet déclaré que les opérations militaires à Gaza du week-end dernier étaient "pires que l'Holocauste", rien que ça !

Abou Mazen faisait-il ainsi référence au fait que le Hamas rassemble femmes et enfants là où les Israéliens sont amenés à opérer, c'est-à-dire à proximité des entrepôts de missiles iraniens et autres centres militaires de l'organisation terroriste installés dans les immeubles d'habitation ? Cette référence scandaleuse aux crimes nazis de la part d'un peut-être futur chef d'Etat visait-elle à dénoncer le moins du monde les crimes du Hamas, non seulement contre le peuple israélien, mais aussi contre le peuple palestinien, femmes et enfants mis en première ligne comme "boucliers humains" peut-être, mais probablement aussi avec l'idée qu'un maximum de victimes civiles parmi les palestiniens augmenteraient les condamnations internationales contre... Israël ?

Non, évidemment, ces propos visaient les Israéliens, avec qui Abou Mazen a prétendu rompre les négociations. Ils nous rappellent qu'Abou Mazen n'est peut-être pas que le "modéré" que l'on veut croire; ils nous remettent en particulier en mémoire l'existence de sa thèse, soutenue à Moscou au siècle dernier, qui nie l'étendue réelle de l'extermination des Juifs par les nazis.

Quant à l'usage du terme "trève", que l'on entend beaucoup ces derniers temps aussi bien chez Abou Mazen que du coté du Hamas, et que les idéalistes que nous sommes voudraient entendre comme un appel à la paix maintenant, il fait plutôt écho à la vieille stratégie du plan par étape pour la destruction de l'Etat du peuple juif, soit le contraire absolu d'une vision de paix. Que ce soit là l'idée associée au mot "trève" pour Abou Mazen est confirmé par ses déclarations le jeudi 28 février 2008 dernier au journal jordanien Aldostor : ""A l’heure actuelle, je suis contre un conflit armé car nous en sommes incapables. Mais peut-être qu’à un stade ultérieur, les choses seront différentes".

Alors que notre ministre Kouchner parle de "l'acharnement d'Israël" contre Gaza, que l'opposition, en particulier par la voix de François Hollande, met son "amitié" pour Israël au service d'une condamnation sans appel de l'Etat juif et de la soi-disant "répression aveugle" qu'il mènerait (en l'occurence, c'est Hollande qui est aveugle, qui ne veut pas voir que Tsahal fait tout pour éviter le maximum de victimes civiles quand le Hamas fait tout pour le maximiser), il est heureux de pouvoir entendre l'ambassadeur d'Israël en France s'expliquer sur les dernières opérations :

http://www.france5.fr/c-a-dire/index-fr.php?page=emission&id_article=285

Recevables a priori, les critiques contre Israël se révèlent après examen, et cette fois encore, largement infondées.

20 février 2008

Qui sont-ils ?

04 février 2008

en grande majorité des Palestiniens,...

Trois personnes, en grande majorité des Palestiniens, sont décédées aujourd'hui à Dimona lors d'un attentat lié au conflit israélo-palestinien. Le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas alias Abou Mazen a condamné l'attentat et accuse Israël d'être à l'origine de ce regain de violence.

Le paragraphe précédent n'est heureusement pas l'oeuvre de l'AFP ou du Monde : Anatole l'a toutefois rédigé en suivant les principes de désinformation habituelle de nos médias, et en reprenant des morceaux effectivement utilisés par eux : "Trois personnes", c'est ainsi que le journal Le Monde commence par désigner, en les mettant dans le même sac, les deux terroristes palestiniens et la victime israélienne, Liubov Razdolskaya, une femme agée de 73 ans, simple passante, habitante de Dimona, décédée ce 4 février lors de l'attentat commis dans cette ville du sud d'Israël, tandis que son mari aura été grièvement blessé par l'explosion.

L'expression "en grande majorité des Palestiniens", est l'expression habituellement employée par l'AFP depuis la prise de Gaza par le Hamas à la fin de chacune de ses dépêches annonçant des morts, cela, à l'évidence, pour suggérer que dans ce conflit les principales victimes seraient les Palestiniens, sans tenir compte du fait que les terroristes palestiniens visent les civils israéliens, qu'Israël vise les terroristes palestiniens, et qu'une partie des morts palestiniens ont été tués lors de combats interpalestiniens ou, dans le cas des kamikazes, se sont fait eux-mêmes exploser.

Décrivant l'attentat de Dimona, l'AFP n'a pas osé employer immédiatement cette expression. Mais il ne faudra pas attendre deux heures pour que notre agence de presse nationale reprenne ses bonnes habitudes : un chef d'un groupe qui revendique des tirs d'obus sur les civils israéliens, un groupe terroriste donc, est qualifié d'"activiste", et le décompte de l'AFP, suspendu quelques minutes, peut reprendre de la façon habituelle :

Un activiste palestinien tué dans un raid aérien israélien à Gaza

GAZA - Un des chefs des Comités de la Résistance populaire, un groupe armé palestinien, a été tué lundi dans un raid aérien israélien dans le nord de la bande de Gaza, ont indiqué des sources médicales et des témoins.

Amer Al-Qarmout, 30 ans, a été tué dans un raid contre sa voiture à Beit Lahya. Son neveu, qui se trouvait aussi dans le véhicule, ainsi qu'un passant, ont été blessés, selon les sources.

Le raid a été mené peu après un attentat suicide palestinien qui a fait trois morts, dont ses deux auteurs, dans un centre commercial de Dimona dans le sud d'Israël.

Les Comités de la Résistance populaire font partie des groupes armés palestiniens qui revendiquent des tirs de roquettes artisanales sur le sud d'Israël depuis la bande de Gaza.

Ce nouveau décès porte à 6.111 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l'AFP.

(©AFP / 04 février 2008 12h33)


Mais l'AFP a tout de même fait des progrès, qui souligne dans une autre dépêche que l'attentat de Dimona a été revendiqué par "un groupe armé issu du Fatah" (il s'agit des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, dont la nature terroriste était triplement relativisée, il y a peu, par le journal Le Monde); par contre, l'AFP affirme que ce groupe terroriste n'a pas de commandement central, ce qui revient à dénier la responsabilité d'Abbas, le chef du Fatah, celui-là même qui a le culot d'accuser Israël d'être à l'origine du "regain de violence".

Après l'attentat de Dimona, scènes de joie à Gaza : des centaines de personnes (en grande majorité des Palestiniens !) s'étaient rassemblées pour célébrer l'attentat meurtrier survenu ce matin....

24 janvier 2008

Expressions choisies

Un article de Reuters repruit sur le site du jounal Le Monde est intitulé :

Israël dit vouloir se laver les mains du sort de Gaza

24.01.08 | 17h53


Or, je cite le site Expressions : "S'en laver les mains" est une expression qui fait référence au comportement de Ponce Pilate, Préfet d'une province romaine au moment de la crucifixion de Jésus et décrit dans la Bible. Ce passage raconte que les juifs auraient conduit le Christ devant Ponce Pilate en le présentant comme un rebelle très dangereux.


Autre expression récemment employée au Monde, le 22 janvier dernier, par M. Bôle-Richard, la comparaison de Gaza à "un four".

A rapprocher de l'affirmation d'Anthony Bellanger dans sa chronique sur France Culture le 2 décembre 2007, selon laquelle Gaza est l'une des régions du monde les plus "concentrées".

Ce n'est pas une découverte, la propagande est souvent subliminale... ce qui ne veut pas dire qu'elle soit toujours très subtile...


Le "Conseil contre les droits de l'Homme" réprimande Israël

A défaut d'une condamnation par le conseil de Sécurité, Israël aura tout de même recueilli quelque réprimande du "Conseil des droits de l'homme".

Rappelons à cette occasion que, de même que les "démocraties populaires" n'étaient ni démocratiques, ni populaires, le "Conseil des droits de l'homme" travaille surtout à blanchir des pays qui ne les respectent pas (cette institution de l'ONU, ce sont des pays comme l' Arabie Saoudite, le Cameroun, la Chine, Cuba, le Gabon, la Russie, etc.) et à salir sans relâche un et un seul pays, objet de leur obsessions.

Ainsi, en 2006, 100% des sept résolutions du conseil des droits de l'homme visaient Israël.

Aucune pour le Congo, le Soudan, la Corée du Nord, etc...

Ces résolutions sont appuyées par des propos diffamatoires, du genre de ceux de Jean Ziegler, le cofondateur du "prix Kadhafi des droits de l'homme" (sic !), qui affirmait le 4 octobre 2006, je cite : « Un certain nombre de massacres délibérés des populations civiles ont été perpétrés par Israël », les accusations diffamatoires contre Israël de "génocide" (!) étant d'ailleurs monnaie courante au CDH.

Rappelons l'engagement de Rama Yade, le 11 novembre 2007 sur RCJ, à se rendre devant le Conseil des Droits de l'Homme, pour y faire entendre ce message de la France : " Le Conseil des Droits de l'Homme ce n'est pas un lieu pour cogner un pays en permanence".

Une bonne nouvelle : le Canada a décidé aujourd'hui de ne pas participer à Durban 2009. On attend une position aussi claire de la France.

23 janvier 2008

Tahar Ben Jelloun, expert

Au début de l'émission "Ce soir ou jamais" sur France 3 du 22 janvier 2008, le grand écrivain Tahar Ben Jelloun enfile les perles.

Selon lui, "Bush fait ce qu'il veut.... Ce que fait l'Amérique en Irak : c'est tous les jours que des civils sont assassinés par milliers".

Tahar Ben Jelloun ne dit absolument pas que la quasi-totalité des crimes atroces commis en Irak le sont par les terroristes sunnites (Al Quaeda) et chiites (pro-iraniens). Il dit encore moins que depuis six mois le nombre de ces attentats terroristes a beaucoup diminué grâce à l'action conjointe des forces irakiennes et américaines pour réduire les groupes terroristes. Non, ce qu'il affirme, sans être contredit par personne sur le plateau, c'est que les Américains assassinent quotidiennement des milliers de civils en Irak. On constate que M. Tahar Ben Jelloun cherche à protéger les assassins en attribuant leurs crimes à ceux qui les combattent.

Encore plus tôt, dans la même émission, Ben Jelloun affirme qu'il est inutile d'aller dans les banlieues pour savoir ce qui s'y passe, que cela fait trente ans qu'on a dit et redit les choses, à savoir que la banlieue est un immense problème, etc...

Il faut dire qu'il s'y connaît, Ben Jelloun, en problèmes de sociétés.

Ainsi, à propos de la question de l'antisémitisme chez les maghrébins, Ben Jelloun répond le 14 mars 2002 aux questions d'un journaliste pour le journal pour adolescents Les clés de l'actualité. Et que dit-il, Ben Jelloun, de cet antisémitisme-là ? Je cite :

"il s'agit de l'expression de la désespérance [de ces jeunes maghrébins] et de leur désoeuvrement [...] on n'a pourtant pas le droit d'accabler ces jeunes qui vivent mal, car
c'est une façon de détourner l'attention des crimes perpétrés en Palestine par le Premier ministre israélien Ariel Sharon responsable d'une véritable extermination".

Rien que ça.

En utilisant ce mot, "extermination", pour calomnier l'Etat du peuple juif dans le but de minimiser l'antisémitisme au sein d'une partie de la jeunesse française elle-même visée par le racisme, Tahar Ben Jelloun aura malheureusement contribué à attiser la haine, cette haine qui devait exploser dans l'assassinat d'Ilan Halimi par le chef antisémite du "gang des barbares", Fofana.


Et l'Alliance des civilisations qui cherche des experts...

21 janvier 2008

Radio Paris ment

Cher monsieur Bromberger,

dans votre chronique de ce lundi 21 janvier 2008 vers 18h50 sur France Inter,

1. Vous appelez "activistes" les membres d'une association reconnue comme terroriste par l'Union Européenne. Vous n'utilisez donc pas le terme exact : désinformation.

2. Vous relayez la propagande palestinienne et onusienne, sans vous poser la question du contrôle par l'Egypte d'une partie de la frontière de Gaza.

3. Vous ne faites absolument pas état des précisions israéliennes, à savoir, je cite le Ministère des affaires étrangères israélien :

"La fourniture d’électricité par les réseaux de distribution israélien et égyptien (124 mégawatts et 17 mégawatts respectivement) s’est poursuivie sans interruption. Ces 141 mégawatts représentent environ les trois quarts des besoins de Gaza en électricité.

S’il est exact que la fourniture israélienne de carburant à Gaza a été réduite, en raison des tirs de roquettes du Hamas, le détournement de ce carburant, des générateurs domestiques à d’autres usages est une décision totalement propre au Hamas – apparemment prise à des fins médiatiques et propagandistes.

C’est un fait notoire, en effet, qu’alors que la population de Gaza est plongée dans l’obscurité, la production électrique à base de carburant destinée à l’industrie de la fabrication de roquettes, se poursuit sans interruption."

4. Vos propos montrent que vous faites davantage confiance aux affirmations d'une organisation antisémite et terroriste, le Hamas, qu'à celles d'un état démocratique ami.

5. Pourquoi devrais-je vous accorder le moindre crédit ?

Salutations,

Anatole

19 janvier 2008

Broderie sémantique

Voici la réponse à l'antenne, aujourd'hui 19 janvier 2008 à 16h50 sur France Inter, du médiateur de Radio-France, Patrick Pépin, à une interpellation récente, par courriel, de ma part :

Le courriel d'Anatole [...] nous reproche l'usage des termes activistes ou militants dès lors qu'il y aurait mise en oeuvre de violence armée. Sans que l'auditeur nous le dise, j'ai bien l'impression qu'il nous parle du conflit israélo-palestinien, et notre auditeur veut nous dire qu'en utilisant ces termes "nous faisons de la désinformation pure et simple", et je l'ai cité. L'on sait bien qu'à la longue l'usage des mots "terroristes" ou "résistants" est toujours sujet à caution. L'histoire, sur ces vocables, nous a souvent joué des tours, ce qui n'exclut pas que tel ou tel acte puisse être qualifié de terroriste par la nature du lieu où il s'est produit, des personnes visées, et des méthodes employées. L'avantage du concept d'activiste est qu'il est clairement lié à la notion d'extrémisme. Ainsi donc, "activiste" aurait pour fonction d'éviter l'usage répété des mots terroristes ou résistants, qui eux disent beaucoup plus qu'activistes : un parti pris politique ou éditorial.

Commentaire de Mathias Deguelle, producteur de l'émission "Le zapping de France Inter", qui accueille chaque semaine le médiateur de Radio France vers 16h45.

- C'est un plaisir de vous entendre Patrick, parce qu'on fait presque j'allais dire dans la broderie sémantique, presque de la fine horlogerie...

Quant à nous, les remarques de M. Pépin nous paraissent bien légère et aucunement convaincantes.

J'ignorais que l'usage des mots terroristes et résistants était toujours sujet à caution ! Il faudra en parler aux associations de résistants et aux victimes du terrorisme. Au contraire de ce qu'affirme M. Pépin, bien des exemples témoignent de ce que, souvent, l'emploi des mots terroristes ou résistants n'est pas le moins du monde sujet à caution.

Aussi, c'est bien l'usage répété du mot "activiste" pour désigner des terroristes qui exprime un parti pris politique et éditorial. Nous livrons au dossier l'échange des trois courriels qui a précédé la chronique de M. Pépin, et qui contient par avance notre réponse à son billet :


1. Premier courriel

De : anatole.vigilances@gmail.com
Envoyé : mercredi 16 janvier 2008 00:09
À : MEDIATEUR
Objet : Un message posté sur radiofrance.fr...

Bonjour,

Nombre de vos journaux et flashs d''information qualifient d''activistes ou de militants les terroristes qui balancent des obus sur les civils d''un pays démocratique ami. "Activiste", c''est le même terme qui est utilisé par les commentateurs pour désigner, souvent, N. Sarkozy ! Et chacun sait ce qu''est un militant...

C''est, de votre part, de la désinformation pure et simple. Cela a des conséquences dans notre pays, votre responsabilité est énorme.

Salutations,

Anatole



2. Deuxième courriel
Réponse du médiateur : MEDIATEUR@radiofrance.com
18 janv. 2008 14:37


Monsieur,

J'ai pris connaissance de votre courriel du 16 janvier 2008.
Ce thème fera l'objet de ma chronique, samedi à 16 h 45 sur France Inter.
Recevez, Monsieur, mon salut cordial.

Patrick PEPIN



2. Troisième courriel
18 janv. 2008

Monsieur le médiateur Patrick Pepin,

je vous remercie de l'attention que vous avez bien voulu accorder à mon message, et j'écouterai avec grand intérêt votre chronique du samedi 19 janvier 2008 à 16h45 sur France Inter.

Ne sachant pas dans quel sens iront vos remarques, je me permets d'ajouter les précisions suivantes :

1. Je suis bien conscient que Radio France n'est pas la seule à utiliser ces termes "activistes" ou "militants", puisque c'est le vocabulaire habituel de l' AFP, et par voie de conséquence de l'ensemble des média de notre pays. La généralisation de cet usage ne le rend pas légitime pour autant, et j'interpelle régulièrement vos confrères de la même façon. Vous êtes le premier à souhaiter répondre, et je vous en remercie d'autant plus.

2. le Hamas figure, entre autres, sur la liste des organisations terroristes du Conseil de l'Union européenne. Pour la France, on peut se rapporter à la déclaration de J. Chirac en date du 19 juillet 2005 : " le Hamas est une organisation terroriste qui ne peut être un interlocuteur de la communauté internationale tant qu'il ne renonce pas à la violence et ne reconnaît pas le droit à l'existence d'Israël. C'est la position de l'Union européenne ; elle est sans ambiguïté et ne changera pas. "

3. Les membres actifs (combattants) et les responsables (leaders) d'une organisation terroriste sont, par définition, des terroristes.

4. Quand bien même certains journalistes auraient des raisons personnelles de vouloir qualifier de "sympathisants", de "militants" ou d'"activistes" les combattants ou les leaders d'une organisation terroriste, comment expliquer que les communiqués israéliens où le terme terroriste figure soient "traduits" en remplaçant "terroriste" par "activiste" ? Je sais bien que toute traduction est une trahison, mais tout de même...

5. Le 11 septembre 2006, vers 8h55, à l'occasion du cinquième anniversaire des attentats terroristes de New York, Nicolas Demorand acquiescait à une remarque d'Olivier Roy déclarant, à propos du Hezbollah : " on ne peut pas appeler "terroristes" tous ceux avec qui l'on n'est pas d'accord". La légèreté de la remarque et les confusions sémantiques qu'elle implique contraste avec la gravité des faits, y compris s'agissant du Hezbollah. Il est du moins certain qu'elle ne peut en aucun cas s'appliquer au Hamas. Pourtant, certains (parfois même certaines après-midi sur France Inter) voudraient suggérer que chaque fois que l'on qualifie des individus ou des groupes de "terroristes", on se mettrait dans le sillage de la propagande nazie qui qualifiait en son temps les résistants de "terroristes" ! C'est évidemment absurde; j'ajouterai que la propagande qui consiste à faire passer d'authentiques résistants pour des terroristes est comparable à celle qui consiste à faire passer d'authentiques terroristes pour des résistants.

6. Il y a un critère relativement évident qui permet de faire la différence : cherche-t-on à terroriser, à blesser et à tuer de façon aveugle hommes, femmes et enfants, civils de tous âges, ou vise-t-on spécifiquement des combattants armés membres d'organisation terroristes, des terroristes donc, dans le but de les empêcher de nuire ?

Dans l'espoir que votre chronique remettra les pendules à l'heure sur cette question essentielle y compris pour ses répercussions dans notre pays,

Bien cordialement,

Anatole


Force est de constater que la chronique de P. Pépin n'aura pas répondu à notre espoir... La propagande continue.


12 janvier 2008

[civilisation] personne n'en parle, mais c'est dans l'air...

Nous avons évoqué, à l'occasion du succès du slogan "politique de civilisation", la super-starisation d'Edgar Morin, puis nous avons avancé une hypothèse évidente pour qui est seulement informé du lancement la semaine prochaine, les 15 et 16 janvier 2008, à Madrid, du premier grand colloque onusien de l' Alliance des Civilisations que Sarkozy se met en quelque sorte en situation d'annoncer, pouvant ainsi donner, le moment venu, le sentiment qu'il en serait même à l'origine. Mais, à l'origine de l' Alliance des Civilisation, c'est l'Iran islamiste que l'on trouve, et l'esprit de Durban...

Curieusement, s'ils ont tourné autour de ces questions, aucun des intellectuels participant à l'émission C dans l'air du jeudi 10 janvier 2008, pas même le meilleur d'entre eux, n'ont prononcé l'expression Alliance des Civilisations ... Personne, du reste, dans les media, n'a jusqu'à présent évoqué cette entreprise qui vise à imprimer dans les esprits une tolérance maximale à l'égard des intolérants (pour Vedrine, l'un des acteurs de l' Alliance, les caricatures "ne font pas avancer" le monde arabe. On peut s'attendre à ce qu'il nous dise demain que le blasphème ne fait pas avancer les croyants, et que pour faire évoluer le Hamas il faut être gentil avec lui...).

Certes, Raphaël Enthoven, recevant tous les jours de la semaine écoulée le vénérable Edgar Morin (87 ans), aura fini vendredi soir par lui poser la question de Durban, mais à l'évidence Morin (dont la source d'information principale est le journal Le Monde dans lequel il avait pondu l'article infâme que l'on sait) ne savait pas de quoi il s'agissait et s'est empressé de parler d'autre chose.

Vous avez aimé "la tolérance" ? Vous allez adorer la nouvelle alliance : rendez-vous donc la semaine prochaine, au cours de laquelle chacun aura l'occasion de recevoir la révélation suprême de cette formule merveilleuse : Alliance des civilisations !

Quelques rabat-joie, nous en sommes, insisterons peut-être sur ce qu'il y a dans la boîte, mais leur voix sera inaudible, la merveilleuse suggestion de présentation sur l'emballage rencontrant trop bien notre désir à tous de compréhension mutuelle et de paix : qui ira lire la liste des ingrédients, et se soucier de la présence de telle ou telle organisation idéologiquement modifiée à la base de cette recette mondiale ?

Anatole

11 janvier 2008

L'insupportable légèreté de Lodéon

Monsieur Lodéon,

Votre émission musicale sur France Inter cette après-midi était consacrée à Karajan.

Très bien.

Vous commencez l'émission en présentant un peu Karajan, mais il faut attendre le milieu de l'émission, juste après La pie voleuse, pour vous entendre évoquer, de façon pour le moins allusive, l'attitude de Karajan pendant la guerre, je vous cite :

"il sera discuté pour son caractère, pour le fait qu'il ait regardé assez légèrement la traversée de la guerre, parce qu'il est resté en activité pendant la guerre et il a même occupé des fonctions".

Et c'est tout. Je ne sais pas ce que signifie "Karajan a regardé de façon assez légère la traversée de la guerre" (je me demande si vous n'avez pas plutôt voulu dire : "Je suis en train de vous parler de Karajan de façon assez légère"). Mais de quelles fonctions parlez-vous ? Nous ne le saurons pas.

Quant à la traversée de la guerre... je suppose que vous la faites commencer à 1935 ? C'est là, en effet, la date à laquelle Karajan adhère au parti nazi, information que vous ne donnez pas aux auditeurs, le mot "nazi" n'étant même pas prononcé.

Permettez-moi de vous dire que la façon pour le moins légère et lacunaire dont vous évoquez ce passé donne le sentiment que pour vous il ne s'agit que d'un détail. "Légèreté", c'est le mot que vous employez à propos de Karajan. Et comme pour grossir encore le trait, vous envoyez juste après La Cavalerie Légère.

Mais pour le coup, c'est vous, M. Lodéon, qui vous êtes montré insupportablement léger.



Anatole

Merci, M. Bolloré !

Jeudi 10 janvier 2008, dans le métro parisien, je ne suis pas certain d'avoir bien vu : la couverture du journal gratuit "Direct Soir" est une grande photo du premier ministre israélien, souriant.

Certes, Ehud Olmert est tout sauf populaire en Israël, les affaires de corruption mais surtout sa conduite de la seconde guerre du Liban ont amené son "taux de popularité" à quelques pourcents; le fait qu'il soutienne à présent le partage de Jerusalem rencontre l'hostilité d'une large part des Israéliens, mais aussi des Juifs de la diaspora, y compris parmi ceux qui étaient favorables à l'évacuation de Gaza. Ainsi, beaucoup pourraient voir en Olmert un traître à Israël : pour eux, le fait qu'un journal gratuit circule dans le métro avec en couverture le visage souriant d'un tel individu ne représenterait pas un événement, ce serait toujours une façon d'être hostile à Israël.

Et pourtant... la lecture du dossier annoncé par cette couverture ne peut manquer de donner au lecteur un sentiment étrange : celui de lire dans un journal français un article à la fois objectif et dénué d'agressivité à l'égard d'Israël.

Alors, quelle que soit votre opinion sur Olmert et sur le plan de Bush, je vous invite à en faire l'expérience en téléchargeant ce journal sur http://www.directsoir.net : c'est le numéro 273 (10 janvier 2008).

Je n'ai pas trouvé dans le journal le nom du journaliste qui a rédigé ce dossier sur Olmert, je ne sais pas si cela montre que le gratuit Direct Soir n'est pas un "vrai " journal (pas plus que le fait que, le plus souvent, les articles de l'AFP ne soient pas signés ne suffit pas à prouver que l'AFP ne serait pas une "vraie" agence de propagande). Aussi suis-je conduit à remercier directement le patron du groupe qui possède Direct Soir, M. Bolloré.

J'espère qu'il continuera à ne pas nous mener en bateau....

10 janvier 2008

Civilisations : l'Alliance...

Retour sur l'emploi par Sarkozy de l'expression d'Edgar Morin "politique de civilisation" (voir à propos d'Edgar Morin notre article d'hier "Edgar Morin superstar").

Certes, Alain Finkielkraut a eu raison ce matin (10 janvier 2008) sur France Inter, à 8h20, de s'interroger sur la notion même de civilisation et de pointer les symptômes inquiétants qui, en France, aujourd'hui, affectent notre civilisation.

Mais comment ne pas entendre dans l'expression employée un échos par anticipation de l'Alliance des Civilisations, dont le premier grand show nous sera servi à Madrid la semaine prochaine, mardi 15 janvier et mercredi 16 janvier 2008.

L'opinion en tirera peut-être le sentiment de la puissance du verbe sarkozyste : il suffit que notre président dise "civilisation" pour que soit organisée, quelques jours plus tard, un colloque "civilisationel" de l'ONU. Pourtant, si le conseiller Vedrine de Sarkozy a été membre de l'Alliance des civilisations, c'est bien de l'Iran islamiste que vient ce concept séducteur.

Il n'est pas certain que la laïcité sorte renforcée des colloques de ladite alliance; beaucoup de signes indiquent même que les principales forces à l'oeuvre ici sont précisément les mêmes que celles qui préparent Durban 2, soit encore celles qui ont pris en main le (nouveau) conseil des droits de l'homme à l'ONU. Autrement dit : alliance contre le blasphème, alliance contre la critique de l'Islam et des autres religions, antiracisme antisémite, droits de l'homme version Castro, Garaudy, Chavez... autrement dit version Kadhafi... Pendant ce temps, la Libye du même Kadhafi préside actuellement le Conseil de Sécurité de l'ONU (car il n'y a pas que des membres permanents à ce Conseil), où elle réussit à bloquer toute déclaration sur le Darfour ainsi que toute dénonciation des attaques de roquettes dont Israël est victime.

Plusieurs ateliers du colloque prévu la semaine prochaine à Madrid concerne l'utilisation des médias. Particulièrement enthousiasmant, l'atelier n°7 s'intéressera à la possibilité de faire intervenir très rapidement sur les médias, en cas de crise, les intellectuels et experts qui auront reçu le label "Alliance des Civilisations". Grâce à cela, nous aurons peut-être le plaisir d'entendre Hubert Vedrine (et pourquoi pas, avec un peu chance, Roland Dumas) un peu plus souvent. Il paraît qu'il est très calé sur les questions africaines, mais aussi sur le Proche-Orient. En cas de besoin, il pourra ainsi venir nous expliquer que les caricatures ne font pas avancer le monde arabe, tandis qu'il existe un bon moyen de faire évoluer le Hamas, à savoir le dialogue (c'est ce qu'il explique dans sa conférence du 11 mai 2006). Comment n'y avait-on pas pensé plus tôt. C'est vrai, quoi, entre deux Qassam, ça laisse du temps pour discuter un peu. Merci Vedrine ! Et, par avance : merci l'Alliance !

09 janvier 2008

mauvais genre

Dans son flash de 22h, ce 9 janvier 2007 sur France Inter, José Setien a décidé d'incorporer ses commentaires personnels à une présentation non objective des faits. En effet, d'après M. Sétien, au moment où G. Bush commence sa visite en Israël, une attaque de l'armée israélienne ferait "mauvais genre" qui aura causé la mort de deux "activistes du Hamas".

Moi, je trouve que ce qui fait mauvais genre, monsieur Sétien, c'est cette façon d'appeler "activistes" des terroristes qui balancent aveuglément Qassams et, désormais, Katiouchas, sur les civils israéliens.

Israël est en état de légitime défense : cette démocratie mérite d'être soutenue.

Mais vous, M. Sétien, vous faites mal votre métier.

Edgar Morin superstar

Le numéro de décembre 2007 de Philosophie magazine consacre plusieurs pages à Edgar Morin; se faufilant entre "l'Alliance des civilisations" et"Le choc des civilisations", tout en annonçant peut-être la première, Sarkozy fait appel dans ses voeux du 31 décembre, sous les ricanements de la gauche, au concept de "politique de civilisation" du même Morin; à la suite de quoi France Inter invite à son "Franc Parler" du 7 janvier le sociologue-philosophe où ses idées sont reçues sans la moindre critique, tandis qu'à la même heure, cinq émissions lui sont également consacrées, du lundi 7 janvier (ubiquité de Morin !) au vendredi 11 janvier 2008 par l'excellent Raphaël Enthoven sur France Culture, dans ses Nouveaux Chemins de la Connaissance.

Bref, en ce début 2008, Edgar Morin est une superstar !

Et pourquoi pas ? l'homme est assez intéressant, parfois lumineux, facile à comprendre, il parle de beaucoup de choses, c'est assez poétique, souvent creux, la "complexité" fonctionne chez lui comme un slogan fédérateur mais souvent simpliste, d'où ne sort jamais aucune solution aux problèmes considérés sauf l'appel à l'improbable, autant dire au miracle.... C'est une espèce de berceuse pas désagréable, qui nous rappelle le temps où nous lisions sa "Méthode" avec le sentiment que l'impact de la thermodynamique sur la philosophie trouvait là une expression sympathique et facile à comprendre.

Le simplisme de Morin se manifeste parfois de façon éclatante, comme lorsqu'il affirme "je suis en général du coté du vaincu", et qu'Enthoven oublie de lui faire remarquer les conséquences d'une telle profession de foi lorsque c'est la bête immonde qui est vaincue. Et quand Morin tend une perche au polémiste, comme lorsqu'il déclare par exemple "je faisais de la pensée complexe sans le savoir", il est certain que la politesse demande qu'on ne la saisisse pas. Cependant, il y a comme un point aveugle dans cette starisation : que je sache, le fait que la justice ait donné tort à ceux qui s'étaient plaint de l'article ignoble de Morin publié par le journal Le Monde en juin 2002 n'interdit pas de mettre Morin face à sa responsabilité d'auteur.

Alors il y a un texte que j'ai déjà recommandé il y a un an, mais qui n'a rien perdu de son actualité, un texte qui analyse de façon extrêmement instructive ce texte scandaleux de Morin, le titre est une perle de justesse :

"Edgar Morin : le penseur de la "complexité" en flagrant délit de simplisme", par Catherine Leuchter, dans Controverses, 4, février 2007 (les Alterjuifs), éditions de l'éclat (www.lyber-eclat.net/controverses.html).

A lire et à faire lire...

07 janvier 2008

Lettre ouverte au directeur de France Culture

Lettre ouverte à Monsieur David Kessler,
Directeur de France Culture,

Monsieur,

N'ayant pas reçu de réponse de la part de Vincent Lemerre, producteur de l'émission "A suivre", au sujet de la chronique d'Antony Bellanger du 2 décembre 2007 dernier, je m'adresse directement à vous pour vous faire part de mon indignation.

Il ne s'agit que d'une chronique de rien du tout, 5 minutes. Cinq minutes de pure propagande anti-israélienne, cinq minutes de rhétorique parfaitement construites et déconstructibles au service d'un seul but : salir Israël, à tout prix. Je n'affirme pas cela gratuitement : j'ai retranscrit le texte de cette chronique (ici), et j'en démonte point par point le discours (). Au coeur de cette propagande, la suggestion, sans le moindre début de commencement de preuve, que la frontière de Gaza avec l'Egypte serait contrôlée par Israël, et non par le Hamas et l'Egypte. Or, le moins que l'on puisse dire est qu'une telle affirmation n'a rien d'une évidence, les éléments en notre possession indiquant au contraire que l'Egypte contrôle effectivement cette frontière. Au minimum, il y aurait là matière à enquête journalistique sérieuse; au lieu de quoi l'ensemble des procédés rhétoriques de M. Bellanger, qui méritent à eux seuls le détour, trouvent à s'appuyer sur cette suggestion sans fondement.

Ce ne sont que cinq minutes, et ce type de propagande est devenu banal depuis une dizaine d'années. Du moins est-elle infiniment plus rare sur France Culture, d'où mon étonnement. Or, il se trouve que j'ai décidé de ne pas m'en tenir à l'absence de réponse de M. Lemerre.

Je vous pose donc la question, et si nécessaire je vous la reposerai jusqu'à ce que j'obtienne une réponse : après avoir pris connaissance en détail de la chronique de M. Bellanger, considérez-vous normal que cet exercice de pure désinformation ait pu trouver place sur l'antenne de France Culture ?

Dans l'attente de votre réponse,

Anatole

23 décembre 2007

"Sarkozy manque de lucidité"

A écouter, l'analyse comme si souvent percutante d'Alain Finkielkraut :

Finkielkraut 14 décembre 2007

Inutile de préciser que nous sommes bien d'accord sur le fait que c'est dans la perspective de Durban 2 qu'il faut interroger les confusions actuelles de Nicolas Sarkozy.

18 décembre 2007

Propagande sur France-Culture (suite)

A propos de la chronique d'Anthony Bellanger, présentée sur France Culture dimanche 2 décembre 2007, et dont vous pouvez lire la retranscription en cliquant ici, nous nous sommes posé la question : "information objective, ou propagande éhontée ?". Voici quelques commentaires qui indiquent pourquoi nous penchons clairement vers la seconde hypothèse.

1. Bellanger commence, c'est sa première phrase, par dire que son intervention sera surtout consacrée à la première intifada. En fait, environ un cinquième de son intervention est effectivement consacrée à cette première intifada. Cela donne d'emblée une idée de la rigueur avec laquelle Bellanger utilise les mots.

2. L'erreur indiquée ci-dessus peut sembler anodine, mais si l'on songe au fait que la plus grande partie de l'intervention de Bellanger n'a en réalité strictement rien à voir avec la première intifada, on est conduit à se demander si la référence à celle-ci ne serait pas un procédé rhétorique visant à imprimer, par dessus l'image des Qassam actuellement tirés sur la population israélienne par les terroristes surarmés qui contrôlent Gaza, celle d'enfants lançant des pierres contre les soldats d'une armée moderne.

3. L'interprétation précédente est d'ailleurs renforcée par le fait que Bellanger formule explicitement en terme d'images la nature de la première intifada : "cette première intifada ce sont surtout des images d'adolescents gazaouis ou de Cisjordanie qui se sont battus à coup de pierres contre Tsahal, des images qui ont fait le tour du monde, ternissant durablement l'aura de l'armée israélienne ou de l'Etat hébreux".

Sur ce constat, nous sommes bien d'accord avec Bellanger... sauf qu'au lieu de s'interroger sur la nature et sur la fabrication de ces images, se demandant par exemple où sont les "grands frères" lorsque les petits sont dans le cadre, Bellanger ne les évoque que pour les imprimer à nouveau dans l'esprit de l'auditeur, comme si en disant "ce sont des images" non seulement il n'en désamorçait pas le pouvoir en partie trompeur mais au contraire le réactivait !

Remarquons qu'un tel procédé rhétorique ne peut être que parfaitement prémédité et réfléchi. Il vise à "ternir l'aura de l'Etat hébreux" dans l'esprit de l'auditeur, avant d'aborder le sujet véritable de la chronique, qui concerne Gaza aujourd'hui.

4. On arrive donc à aujourd'hui : "aujourd'hui... on est loin de l'optimisme qui prévalait après la signature des accords d'Oslo ou même après ceux d'Annapolis". Ici, pour l'auditeur très attentif, la couture est un peu visible car on peut penser que cinq jours après le sommet d'Annapolis, nous sommes encore dans la période que l'on peut qualifier de "juste après ce sommet", or Bellanger parle curieusement de la disparition de "l'optimisme qui prévalait après le sommet d'Anapolis". Cela semble absurde et sans intérêt, mais l'on comprend qu'il s'agit juste de convaincre l'auditeur qu'il y a un lien "logique" (Oslo et Annapolis sont le même genre de choses...) entre ce dont il a parlé avant et ce dont il va parler après...

5. Quoi qu'il en soit, on se demande d'abord où Bellanger a vu un tel optimisme. En effet, s'agissant de Gaza auquel sa chronique est principalement consacré, et du Hamas qui le contrôle, rappelons qu'il est inscrit dans la charte de ce mouvement terroriste qu' "Il n'existe pas de solution à la question palestinienne, excepté le jihad. Les initiatives, les propositions et les conférences internationales sont une perte de temps et des tentatives vaines", indication qui ne va pas précisément dans le sens d'un optimisme délirant à propos d'Annapolis. On se demande aussi ce qui, selon Bellanger, aurait bien pu détruire aussi rapidement un tel optimisme. On ne va pas se le demander longtemps, ce journaliste va bien vite éclairer notre lanterne : ce qui aurait détruit ce soi-disant optimisme, ce n'est pas pour Bellanger le fait que, par exemple, la télévision palestinienne du Fatah ("modérée", donc) diffuse encore, quelques jours après le sommet, une carte de la région entièrement recouverte par le drapeau palestinien tandis qu'Israël en a été rayé : non, pour Bellanger, un seul fautif : Israël.

6. La faute est en fait plus ancienne qu'Annapolis, elles constitue un des leitmotiv de la propagande palestinienne : à Gaza, de nombreux malades meurent à causent d'Israël, car Israël interdirait aux malades de sortir de Gaza pour se faire soigner ailleurs. Pour appuyer sa démonstration, Bellanger s'appuie sur le mot "shahid", martyr, rassemblant sous ce terme tous ceux qui "meurent à cause de l'ocupation israélienne". Mais, à l'examen, aucun des trois exemples que donne Bellanger n'entre pourtant dans cette définition.

7. Premier exemple de Bellanger, ceux qui meurent "à cause des incursions israéliennes qui répliquent, vous savez, aux rafales de roquettes Qassam". Le ton sur lequel Bellanger lâche cela suggère que la mention des Qassam lui est un peu pénible, comme s'il ne s'agissait en fait que d'un prétexte israélien, et on comprend que des Qassam il n'en sera plus question dans cette chronique. Quoi qu'il en soit, les combattants palestiniens qui effectuent des tirs de mortier sur les villes israéliennes ne sont pas de simples "activistes", encore moins des "militants", comme les désignent couramment nos medias, mais bel et bien des terroristes : lorsque ces terroristes meurent dans des combats avec l'armée israélienne, ils ne meurent pas "à cause de l'occupation israélienne" mais à cause de leurs actions terroristes visant les populations israéliennes et que rien ne justifie (à moins que Bellanger leur trouve une justification, et dans ce cas on aimerait savoir laquelle ?). En fait, Bellanger parle comme si Israël n'avait pas évacué Gaza, à moins qu'il considère que les Israéliens "occupent Sdérot" et que plus généralement, comme le suggère la carte du Fatah d'où Israël a disparu, les Israéliens "occupent"... Israël ?

8. Deuxième exemple de ceux qui meurent "à cause de l'occupation israélienne" : la "sorte de guerre civile larvée qui oppose les partisans du Hamas à ceux du Fatah". Comment avions-nous pu ne pas y penser ? Nous consultons pourtant régulièrement les dépêches de l'AFP, cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Inutile de commenter davantage, il me semble, non ?

9. Troisième exemple de ceux qui meurent "à cause de l'occupation israélienne" : les malades qui meurent sans avoir pu franchir la frontière entre Gaza et Israël. Loin de nous l'idée de prétendre que cela ne s'est pas produit, mais le fait est que, dans une situation aussi difficile pour Israël, à savoir l'existence d'un "califat" islamiste, terroriste, rongé par une seule obsession : la destruction d'Israël et des Juifs, Israël n'a pas renoncé aux mesures humanitaires concernant les soins des malades de Gaza, puisque comme le rappelle Bellanger, la cour suprême israélienne a pu être saisie par certains de ces malades à qui elle a donné raison. Bellanger ne rappelle pas combien les hôpitaux israéliens ont soigné par le passé de gazaouis (y compris un certain Jamal Al Durah, le père du petit Mohammed, soigné en mars 1994, à l’hôpital Tel Hashomer de Tel-Aviv pour les conséquences de blessures présentées depuis par France 2 comme datant de septembre 2000). Bellanger ne rappelle pas non plus comment les terroristes palestiniens avaient pris l'habitude, durant la seconde intifada, de circuler comme faux malades à bord des ambulances. Alors c'est vrai, la décision de la cour suprême israélienne est arrivée trop tard pour que certains de ces malades puissent passer par Israël : qu'une situation de guerre conduise à des drames, ce n'est pas une découverte. Mais quel pays, confronté au fanatisme d'un califat terroriste, permet aux habitants de saisir sa justice pour finalement leur donner raison ?

10. Mais il y a un autre aspect, dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas clair. Bellanger, sans le dire formellement, suggère en effet fortement qu'Israël contrôlerait non seulement sa frontière avec Gaza, mais aussi la frontière de Gaza avec l'Egypte. Voilà qui mériterait une véritable enquête journalistique.

Nous avons essayé de trouver des éléments à ce sujet, et la situation semble plutôt être celle-ci : toutes les forces en présence, Israël donc, mais aussi le Hamas, l'Union européenne (qui est partie prenante) et surtout l'Egypte, souhaitent limiter au maximum les passages à la frontière entre Gaza et l'Egypte. Ainsi, selon le journaliste Ilan Tsadik, dans un article publié le 28 octobre 2007, "aucun soldat de Tsahal ne fait écran entre Gaza et le pays du Nil, et [...] si l’Egypte - Etat arabe frère - n’avait pas fermé sa frontière au Califat de Gaza et à ses ressortissants, Bôle, ni personne d’autre, ne pourrait parler de "cadenassage"". Et,toujours selon Tsadik, "rien n’empêche Moubarak de vendre aux Gazatis tous les produits égyptiens dont ils ont besoin, de les fournir en carburant, en eau et en électricité. Sauf, peut-être, que le raïs en avait assez de voir ses stations touristiques du Sinaï être prises pour cibles par des terroristes soutenus par les islamistes de Gaza".

Dans un article du 20 novembre 2007, le journaliste palestinien Sami El Soudi écrit : "Un responsable du Hamas figurant parmi mes connaissances m’a assuré que si la frontière égyptienne ouvrait, on assisterait à un exode en masse en direction du Sinaï égyptien. Selon cet interlocuteur, plus de la moitié des Gazatis (environ 700 000 individus) ne songe qu’à partir, et, toujours de la même source, il faudrait voir dans ce danger la raison pour laquelle Moubarak empêche le passage des personnes à Rafah".

11. Alors on me dira : les citations précédentes sont extraites d'articles de la Mena, ce n'est peut-être pas objectif, et en plus, par les temps qui courent, cela peut devenir dangereux de citer la Mena (je fais ici référence aux poursuites judiciaires engagées par Enderlin contre le webmaster du site chrétien www.bethel-fr.com). Mais que dire alors de cet extrait d'une dépêche Reuters datant du 29 novembre 2007 : " les candidats au "hadj" se sont inscrits tant auprès du Hamas que du Fatah rival du président Mahmoud Abbas, et l'on ignore à ce stade si les autorités égyptiennes ou israéliennes ouvriront les grilles de Rafah pour permettre le passage des pèlerins gazaouites". Le moins que l'on puisse dire, c'est que Reuters est flou sur la question de savoir qui contrôle cette frontière; par contraste, Bellanger, lui, ne se pose pas de questions.

12. Mais si la fermeture de la frontière à Rafah était au moins autant le fait de l'Eypte que des autres acteurs, c'est tout le raisonnement de Bellanger qui s'écroule, car pourquoi fustiger Israël et non l'Egypte ? Sans parler du Hamas, dont on sait comment il a pu prendre prétexte des diminutions de fourniture en carburant de la part d'Israël pour fermer des installations qu'il aurait pu continuer à faire fonctionner.

13. Bellanger poursuit sur la densité de la population à Gaza : "cette bande de terre qui abrite 1,5 millions de personnes, vous savez Vincent c'est l'un des territoires les plus concentrés (*)... heu, les plus denses du monde..."

Etant donné les sous-entendus de Bellanger tout au long de sa chronique, il ne nous semble pas déplacé de s'interroger sur le surgissement du mot"concentré" : chercherait-on à suggérer que Gaza est non seulement "une prison à ciel ouvert", pour reprendre l'expression employée par la propagande palestinienne, en particulier depuis l'évacuation de Gaza, mais qu'il s'agirait en quelque sorte d'un camp de concentration, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Quoi qu'il en soit, s'agissant de la densité de la population de la bande de Gaza, il est vrai que, si l'on regarde les pays du monde, il s'agit de l'une des plus importantes au monde.

Cela, et Bellanger ne le dit pas, résulte d'une politique nataliste très fortement encouragée par les aides internationales qui accompagnent, pour le logement, la santé, l'éducation et l'alimentation, chaque nouveau-né palestinien et qui poussent les familles à faire sans cesse davantage d'enfants pour bénéficier de ces aides. Les familles ayant quinze enfants ne sont pas rares, et l'indice synthétique de fécondité est de 6,29 enfants/femme.

Ceci étant, la densité de population à Gaza est d'environ 3 800 hab/km, soit moins de la moitié de ce qu'elle est dans le département des Hauts-de-Seine (8350 habitants au km2). Et la densité de population à Gaza reste inférieure à celle de Gibraltar ou de Singapour.

14. Nous en resterons là pour aujourd'hui, laissant à chacun le soin d'analyser de même ce qui reste de la chronique de M. Bellanger, et de répondre pour lui-même à la question : information objective, ou propagande ?

14 décembre 2007

Aspects positifs de la visite de Kadhafi

Outre les contrats commerciaux (dont on peut toutefois discuter le volet militaire quand on sait que la Libye ne reconnaît pas Israël et se considère toujours en guerre contre ce pays ami) il y a quelques aspects positifs à la visite de Kadhafi, que nous voulons souligner.

Le point le plus positif est, selon nous, la "naissance" de Rama Yade comme personnage politique incontournable de notre pays. Nous nous réjouissons que plus de 80% de nos concitoyens approuvent les déclarations de Mme Yade sur Kadhafi. Quand on sait que Rama Yade est l'une des rares personnes en France a être consciente de ce qui se trame au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et des conditions dans lesquelles se prépare Durban 2, cette popularité devrait représenter un atout précieux lorsqu'il s'agira d'alerter l'opinion à ce sujet.

Autre point positif, cette visite nous aura permis d'entendre Alain Finkielkraut, dont on n'avait plus entendu d'analyses politiques depuis plusieurs mois; c'était ce midi, sur RCJ, et cela peut se réécouter ici :
http://www.radiorcj.info/mp3Player/?audio=finkielkraut14dec

Lui aussi a parlé de Durban 2 dans cette intervention. Et lui aussi, comme l'UPJF, comme la LICRA, a condamné l'usage par M. Sarkozy du terme "islamophobie" mis en parallèle à l'antisémitisme, dans une explication particulièrement claire, comme d'habitude, que j'invite chacun a écouter par lui-même sur le lien indiqué ci-dessus...

13 décembre 2007

Roland Dumas et la racaille

Ce matin, sur RCJ, Jacques Tarnero attire notre attention sur le témoignage de Mémona Hintermann, journaliste sur France 3, qui nous avait échappé : sur Canal +, mardi dernier, elle fait le récit très précis d'une tentative de viol par Kadhafi dont elle a été victime en 1984. Il faut écouter le témoignage de cette femme, jusqu'à la description d'une grande cicatrice sur le corps de Kadhafi, du coté droit, description qui constitue un élément matériel à l'appui de ce témoignage dont la sincérité est évidente.

Dans un cri du coeur, Mme Hintermann qualifie dans son témoignage Kadhafi de "racaille".

Merci au lecteur d'Anatole qui a laissé hier un commentaire évoquant l'émission "Ce soir ou jamais" (encore elle !) du mercredi 12 décembre 2007 avec pour invité Roland Dumas et Marc Edouard Nabe, et, pour relever le niveau, Bruno Tertrais, non cité par Frédéric Taddeï dans le préambule, avant le Soir 3, de l'émission. Dans ce préambule, on peut voir et entendre Roland Dumas se vanter d'avoir reçu son ami Kadhafi à l'hotel Ritz, mardi. Dire que cette expression d'amitié nous étonne serait très exagéré. C'est que, si au début de l'émission proprement dite, qui peut être revue sur :

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr

Frédéric Taddeï (l'animateur de l'émission) précise qu'il n'est pas utile de présenter Roland Dumas, il ne nous semble pas, à nous, inutile de rappeler quelques aspects du personnage. Comme Alain Soral, dont Taddeï n'avait pas non plus éprouvé le besoin de rappeler qu'il était le mentor idéologique de l'activiste Dieudonné, Roland Dumas est lui aussi un admirateur des spectacles de Dieudonné. Roland Dumas est également l'un de ceux qui aiment à fustiger "le lobby juif" en France, comme nous l'avons entendu faire lors de l'émission "la bande à Bono" sur France Inter, il y a moins d'un an, sans soulever la moindre indignation ni des journalistes ni de personne. Bien entendu, au cours de l'émission "Ce soir ou jamais", Roland Dumas présente l'Iran actuel, sujet de l'émission, comme un pays inoffensif face auquel le danger réel serait Israël.

Sur ce sujet, la voix de Bruno Tertrais s'avère essentielle. Son article intitulé "Iran : inquiétant rapport" paru dans Le Monde le 7 décembre dernier doit nous alerter. En effet, Bruno Tertrais souligne un certain nombre de points qui montrent que le "désamorçage" apparent de la situation que représenterait ce rapport n'est effectivement qu'une apparence, puisque contrairement à la présentation qu'on en nous fait, et contrairement à la présentation qu'en ont fait les services américains eux-mêmes (pour des raisons évidemment politiques), ce rapport dit, je cite Tertrais :


"... beaucoup de choses inquiétantes. Plusieurs points méritent d'être soulignés. Premièrement, l'existence d'un programme parallèle, à vocation strictement militaire, depuis le milieu des années 1980, est confirmée pour la première fois. Deuxièmement, personne ne sait si ce programme demeure suspendu ou s'il a repris : en effet, le rapport ne s'engage pas sur ce qu'il en est advenu après juin 2007, et dit par ailleurs que deux agences de renseignement ont des doutes sur l'arrêt complet de toute activité à visée militaire.Troisièmement, l'on apprend, et c'est une vraie surprise pour tous les experts du dossier, que Téhéran aurait importé de l'étranger de la matière fissile de qualité militaire, sans que l'on sache ce que l'Iran a pu faire de cette matière fissile... Quatrièmement, les spécialistes américains nous disent clairement qu'au minimum Téhéran veut maintenir une "option nucléaire", c'est-à-dire se garder la possibilité à tout moment de faire une bombe atomique. Cinquièmement enfin, la communauté américaine du renseignement est devenue un peu plus pessimiste sur le temps qu'il faudrait à l'Iran pour produire dans ses propres installations suffisamment d'uranium hautement enrichi pour fabriquer la bombe : alors qu'elle évoquait traditionnellement la période 2010-2015, elle n'exclut pas désormais que cela puisse arriver dès 2009".

Ces remarques ne sont pas le point de vue de Tertrais, elles concernent le contenu même du rapport. On comprend dans ces conditions que Tertrais trouve la situation après ce rapport non pas moins, mais plus inquiétante qu'avant, par la démobilisation que ce rapport entraîne (il est d'ailleurs curieux de constater combien d'anti-américains font soudain davantage confiance à la présentation des services américains plutôt qu'à celles des iraniens eux-mêmes, Ahmadinejad ayant été parfaitement clair sur la volonté d'obtenir l'arme atomique au plus tôt).

Alors, pour la première fois, Israël a peut-être du soucis à se faire en ce qui concerne le soutien sinon de Bush, du moins des Etats-Unis. Petite consolation : la France, continue, elle, de réchauffer ses relations avec Israël, d'une façon il est vrai un peu curieuse : en votant à l'ONU la plupart des résolutions anti-israéliennes.

On le sait, avant Durban 2 en 2009, l'année 2008 sera l'année du concept attrape-opinion d'Alliance des civilisations, avec comme co-chef d'orchestre pour l'Europe le clone, "jeune" et sans paillettes, de Roland Dumas : Hubert Védrine. Je me demande si, d'une certaine façon, le lancement de cette campagne, n'était pas cette semaine, avec Kadhafi à Paris.

A cette occasion, Roland Dumas, recevant au Ritz la "racaille" Kadhafi, lui aura peut-être suggéré d'attribuer la prochaine édition de son "Prix Kadhafi des Droits de l'Homme" à Ahmadinejad ? Lorsque ce dernier viendra chercher son prix à Paris (rien ne s'opposera bientôt plus à une telle visite, puisque le rapport américain "prouve" la bonne volonté du président iranien), il pourra toujours faire un tour par le studio de "Ce soir ou jamais", et Taddeï pourra alors dire : "inutile de présenter le président Ahmadinejad"...

11 décembre 2007

La honte, suite

J'écrivais hier qu'avec la présence de Kadhafi à Paris, une semaine de honte commençait pour notre pays, et je précisais ce qu'étaient à mon sens les contours de cette honte (puisqu'en effet, il ne s'agit pas, pour ce qui me concerne, d'une opposition totale à toute réception du dictateur libyen, mais des conditions de cette réception).

Nous l'avons dit, la question des droits de l'homme est centrale dans cette affaire, non seulement à cause de la création d'un "prix des droits de l'homme" par ce leader mondial de leur viol systématique qu'est notre invité actuel, mais surtout parce que cette mascarade en annonce une autre, à une tout autre échelle, qu'illustre quotidiennement l'activité du "Conseil des droits de l'homme" à l'ONU (où la Libye est bien active), la préparation de "Durban 2" et le concept d'Alliance des Civilisations que nous vendra bientôt le toujours si tranquille M. Vedrine, toutes choses dont nos concitoyens (jusqu'au ministre des affaires étrangères, semble-t-il) sont totalement ignorants, les médias faisant bien leur travail.

Mais voici qu'à la déclaration de M. Sarkozy selon laquelle les droits de l'homme en Libye ont été évoqués dans la conversation du président avec le dictateur, fait confirmé par le secrétaire général de l'Elysée, M. Guéant, témoin de la discussion, vient s'opposer une déclaration du dictateur encore sur notre sol pour quatre jours : "nous n'avons pas parlé de ça", a-t-il déclaré sur France 2. On mesure par cet incident l'impact qu'auront les encouragements de M. Sarkozy à M. Kadhafi de poursuivre "sur le bon chemin" : absolument nul... La honte, vous dis-je...

07 décembre 2007

Kadhafi au pays des droits de l'homme

Manifestations interdites contre Kadhafi


Jusqu'à vendredi 7 décembre 2007,"on" a fait courir le bruit que la visite de Kadhafi était reportée à janvier 2008 (voir l'article de la Tribune du 20 novembre dernier, reproduit ci-après); soudain, vendredi en fin de journée, juste avant le week-end, l'annonce est faite que Kadhafi arrive lundi 10 décembre. Dans le même temps, apprend-on lundi 10 décembre dans la soirée par une dépêche de l'AFP, le préfet de police avait pris cinq arrêtés d'interdiction visant "les manifestations de soutien ou d'opposition" à la visite du colonel Kadhafi à Paris "car elles étaient susceptibles de troubler l'ordre public et la visite officielle".


Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient alors l'Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme, à Paris.

Le 10 décembre 2007, jour anniversaire de cette déclaration, Paris reçoit en grandes pompes pour une semaine entière le créateur d'un "prix des droits de l'homme" : le dictateur libyen Kadhafi et la police interdit toute manifestation anti-Kadhafi.

Quelques mots sur le prix Kadhafi des droits de l'homme : ce soit-disant prix des droits de l'homme a notamment été décerné au révisioniste Roger Garaudy (2002), à l'islamiste Farrakhan (1996), au dictateur Fidel Castro (1998), celui-là même dont le discours en 2001 à Durban fût acclamé aux cris de "morts aux Juifs", à son disciple Hugo Chavez (2004), l'ami d'Ahmadinejad, à l'antisémite Mahathir bin Mohamad (2005) dont le discours sur le thème " les Juifs dominent le monde" avaient fait grand bruit en octobre 2003, ainsi qu'à Jean Ziegler, cofondateur de ce prix, qui l'a modestement refusé, et qui était il y a encore quelques jours interviewé sur France 2 pour ses "lumières" sur le racisme...

Ainsi, notre pays s'apprête à célébrer le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme en dressant une tente à l'hôtel Marigny à l'un des leaders de l'usurpation mondiale des droits de l'homme, un dictateur qui vient de déclarer à Lisbonne : "il est normal que les faibles aient recours au terrorisme», et en arrêtant ceux, au demeurant une poignée, qui souhaitaient manifester pacifiquement contre le dictateur libyen.

Alors que l'UMP demande le "respect" (!) pour Kadhafi, que François Fillon conseille aux mécontents de tourner sept fois leur langue dans la bouche avant de dénoncer Kadhafi et que, plus scandaleux encore, ce conseil de Fillon est suivi par la LDH qui passe totalement sous silence la mascarade du "prix des droits de l'homme" de Kadhafi et l'activisme antisémite sous couvert d'attaques permanentes contre Israël, jusqu'à, par la force des choses, se fendre lundi 10 décembre dans la journée de deux communiqués, l'un pour dénoncer la présence à Paris d'un chef militaire israélien, un autre dénonçant de façon générale la politique de Sarkozy et dans lequel la réception de Kadhafi est comme noyée dans le flot, alors que quelques leaders de l'opposition se scandalisent d'une réception dont rien ne dit qu'au pouvoir ils n'en n'aurait pas fait autant (et, après tout, l'argument économique des contrats signés ne peut pas non plus être écarté si facilement : qu'en serait-il alors de nos relations avec la Chine ?), alors que la police interdit à Paris toute manifestation contre Kadhafi, deux voix s'élèvent, assez claires, pour dire l'enjeu symbolique de la présence à Paris de Kadhafi en cette journée des droits de l'homme :

- la voix, courageuse, de l'admirable Rama Yade, que la police n'a pas réussi à faire taire au nom de l'ordre public,

- un communiqué très clair du CRIF :


Kadhafi à Paris : ce qu’il ne faut pas oublier
10 décembre 2007 - Communique de presse du CRIF

Au moment où le colonel Kadhafi entame sa visite officielle en France, ce lundi 10 décembre, journée mondiale des Droits de l’Homme, le CRIF n’oublie pas que la Libye :


- a organisé et encouragé de nombreux attentats meurtriers,

- a déclaré, par la voix du Colonel Kadhafi, le 7 décembre 2007 à Lisbonne qu’il était « normal que les faibles aient recours au terrorisme »,

- a régulièrement utilisé la torture, y compris sur le personnel soignant bulgare, totalement innocent, qui a été incarcéré dans des conditions terrifiantes, pendant plusieurs années avant d’être libéré cet été, notamment grâce à l’action de la France.

Il serait scandaleux que la Libye, étant donné son « palmarès » en la matière, soit chargée de préparer la conférence dite de Durban 2, dont le CRIF espère qu’elle ne sera pas une répétition de Durban 1 en 2001, qui s’est transformé en meeting antisémite. Le CRIF demande au Président de la République et au gouvernement de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter qu’une telle situation ne puisse se reproduire.

- n’accepte pas de façon permanente l’existence de l’Etat d’Israël, une ligne de conduite encore confirmée par le propre fils du Colonel Kadhafi qui refuse l’entrée d’Israël dans l’Union méditerranéenne, ce projet de paix initié par la France.

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Et, en effet, l'enjeu symbolique de la présence du dictateur libyen en France aujourd'hui est bien là, dans la mise sur orbite, aux dépends de la France, de l'idéologie des "droits de l'homme" version Kadhafi ou version LDH, des "droits de l'homme" fondamentalement anti-israéliens, de "l'alliance des civilisations" version "interdiction du blasphème", de l'antiracisme version antisémitisme à Durban...

Certes, notre pays a connu pire honte : Vichy et la collaboration au génocide des Juifs par la police française, le massacre des Arabes à Paris en octobre 1961, le rôle de notre pays dans le génocide du Rwanda, sans compter quelques autres que je connais et quelques autres que j'ignore...

La honte, en outre, n'est pas nécessairement dans le fait du faire du commerce avec Kadhafi. Mais elle est certainement dans le fait de lui dérouler un tapis rouge, dans le fait d'interdire les manifestations anti-Kadhafi (c'est vrai, il n'a pas l'habitude, Kadhafi, des manifestations, cela pourrait heurter sa sensibilité, s'il voyait cela à la télé...), la honte c'est aussi de prétendre qu'il serait sur le bon chemin, alors que les tortures n'ont pas cessé et que la propagande pour la légitimation du terrorisme et pour la promotion de l'antisémitisme le plus nazifiant se portent mieux que jamais.

Une semaine de honte commence, donc.

Formons au moins le voeux qu'elle soit pour nos concitoyens l'occasion d'entendre parler de Jean Ziegler, co-fondateur avec Kadhafi de son prix des droits de l'homme, du laboratoire de haine qu'est le Conseil des Droits de l'Homme (ONU), de Durban 1 et 2, de la tromperie sur la marchandise qu'est le concept d'origine iranienne d'"Alliance des civilisations" que l'on se prépare à nous vendre en 2008...

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PS : Le bruit a couru que la visite de Kadhafi était reportée à Janvier 2008, comme en témoigne l'article de La Tribune parue le 20 novembre dernier, dont le début est reproduit ci-après. Puis, soudainement, le vendredi 7 décembre en fin de journée, l'annonce est faite de la visite à Paris de Kadhafi à partir du lundi suivant, juste après le week-end, du 10 au 15 décembre 2007. On peut se demander si une telle manoeuvre, assez grossière, ne visait pas à désamorcer toute manifestation contre Kadhafi.

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La Tribune.fr - 20/11/07 à 19:20

Diplomatie

La venue du colonel Kadhafi à Paris reportée à janvier

Prévue initialement à la mi-décembre, la visite officielle du guide de Tripoli a été reportée en janvier. L'agenda de Nicolas Sarkozy en cette fin d'année est trop chargé.

Selon nos informations, la visite à Paris du colonel Kadhafi prévue mi-décembre a été reportée à janvier, selon des sources concordantes. Officiellement pour des raisons d'agenda trop rempli de Nicolas Sarkozy, explique-t-on à la Tribune.


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05 décembre 2007

"lobby juif " et antisionisme à "Ce soir ou jamais"

Lors de l'émission "Ce soir ou jamais" de Frédéric Taddeï du mardi 4 décembre 2007, sur France 3, il y avait parmi les invités, Alain Soral (le mentor idéologique de Dieudonné), Houria Bouteldja (les Indigènes de la République), Dominique Jamet (journaliste à Marianne), l'écrivain Régis Jauffret, Jacques Chancel et Alain Touraine (un de ceux qui avaient signé le soutien à Edgar Morin affirmant que son texte était juste et équilibré, mais enfin, ce soir, face à Houria Bouteldja, il ne sera pas si mal...).

On peut revoir l'émission en suivant ce lien.


A la cinquième minute de l'émission, Dominique Jamet trouve malin de dire, à propos des déclarations antisémites du ministre algérien : "d'une certaine façon, il n'a pas tort : il y a en France un lobby juif", avant de préciser qu'il y a aussi un lobby auvergnat, et que Sarkozy n'a pas été élu par le "lobby juif" mais par une majorité de Français.

Puis, à la neuvième minute Houria Bouteldja déclare :
Je trouve extrêmement fâcheux que M. Jamet parle de "lobby juif"; il me semble plus juste de dire qu'il y a en France effectivement un lobby, mais sioniste, qui est bien plus important qu'un vulgaire lobby juif. Il faut choisir ses mots et bien dire qu'il y a un lobby sioniste en France, comme il y a un lobby sioniste aux Etats-Unis.

Jamet se défend :
Mais le ministre avait dit "lobby juif"..

Houria Bouteldja poursuit :
... et moi je corrige et je dis qu'il y a un lobby sioniste...

Jamet :
et moi je faisais référence aux propos du ministre...

Houria Bouteldja :
Non, vous avez dit qu'il y avait un lobby juif...

Jamet :
Parce que je faisais référence aux propos du ministre qui avait parlé de "lobby juif"...

Frédéric Taddeï, toujours souriant, à Houria Bouteldja :
Quelle nuance faites-vous ? comme ça on comprendra mieux...

Houria Bouteldja :
"juif" est une appartenance éthnique, religieuse ou culturelle, alors que le sionisme est une appartenance à une idéologie politique, qui est à l'origine du plus grand hold-up du siècle dernier, qui est le hold-up de la Palestine.

Alain Soral :
Il y a des Juifs qui ne sont pas sionistes, il y a des sionistes qui ne sont pas juifs, donc c'est plus compliqué

Houria Bouteldja :
absolument, ce sont des choses complétement différentes, il y a des non-juifs qui sont sionistes, comme il y a des sionistes qui ne sont pas juifs...

Frédéric Taddeï, passionné par le débat :
et il y a des Juifs qui ne sont pas sionistes

Alain Soral :
Excusez-moi, il y a aussi un problème avec le mot "lobby"

(...)

A la onzième minute, Soral repart sur le "lobby" :

pour aller au bout du lobby... Le problème du lobby il est simple : aux Etats-Unis ça n'aurait pas posé de problème, parce que les lobbys sont autorisés, alors qu'en France la constitution ne reconnait que l'intérêt général et des individus. Donc il y a des groupes de pression, des minorités agissantes mais c'est contraire à la loi, il y a une tartufferie énorme, parce qu'on ne peut pas dire qu'il y a des lobbys alors qu'il y en a, donc il vaudrait mieux changer la loi... on pourrait ouvertement parler de lobby auvergnat, pro-sioniste...

Jacques Chancel, après quelques remarques bien senties sur Chavez et Poutine, revient sur la déclaration antisémite du ministre algérien et fait justement remarquer qu'il s'agit d'une nouvelle forme de racisme.

On passe ensuite un extrait de l'interview de Sarkozy par Patrick Poivre d'Arvor. Sarkozy fait cette déclaration curieuse :
Je combattrai de toute mes forces l'antisémitisme, l'islamophobie et toute forme de racisme.

Pour souligner, à raison, qu'il y a parmi les Juifs et en Israël une grande diversité d'opinions, l'écrivain Régis Jauffret trouve judicieux de déclarer "Israël est une caricature de démocratie", avant de préciser : "c'est la démocratie poussée à sa quintescence, c'est une démocratie... "

Houria
Bouteldja l'interrompt
Pas pour les arabes...

Régis Jauffret :
Non mais d'accord, mais les gens votent (...) donc il faudrait qu'on m'explique, les intérêts communs des Juifs en France... Alors vous me direz : le sionisme; mais ils ne sont pas tous sionistes.

Houria Bouteldja
Oui, mais les Juifs sionistes ont effectivement le même intérêt.


Alain Tourraine
Je voudrais rappeler que, traditionnellement, les Juifs français votaient à gauche. Et puis après la période Likoud, une grande partie se sont déplacés vers la droite, ce qui prouve bien qu'il n'y a pas un lobby juif, mais qu'il y a une opinion des Juifs, qui change selon les circonstances, et évidemment le mot lobby est absolument inadmissible dans cette situation.

Quant à dire "Juif, sioniste, etc...", c'est très embarassant, parce que d'abord nous savons très bien que les gens qui se disent antisionistes sont souvent, aussi, antisémites...

Houria Bouteldja
Moi je suis antisioniste

Alain Touraine
C'est parfaitement votre droit...

Houria Bouteldja
Mais d'où vous tenez qu'il y a un lien ?

Alain Touraine
Ce que je veux dire, quand on parle de sionisme, c'est-à-dire d'Israël, on peut dire que la très grande majorité de la population française qui n'a pas oublié ce qu'a été la seconde guerre mondiale, et grâce au ciel aujourd'hui on parle beaucoup de ce qu'a été la Shoah...

Alain Soral
D'où la culture de la repentance, peut-être... la culture de la repentance que les Algériens nous demandent maintenant

Alain Touraine
Peut-être... on est dans un pays qui considère que ce que les Juifs ont subi rend, d'une certaine manière, l'Etat qu'ils ont créé je dirais non pas "sacrée" mais il
faut faire extrêmement attention, quand on est "anti-israël", ce qui est le droit de tout un chacun... Il faut d'abord respecter Israël, vous pouvez ensuite critiquer


Houria Bouteldja se lance alors dans un long discours, parfaitement construit :
Merci pour votre leçon d'humanisme, mais je m'inscris en faux... Il est nécessaire et impératif de critiquer Israël. Sarkozy dit "je veux lutter contre l'islamophobie et l'antisémitisme" (...) mais il a fait sa campagne sur les terres du Front National... il a soutenu Charlie-Hebdo dans sa campagne soit disant pour la liberté d'expression, qui soutenait une caricature raciste et islamophobe... comment prendre au sérieux sa volonté de combattre l'islamophobie...

Concernant l'antisémitisme : je crois que la meilleure manière de lutter contre l'antisémitisme, c'est de lutter contre le sionisme. C'est le sionisme et l'annexion des Juifs à l'idéologie
sioniste qui fait augmenter l'antisémitisme dans le monde. C'est l'annexion des Juifs à l'Etat d'Israël, un Etat qui pratique le terrorisme d'Etat, qui est par ailleurs à l'origine de l'expulsion d'un peuple de sa terre, qui fait des Juifs les complices, lorsqu'ils sont sionistes, de la misère et du malheur des Palestiniens. Donc je crois que si l'on veut à la fois lutter contre l'islamophobie et contre l'antisémitisme, il faut avoir des positions très claires sur l'origine du sionisme...

Alain Touraine, ironique
Supprimons l'Etat d'Israël, on pourra les noyer tous, comme ça il n'y aura plus d'antisémitisme puisqu'il n'y aura plus de Juifs

Houria Bouteldja
Permettez, je finis... Il faut d'abord comprendre quelle a été la fonction politique du sionisme. Les pays occidentaux, l'impérialisme occidental dans les années 40 a permis le sionisme parce qu'il servait ses intérêts dans le monde arabe : la mainmise des richesses du monde arabe par la création d'Israël... Vous croyez qu'ici dans les années 40 on était pas antisémite ? La création de l'état d'Israël, c'était aussi une façon de se débarasser des Juifs d'Europe.

Prenant ensuite à partie Jacques Chancel, Houria Bouteldja l'accuse de ne pas avoir dénoncé avec autant d'énergie les propos islamophobes et négrophobes qui se tiennent quotidiennement en France que les propos antisémites du ministre algérien. Chancel répond : "vous avez une telle sincérité, votre sincérité est évidente, qu'il est presque impossible de parler avec vous".

La soirée continue, à commencer par l'idée d'islamophobie comme racisme... je ne vais pas tout retranscrire....
environ 25 minutes d'émissions viennent déjà de se dérouler, et au-delà de la responsabilité pour chacun des propos qu'il a tenu, on a le sentiment extrêmement pénible d'assister au déferlement d'un torrent de haine antisémite. Même le brave Jauffret, qui a raison d'insister sur la diversité au sein du monde juif, sur la démocratie israélienne, etc., adhère à l'idée que "sioniste" est une insulte, que ce qui sauve les Juifs c'est qu'ils ne sont pas tous sionistes. Certes, Touraine a un peu rectifié le tir, mais sans jamais répondre sur le fond des arguments fallacieux d'Houria Bouteldja (par exemple, lorsqu'elle affirme que la démocratie israélienne n'est pas pour les arabes, ou quand elle affirme que la création d'Israël représente une mainmise de l'occident sur les richesses arabes... il est vrai qu'à ce niveau, il n'y a peut-être même pas besoin de répondre). Ce soir là, les oreilles des Juifs de France ont sifflé...

Déclaration scandaleuse de Sarkozy

"Je lance un appel au peuple d'Israël pour qu'il n'inflige pas au peuple palestinien la même injustice que celle qu'il a subie lui-même pendant tant de siècles"

En faisant cette déclaration, Sarkozy s'inscrit dans un style que l'on connait, le style plutôt ignoble d'Edgar Morin. Cette déclaration de Sarkozy est scandaleuse, scandaleuse parce qu'elle s'appuie sur la même idée d'une transformation automatique des victimes en bourreaux que celle qui constitue le coeur de la démonisation d'Israël par ses ennemis, tel qu'on l'a vu à Durban 1 et tel que cela se prépare pour Durban 2; déclaration scandaleuse parce qu'elle nie la responsabilité des leaders arabes et en particuliers d'Arafat dans le malheur des Arabes de Palestine, responsabilité écrasante pour qui connait un peu l'histoire; déclaration scandaleuse parce que placée sous le signe de la confusion, au lendemain de son hommage à Camus dont il n'a pas retenu la leçon : " mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde". Déclaration scandaleuse encore parce qu'une fois que l'on a reconnu que la situation des Arabes de Palestine vis-à-vis du peuple d'Israël n'a en effet aucun rapport avec l'injustice subie durant des siècles par le peuple juif, on doit s'interroger sur le choix de cette analogie douteuse pour s'adresser aux Juifs : veut-on suggérer que ce serait là le seul langage qu'il pourrait comprendre ? pour parler aux Juifs de la souffrance d'un autre peuple, il faut absolument leur rappeler leur propre souffrance, même si cela n'a aucun rapport, faute quoi ils ne comprendraient pas ?



On me dira peut-être que Sarkozy ne prétend pas décrire une situation actuelle, mais qu'il lance un appel pour que cette situation ne se produise pas ? Ce n'est évidemment pas convaincant, car pourquoi lancer un tel appel s'il ne s'agissait pas de renforcer dans leur opinion ceux qui nazifient Israël à longueur d'années.

Tout se passe comme si après les accusations antisémites le visant, Sarkozy avait voulu donner des gages aux antisémites. Déjà, au lendemain de ces accusations, il s'était déclaré hostile aussi bien à l'antisémitisme qu'à l'islamophobie, reprenant à son compte ce concept d'origine iranienne visant à faire passer toute critique de l'idéologie islamique pour du racisme. Confusion dans le prolongement de celle qui le faisait nommer naguère un "préfet musulman", comme si le préfet en question, s'il avait choisi de renoncer à la religion musulmane, aurait dû non seulement être condamné pour apostasie par les musulmans intégristes, mais également démissionner de son poste de préfet de la République puisque n'entrant plus dans la définition du ministre : être un préfet musulman.

Pendant que Rama Yade dénonce, nous nous en félicitons, le carnaval antisémite du conseil des droits de l'homme, la France vote la plupart des résolutions qui condamnent Israël. Double discours inquiétant... le moins que l'on puisse dire, c'est que les confusions scandaleuses de Sarkozy ne sont pas pour nous rassurer.

Anatole

A suivre... la propagande sur France Culture (suite)

Voici le retranscription effectuée par mes soins de la chronique d'Antony Bellanger dont nous avons parlé récemment au sujet de laquelle nous nous posons la question : "information objective, ou propagande éhontée ?"

Après l'annonce par Vincent Lemerre de la chronique de Courrier International par Bellanger dans le contexte de l'après Annapolis, celui-ci commence :

Oui, alors vous savez, on va surtout parler de la première intifada, l'anniversaire de la première intifada... Tout avait commencé par un banal accident de la circulation, le 8 décembre 1987 : un char israélien qui circulait à vive allure écrasait une voiture et ses quatre occupants [...] Coté palestinien, la rumeur a enflé : "ce n'était pas un accident, mais un acte de vengeance" et le lendemain, les territoires s'embrasaient. Cette révolte des palestiniens de l'intérieur a pris tout le monde par surprise, y compris l'OLP de Yasser Arafat...

Mais cette première intifada ce sont surtout des images d'adolescents gazaouis ou de Cisjordanie qui se sont battus à coup de pierres contre Tsahal, des images qui ont fait le tour du monde, ternissant durablement l'aura de l'armée israélienne ou de l'Etat hébreux.

Alors aujourd'hui, lorsqu'on feuillette la presse palestinienne, le moins que l'on puisse dire est que l'on est loin de l'optimisme qui prévalait après la signature des accords d'Oslo ou même après ceux d'Annapolis.

A la Une de Al-Hayat al-Jadida par exemple, qui est l'un des principaux quotidiens palestiniens, publié à Ramallah en Cisjordanie , le mot Shahid est récurrent. "Shahid" cela veut dire "martyr". Dans les territoires palestiniens, tous ceux qui meurent à cause de l'occupation israélienne sont des Shahid. En ce moment, à Gaza par exemple, on meurt à cause des incursions israéliennes qui répliquent, vous savez (tout en parlant plus vite, Bellanger semble éprouver à cet instant une certaine lassitude), aux rafales de roquettes Qassam, on meurt dans une sorte de guerre civile larvée qui oppose les partisans du Hamas à ceux du Fatah, mais on meurt aussi, comme un certain Mohammed S., c'était le 28 novembre dernier, du cancer. Mohammed avait 58 ans et demandait depuis plusieurs semaines à sortir de Gaza pour se faire soigner en Jordanie. Pour cela il faut une autorisation de l'armée israélienne, autorisation qui est communément refusée et qui a donc valu à Mohammed de mourir sans soin. Cette situation est si fréquente que dans les pages du quotidien israélien Yediot Aharonot cette fois-ci, on apprend qu'elle a fait l'objet d'une plainte auprès de la Cour Suprême israélienne. La plus haute juridication du pays avait été saisie par onze malades en phase terminale à qui on interdisait de sortir de Gaza pour être soigné en Egypte ou en Jordanie. Le jugement a été rendu le 29 novembre dernier et exige que les forces israéliennes laissent passer ces malades. La décision est intervenue trop tard pour [...], un jeune homme de 21 ans qui est donc mort sans soins.

En fait, et ce depuis la victoire du Hamas à Gaza, c'était en juin dernier, cette bande de terre qui abrite 1,5 millions de personnes, vous savez Vincent c'est l'un des territoires les plus concentrés ... heu, les plus denses du monde, et cette bande de terre est considérée par les autorités israéliennes comme un territoire ennemi : personne n'entre ni ne sort, ou seulement au compte goutte...

Le quotidien Al Qods le raconte : 670 étudiants qui devaient rejoindre des universités à l'étranger sont piégés dans la bande de Gaza, car si l'on peut commencer ses études dans le territoire, l'Université à Gaza ne délivre pas de licence ou de master pour un grand nombre de disciplines, évidemment sans parler des doctorats.

Cette situation a conduit le responsable de l'approvisionnement en eau, un certain N..., a prendre la plume, et en marge de la réunion d'Annapolis de lancer une sorte de cri d'alarme dans les pages du quotidien américain Washington Post : "depuis le 19 septembre (2007)" explique-t-il, "seule la nourriture peut entrer dans la bande de Gaza, toutes les matières premières qui alimentaient l'économie gazaouie ont cessé de passer; depuis lors, 85% des usines et 95% des projets de construction se sont arrêtés. 70 000 palestiniens ont perdu leur emploi, et les gazaouis ne vivent aujourd'hui que grâce à l'aide d'ONG occidentales ou islamistes. De plus, les israéliens ont commencé le 28 octobre (2007) à restreindre les livraisons de combustible; début novembre, explique ce responsable, sept installations d'eau potable qui alimentaient 35 000 personnes ont dû être interrompues. La semaine dernière, trois autres ont suivies, ainsi que deux stations d'épuration pour un total de 50 000 personnes affectées. Aujourd'hui, explique monsieur N., 15% de la population de la bande de Gaza n'a plus accès à l'eau potable". Lui aussi a fait appel à la cour suprême israélienne, mais en attendant monsieur N. a supplié à Annapolis les négociateurs de se souvenir des 1,5 millions de gazaouis dont l'écrasante majorité, écrit-il, ne tire pas de roquette Qassam sur le territoire israélien.

Et Bellanger de conclure sur un ton ironique et plein de sous-entendus :

Est-il utile de préciser, Vincent, qu'il n'a pas été écouté ?

04 décembre 2007

Jean Ziegler au JT de France 2

Lettre au médiateur de France 2 :

Monsieur,

Pourquoi avoir donné ce 4 décembre au soir, au JT de 20h, la parole à Jean Ziegler sur le racisme, comme si les propos de ce monsieur pouvaient apporter le moindre éclairage sur ce thème, alors que monsieur Ziegler, est le co-fondateur avec monsieur Kadhafi d'un prix "des droits de l'homme" (source : rapport de M. Marcovich publié par la LICRA) déjà attribué à monsieur Fidel Castro, monsieur Hugo Chavez, monsieur Mahathir bin Mohamad (vous vous souvenez : "les Juifs contrôlent le monde, etc..." c'était dans un de ses discours) et... Roger Garaudy !! Ce monsieur Ziegler, rapporteur à l'ONU sur l'alimentation, ne parle jamais ou presque, dans ses rapports, des pays où l'on crève de faim : le Burundi, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Tanzanie, l'Uganda, la seule région du monde qui l'intéresse est celle qui bénéficie déjà d'un maximum d'aide internationale : la Palestine, la seule cause qui l'importe vraiment : démoniser Israël.

Alors oui, parlez-nous du racisme, parlez-nous de Durban 1, de Durban 2, parlez-nous des droits de l'homme dans les pays qui s'activent au "Conseil des Droits de l'Homme" de l'ONU, parlez-nous de la réalité qui se cache derrière le slogan iranien de "l'alliance des civilisations", parlez-nous de qui est vraiment Jean Ziegler, demandez-vous si sa dénonciation des bio-carburant n'a pas un petit rapport avec les petro-dollars de quelque région "pauvre" du globe, bref : commencez enfin à faire vraiment votre boulot de journalistes en cessant de nous vanter les étiquettes pour regarder ce qu'il y a dans la boîte !!!!

02 décembre 2007

France-Culture contre Israël

Dimanche 2 décembre 2007, de 12h24 à 12h29, France Culture propose une chronique d'Anthony Bellanger, chef des informations à Courrier International, chronique entièrement à charge contre Israël, accusée notamment de faire obstacle aux soins aux malades. Cette chronique d'Anthony Bellanger contient en fait autant d'accusations qu'il est possible en cinq minutes : une accusation par phrase, une par mot si cela était possible.

On peut entendre durant quelques jours cette chronique entre les minutes 24' et 29' de l'enregistrement disponible à cette adresse :

http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/ASUIVRE/ASUIVRE20071202.ram


A M. Bellanger, qui a participé il y a quelques temps à un débat sur le thème "L’information internationale est-elle objective?", et à Vincent Lemerre, qui produit sur France Culture l'émission "A suivre" qui accueille la chronique de M. Bellanger, nous aimerions poser une première question : existe-t-il une seule émission sur France Culture où se trouve soutenu de cette manière un point de vue favorable à Israël ?

Nous nous poserons quant à nous la question suivante : le billet de M. Bellanger entre-t-il dans la catégorie "information objective" ou "propagande anti-israélienne éhontée" ?

A suivre...

12 novembre 2007

Durban 2 : prise de conscience du gouvernement...

Ceux, peu nombreux, qui ont alerté sur l'antisémitisme version "antiracisme" à Durban et sur la préparation de Durban 2 en 2009, peuvent se féliciter de commencer à être entendu au moins par notre gouvernement, en témoigne les réponses de Mme Rama Yade à la question qui lui est posée à ce sujet sur RCJ, le 11 novembre 2007. Mme Rama Yade a dit son intention d'aller devant le Conseil des Droits de l'Homme et, à propos d'Israël, a déclaré : " Le Conseil des Droits de l'Homme c'est pas un lieu pour cogner un pays en permanence". Ecouter et voir Mme Rade sur l'enregistrement vidéo :

http://www.radiorcj.info/flvPlayer/?video=grosplan11nov

(de 14'15 à 17')

11 novembre 2007

Guy Bedos, la haine pas drôle.

Faudra-t-il ajouter le concept de "rire de résistance" à celui d'"Alliance des civilisations" ? Samedi matin, sur France Inter, au cours d'une émission très peu drôle où ce nouveau concept nous était vendu par un célèbre délégué de la ligue des droits de l'homme, M. Guy Bedos, nous avons pu entendre celui-ci déclarer :

Quand j'entends monsieur Taguieff, grand intellectuel auto-proclamé, dire "l'antiracisme est une posture", j'ai envie de lui péter la gueule.

Anatole vient de laisser à ce propos le message reproduit ci-après sur un site présentant le "rire de résistance":

Samedi 10 novembre à 2007, vers 8h25, Guy Bedos est venu incarner sur France Inter le "rire de résitance". Commentant spontanément le point de vue développé par certains intellectuels selon lequel, de même que par le passé l'idée généreuse de solidarité entre les hommes a servi de socle aux régimes totalitaires du communisme criminel, l'antiracisme et la référence aux droits de l'homme peut servir aujourd'hui à justifier les pires attaques racistes et la défense de certains extrémismes religieux (lire à ce sujet et à propos de M. Diène, le rapport de Barbara Lefebvre pour la LICRA, sur cette page), M. Guy Bedos, délégué de la ligue des droits de l'homme, a cru bon de déclarer ceci : " Quand j'entends monsieur Taguieff, grand intellectuel auto-proclamé, dire "l'antiracisme est une posture", j'ai envie de lui péter la gueule.". Cette déclaration de M. Bedos n'est pas emprunte d'humour, elle ne fait pas rire, elle n'est pas un acte de résistance, elle ne consiste pas "à s'attaquer aux puissants" (Bedos venait de dire qu'il ne s'attaquait qu'aux puissants), elle est pleine de haine et elle est stupide (Taguieff n'a jamais justifié aucune forme de racisme). Pauvre M. Bedos...

***

Notons que cette attaque stupide et haineuse de Bedos contre Taguieff a lieu dans le contexte des accusations de M. Diène contre la France, accusée de "racisme" (voir l'article du Monde : ).

Malka Marcovich nous indique à ce sujet un article publié par "Riposte Laïque" intitulé "Doudou Diène, porte-parole de l'islam politique à l'Onu" :


On lira également le point de vue de la LICRA dans ce document,
qui comporte aussi un portrait de M. Doudou Diène.

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PS : l'émission de France Inter peut s'écouter encore pendant six jours au lien souligné.

30 octobre 2007

Ces derniers jours sur France Inter

France Inter, mardi 30 septembre, journal de 7h : la pression exercée par Israël sur la bande de Gaza (diminution des livraisons de carburant) est présentée comme une réponse aux "tirs de roquettes de ces derniers jours". Et pas un mot de la mort, hier soir, d'une israélienne à Sdérot vicitime de l'un de ces tirs.

Ces derniers jours ? !?

Cela fait des années que les terroristes de la bande de Gaza balancent des missiles sur la ville de Sdérot, la mort d'une israélienne hier soir à Sdérot fait d'ailleurs suite à la mort d'autres civils depuis six ans dans des conditions analogues; et depuis la prise de Gaza par les islamistes du Hamas ces fanatiques n'ont fait qu'augmenter la fréquence de leurs tirs visant les civils israéliens. Ces derniers jours ?

Voilà bien un exemple de la désinformation quotidienne, minuscule et massive, à laquelle se livrent ces derniers jours certains journalistes de France Inter.

28 septembre 2007

bel example de propagande (1)

Posted by Picasa
De prime abord, en voyant le visage souriant de ces innoncentes petites filles, on se dit qu'il n'y a là ni terroristes, ni resistantes, mais simplement d'innoncentes et souriantes petites filles... Sans doute est-ce là la façon retenue par ce journal normand pour nous convaincre en tout cas de la partie "pas terroristes" du titre ! Bien entendu, ce n'est pas de ces petites filles dont il s'agit en fait dans l'article, mais des femmes palestiniennes emprisonnées en Israël... [suite du commentaire prochainement...]

bel example de propagande (2)

Posted by Picasa

Abiteboul accuse Israël

France-inter, le dimanche 23 septembre 2007, 19h25.

Philippe Abiteboul rappelle un triste anniversaire : « Il y a vingt-cinq ans, dit-il, les massacres de Sabra et Chatila, commis par les milices chrétiennes d’Eli Hobeika avec l’aval de l’armée israélienne ».

On ne peut que se réjouir de ce que le journaliste de France Inter ait donné le nom du véritable chef de ces horribles massacres... Or, ce n'est que pour mieux retourner finalement l'accusation contre Israël : "l'aval de l'armée israélienne", en effet, cela signifie que pour Abiteboul les Israéliens ont donné l'ordre de commettre ces massacres, qu'ils sont les commanditaires de ces crimes.

Questions à M. Abiteboul : avez-vous rappelé l’anniversaire des autres massacres, tous aussi horribles que celui-là, commis au Liban à cette époque ? Sinon, pour quelle raison, sinon que le nom d’Israël ne s’y trouve en aucune façon associé ? Vous rappelez à juste titre que les horribles massacres de Sabra et Chatila ont été commis par des milices chrétiennes, contrairement à l’idée répandue dans le public que leurs auteurs seraient israéliens, mais vous ajoutez aussitôt : « avec l’aval de l’armée israélienne ». Avec l’aval, cela signifie que les Israéliens ont soit donné l’ordre des massacres, soit ont appuyé les massacres en soutenant d’une façon ou d’une autre les criminels d’Hobeika. Ceci est faux, les Israéliens ont estimés préférable de confier à des arabes la mission de désarmer un camp palestinien où étaient mélangés civils et terroristes palestiniens (et l'on a vu cet été 2007, au Liban, combien ce genre de mission était dangereuse... que n'auriez vous pas dit si Israël avait été engagé dans ces combats...) ils n’ont en aucun cas souhaité, soutenu ou même eu connaissance sur le moment des massacres de civils commis par les criminels emmenés par Hobeika (sauf à se fier aux délires de Jean Genêt). Soit vous le savez, et dans ce cas cette désinformation reçoit votre aval, soit vous l’ignorez et cela signifie que vous ne faîtes pas correctement votre travail. La moindre des choses aurait été de mentionner le rapport Kahane qui, en Israël, a conduit à la démission du ministre de la défense de l’époque, Ariel Sharon, non pas parce qu’il aurait été reconnu responsable du massacre, mais parce qu’il a été reconnu coupable de négligence. Cette démission montre l’objectivité du rapport Kahane. Peut-être n’adhérez-vous pas aux conclusions de ce rapport (si même vous l’avez lu, ce dont je doute), mais l’objectivité aurait alors été de dire : il y a le rapport Kahane, qui dit que…, il y a d’autres gens, comme le très antisioniste militant Alain Ménargues, qui pensent que… Mais non, vous, vous accusez ! Pauvres journalistes, pauvres auditeurs...


24 août 2007

Conférence européenne contre Israël

Les 30 et 31 août 2007 prochain se tiendra à Bruxelles, au Parlement européen, une conférence gentiment intitulée " Conférence internationale de la société civile à l'appui de la paix israélo-palestinienne". Malgré un titre aussi sympathique, il s'agit là d'un mauvais coup porté à l'entente entre les peuples. Pour le comprendre, nous vous invitons à prendre connaissance, si possible immédiatement, du communiqué de la LICRA à ce sujet :

* communiqué de la LICRA à propos de la conférence anti-israélienne patronnée par l'UE les 30 & 31.08.2007 :
http://www.licra.org/index.php?section=detail&cur_rub=1&id=2469

A noter que les députés polonais boycottent cette conférence :
http://www.upjf.org/preview.do?noArticle=13024


Cette conférence s'inscrit dans la logique de la conférence "Durban 2" prévue pour 2009, dénoncée par le président de la LICRA, P. Gaubert, dans sa lettre du 16 juillet 2007, nous vous invitons à lire et, le cas échéant, à diffuser autour de vous : http://www.licra.org/print.php?id=2434

Il faut en tout cas prendre le temps d'étudier et faire connaître le rapport de Malka Marcovich pour la LICRA concernant le conseil des droits de l'homme : http://www.licra.org/index.php?section=detail&cur_rub=1&id=2468

A noter, la sortie du numéro d'Avril-Juillet 2007 de la revue les "Temps Modernes", n°643-644, qui publie un article de M. Marcovich intitulé : "ONU 2001-2007 : Durban ou l'éternel retour".

Enfin, je vous rappelle que vous pouvez tester vos connaissances et celles de vos amis sur le conseil des droits de l'homme de l'ONU avec le Quizz d'Anatole :
http://vigilances.blogspot.com/2007/07/durban-onu-quizz-jeu-de-liso-8859.html


P.S. : dernière nomination en date en cette fin août 2007 pour la préparation de cette conférence contre le racisme que prétendra être "Durban 2" : la République islamique d'Iran, rien que ça, a été choisie par l'ONU pour occuper une « position dirigeante » dans la préparation de ce futur soi-disant sommet "contre le racisme" : http://www.desinfos.com/article.php?id_article=8015


23 août 2007

La propagande du Monde (suite et sans fin)

Benjamin Barthe (BB) est le nouveau rédacteur-vedette du Monde pour la Palestine. Dans un article récent consacré à la télévision du Hamas, dont BB souligne à juste titre qu'il s'agit d'une télévision de propagande, BB se livre comme à son habitude à sa propre propagande anti-israélienne : citant un responsable d'Al-Aqsa TV qui demande que l'on considère "ce qui est arrivé à Mohamed Al-Doura, à Hoda Ghalia et à Emad Ghanem", BB prend sur lui d'éclairer le lecteur du Monde sur les personnes mentionnées : Mohammed Al-Doura ? "un gamin tué par des tirs israéliens au tout début de l'Intifida", dixit BB.

Ce journaliste accuse ainsi sans la moindre preuve les Israéliens d'avoir tué Mohammed Al-Doura, contredisant Mme Chabot qui avait pourtant déclaré le 16 novembre 2004 sur Radio J, désavouant le premier commentaire d'Enderlin à ce sujet : "on ne peut pas dire si ce sont les Palestiniens ou les Israéliens..." Le jour de la mort présumée du petit Mohammed, BB n'était pas plus à Netzarim qu'Enderlin ou Chabot ou que mézigues, mais lui, le 22 août 2007, se permet d'être aussi affirmatif qu'Enderlin au premier jour !

Hoda Ghalia ? BB nous dit qu'il s'agit, je cite le journaliste du Monde, "d'une fillette tuée avec six autres membres de sa famille dans le bombardement d'une plage de Gaza, en juin 2006", reprenant ainsi à son compte les affirmations palestiniennes mais ne cite pas l'enquête israélienne qui a montré qu'il n'y avait pas eu de bombardement de cette plage : une bombe enfouie, soit israélienne, soit palestinienne, avait peut-être explosé accidentellement, à la suite de quoi un montage grossier alternant vues de la petite fille en pleurs et images israéliennes d'un navire procédant à des tirs; ce montage, réalisé par les Palestiniens, avait d'ailleurs à l'époque trouvé bonne place sur le site internet du Monde...

Bravo BB, vous avez réussi dans un article dénonçant la propagande du Hamas (puiqu'en effet, comme les Israliens, il vous a bien fallu choisir le Fatah contre le Hamas, même si pour vous le coupable ultime de toute la situation est Israël) à refourguer votre propre propagande.

J'avais déjà épinglé, il y a quelques semaines, les guillemets dont vous aviez cru devoir entourer le mot "terroriste" à propos des "Brigades des martyrs d'Al-Aqsa", vous prouvez une fois de plus que vous n'avez rien à envier à Enderlin, G. Paris, Bôle-Richard, M. Schattner et toute cette clique méprisable dont vous avez bien mérité d'être reconnu comme membre à part entière, avec sans doute un grand avenir de propagande devant vous.

24 juillet 2007

Violentes agressions antisémites en France

Anatole retransmet deux communiqués du BNVCA :

1. Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme dénonce et condamne avec force l’agression violente et antisémite commise le samedi 21 juillet 2007 à 21h15, rue Armand Carrel à PARIS 19°.

Alors qu’il se rendait à l’office du soir , le jeune Yossef Z... âgé de 23 ans, marié, père d’un enfant, a été pris à partie par un automobiliste qu’il décrit comme un homme de forte corpulence, d’une trentaine d’années et d’origine maghrébine.

Selon la victime, le conducteur d’un véhicule de location qui l’a reconnu comme juif, du fait qu’il porte kippa et chapeau, est brusquement sorti de son véhicule, proférant des injures antisémites « Sale juif... je vais te finir ... etc. l’a frappé à coups de pieds et de poings, puis a ramassé un objet métallique sur le sol avec lequel il voulait lui « fracasser la tête. Le jeune Yossef a été libéré de son agresseur grâce à l’intervention de témoins qui auront relevé le numéro du véhicule qui s’enfuyait.Yossef grièvement blessé à la tête et au bras a été transporté à l’hôpital où une première ITT de 60 jours lui a été ordonnée. Six points de suture ont été opérés sur le crâne, et il souffre d’une fracture du cubitus. Selon Yossef, les enquêteurs ont retrouvé l’objet contondant dont s’est servi l’agresseur.

Comme le jeune Yossef, nous ne comprenons pas cette violence qui persiste et s’exprime avec haine et acharnement dès que l’antagoniste découvre que sa victime est d’origine juive.

La victime a déposé une plainte. Nous demandons aux services de police d’identifier très rapidement l’auteur des violences antisémites, et nous réclamons des sanctions immédiates, très sévères et exemplaires.

Nous assurons Yossef et sa famille de notre soutien et lui souhaitons un prompt rétablissement.

En dépit des mesures prises par les institutions de la République, nous déplorons chaque jour un nombre constant de faits antisémites, dans la rue, dans les moyens de transport, parmi le voisinage, et même dans l’entreprise. Depuis septembre 2000, les juifs continuent d’être des cibles vulnérables.

Cette situation devient intolérable. En île de France, elle est source de déplacement et d’exode de nombreux français juifs vers des zones qu’ils considèrent plus sûres pour eux et leurs enfants, désertant ainsi certains secteurs de la capitale ou de la banlieue.

Le BNVCA a décidé de suivre cette affaire avec la plus grande attention et d’apporter son soutien juridique et psychologique au jeune Yossef.

Le Président Sammy GHOZLAN

2. LE BUREAU NATIONAL DE VIGILANCE CONTRE L’ANTISÉMITISME dénonce et condamne le nouvel acte violent antisémite commis devant la synagogue de Garges les Gonesse (Val d’Oise) le 23 juillet 2007 à 21 H 30.

Alors que M. Roger R... 40 ans, se rendait à l’office du soir le 23 juillet 2007 à 21 H 30, à la synagogue de Garges,14 rue Jean Baptiste Corot, accompagné de ses deux fils Yoni 22 ans et Naftali 18 ans, ils ont été pris à partie par un individu qu’ils décrivent comme âgé de 22 ans, et d’origine maghrébine qui les aura reconnus comme juifs du fait qu’ils portaient une kippa sur la tête.

L’homme les toise, les menace, les insulte : « sale juif on va te niquer. On va niquer ta mère etc ... ». Il s’en prend au père qu’il frappe à coups de poings. Comme Yoni l’un des fils veut s’interposer, il est soudain confronté à 6 autres individus venus soutenir l’agresseur, décrit par les victimes comme d’origines africaine, maghrébine, et un rouquin que Yoni peut reconnaître.

Le président de la communauté de Garges présent sur les lieux nous alerte et fait appel à la police qui intervient rapidement et interpelle l’un des agresseur qui pourrait se nommer Atar.

Les victimes ont déposé une plainte ; Yoni qui souffre de blessures au front, à la tête et d’hématomes au visage doit se rendre au SM Judiciaire . Nous saluons la promptitude avec laquelle la police est intervenue, évitant que l’affrontement ne s’aggrave.

Nous demandons que tout soit mis en œuvre pour que les coauteurs et complices de cette agression soient rapidement identifiés, interpellés et sévèrement punis.

Nous assurons toute la famille victime de cette action antijuive et la communauté de Garges de toute notre solidarité.

Comme pour la victime de l’agression antisémite commise le 21 juillet à PARIS 19 au préjudice d’un autre juif qui portait une kippa et se rendait à la synagogue, le BNVCA a décidé de soutenir psychologiquement et juridiquement la famille de Roger R...victime de ce dernier acte antijuif. Nous constatons que la situation de nombreux juifs devient de plus en plus intolérable et désespérante, en dépit des mesures prises par les autorités de l’État.

Garges les Gonesse, a souvent été le théâtre d’actes antifuifs graves, dont des tentatives d’incendies criminels de la synagogue, au moyen de cocktails Molotov, des tirs à balles réelles sur les vitres du bâtiment, des agressions violentes sur l’itinéraire de la synagogue, des résidents juifs attaqués par leurs voisins d’origine maghrébine, etc... Aussi nous déplorons l’exode d’un grand nombre de familles de cette commune vers des zones plus rassurantes de la région île de France.

BNVCA

18 juillet 2007

Le Hezbollah ?

14 juillet 2007, Paris : bienvenue aux féroces soldats ?

Le Hezbollah : parti fanatique, parti terroriste, parti antisémite, soutenu, manipulé et armé par l’Iran nazie et la Syrie terroriste. Ses combattants fanatiques ne craignent pas la mort, n’hésitent pas à se fondre parmi les civils libanais et à bombarder les civils israéliens. En France, grâce à l’AFP — tiens, nos compatriotes ignorent le nom d’un seul journaliste de l’AFP, mais ça ne les inquiètent pas — et à tous ses suiveurs, les féroces soldats du Hezbollah sont appelés des “militants”. Quant à ceux qui présentent ces terroristes comme des “résistants”, ils s'apparentent à ceux qui hier présentaient les résistants véritables comme des “terroristes”.

Comme Jospin en son temps, le président Sarkozy a indiqué que le Hezbollah était effectivement une organisation terroriste, mais depuis, sous la pression, la France a reculé, le Quai d’Orsay indiquant que notre pays n’avait pas l’intention de "demander l'inscription [du Hezbollah] sur la liste européenne des organisations terroristes".

On le sait, les relations internationales sont, depuis toujours, une vaste prise d’otages, avec ses négociations difficiles et son syndrome de Stockholm plus ou moins généralisé. La diplomatie a donc ses raisons. Il faut néanmoins dénoncer une organisation terroriste qui par son idéologie antijuive s’inscrit, avec ses soutiens, dans le droit fil de l’idéologie génocidaire nazie. Nous sommes aujourd’hui 15 juillet 2007, place de la République, une poignée à protester contre l’invitation faite au Hezbollah de venir à Paris. Mais ce qui est terrible, c’est la passivité et l’ignorance de nos journalistes — quand ce n’est pas leur propagande pure et simple — s’agissant de dire et de montrer la réalité du Hezbollah et autres groupes islamistes, et leur filiation directe avec le nazisme et avec les techniques soviétiques de propagande.

Post Scriptum : 1. La diplomatie a ses raisons : suite à la réunion de St Cloud, M. Kouchner a déclaré avoir compris des déclarations des représentant en France du Hezbollah que les soldats israéliens otages du Hezbollah étaient vivants. 2. Le Hezb reste le Hezb, et a démenti formellement avoir dit quoi que ce soit au sujet de ses otages.

09 juillet 2007

Feu pas d'artifice libanais

Alors que se multiplient les rumeurs d'un conflit programmé par la Syrie au Liban à partir du 15 juillet 2007 prochain (infos MEMRI signalées par http://www.desinfos.com/article.php?id_article=7661), dont les titres  suivants se font l'écho :

-  La Syrie aurait enjoint à ses citoyens de quitter le Liban avant le 15 juillet
-  L¹opposition au Liban : après la mi-juillet, nous établirons un second gouvernement au Liban
-  Al-Mustaqbal met en garde contre un plan irano-syrien de coup d¹Etat au Liban
-  Le Hezbollah s¹arme pour se préparer à l¹étape suivante ; l¹une de ses cibles militaires pourrait être Beyrouth
-  Changement dans la politique iranienne : de la prévention de la guerre civile au Liban à l¹adoption de la position syrienne

se prépare à PARIS (La Celle-St Cloud), du 14 au 16 juillet 2007 prochain, une rencontre "informelle" des divers courants libanais, rencontre modérée par Bernard Kouchner. Le 'hic', c'est que Nasrallah, chef du Hezbollah, fait partie des invités.

Que la diplomatie suppose ce genre de contacts est une chose (et l'on peut par exemple supposer que parallèlement aux préparatifs de guerre entre la Syrie et Israël se poursuivent des contacts secrets entre ces deux pays), ne pas protester contre la venue en France d'un chef terroriste antisémite, islamiste et pour tout dire nazifiant (voir les portraits de quelques "militants" sur http://vigilances.blogspot.com/2006/07/portrait-de-quelques-militants.html) ?

Quel jour Nasrallah ou son bras droit sera-t-il à Paris : le 14 juillet, jour de la fête nationale ? le 15 juillet, dimanche programmé pour le début de l'offensive Hezbollah au Liban, qui se trouverait ainsi dirigée depuis la France ? le 16 juillet, journée anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv en 1942 ?

Si vous avez des infos sur la date et le lieu de la grande manifestation de protestation contre la venue à Paris de Nasrallah, manif où nous serons probablement des dizaines et des dizaines et des dizaines à nous rendre, merci de me tenir au courant.

Anatole

05 juillet 2007

Urgent : Sigma Huda

Lorsque l'on fait une recherche sur "Sigma Huda" sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme, il n'y a aucune réponse.

De même, lorsque l'on fait une recherche sur "Sigma Huda" sur le moteur de recherche "Google actualité" (en français), rien.

Il faut aller consulter les medias en anglais (http://news.google.com/news?q=sigma+huda) pour apprendre que Sigma Huda a été jetée en prison ce soir 5 juillet 2007 par le gouvernement militaire de son pays, le Bangladesh.

Peut-être la Ligue des Droits de l'Homme ne s'intéresse-t-elle pas à Sigma Huda du fait que son pays, le Bangladesh, est membre de l'institution onusienne baptisée "Conseil des Droits de l'Homme" ? Peut-être la Ligue des Droits de l'Homme voit-elle dans la participation du Bangladesh au "Conseil des Droits de l'Homme" une preuve du fait que le Bangladesh serait un pays où les droits de l'homme ne poseraient pas de problèmes, exactement de la même façon que la présence du mot "démocratique" prouverait la nature démocratique des Etats qui en sont affublés ?

Sigma Huda enquête pour l'ONU sur les traffics d'êtres humains, en particuliers les femmes et les enfants, et le rapport qu'elle devait présenter en juin 2007 au Conseil des Droits de l'Homme concernait en particulier la traite des femmes pour le mariage forcé. Elle en a été empêché par son propre pays, le Bangladesh.

Après l'arrestation de son mari en février dernier et le harcellement dont sont victimes ses filles, elle se trouve à présent accusée de "corruption" et vient d'être jetée en prison, alors qu'elle souffre de graves problèmes cardiaques.

Le quai d'Orsay est nécessairement au courant (notre pays est également membre du Conseil des Droits de l'Homme), mais une recherche sur le site du Quai d'Orsay ne donne aucun résultat pour "Sigma Huda". Peut-être le Quai s'active-t-il discrètement, mais en l'occurence nous avons tendance à penser que seule une mobilisation de l'opinion publique a quelque chance d'aboutir, et nous craignons que la discrétion du Quai d'Orsay soit telle que personne, nulle part, et surtout pas au Bangladesh, et surtout pas au Conseil des Droits de l'Homme, ne soit au courant d'une quelconque action de notre diplomatie en faveur de Sigma Huda.

A ce jour, aucun journal français ne s'intéresse à Sigma Huda.

A ce jour, la Ligue des Droits de L'Homme ne s'intéresse pas à Sigma Huda.

A ma connaissance, seules les associations Prochoix et Sysiphe ont abordé le sujet sur leurs sites.

Il faudra bien, pourtant, que le gouvernement français, que nos médias, que nos associations se soucient du sort de cette femme dont le courage inspire le respect et dont le rapport sur la traite et le mariage forcé mérite d'être connus.

Hypothèse 1 : en France, on ne parle pas de Sigma Huda parce que le "Conseil des Droits de l'Homme" est un sujet tabou, parce que le "Conseil des Droits de l'Homme" est le contraire de ce qu'il prétend être, parce que nous en faisons partie et que nous hésitons entre silence, lâcheté et compromission.

Hypothèse 2 : la "Ligue des Droits de L'Homme" ignore le sort de Sigma Huda, parce que la LDH adhère à l'orientation du Conseil des Droits de l'Homme et attend avec impatience janvier 2008 et la grande fête espagnole de "l'alliance des civilisations" (cette alliance qu'on nous prépare et dont, sous les mots doux, on peut déjà craindre qu'elle ne soit que l'alliance de
la lâcheté et de la barbarie), et surtout Durban 2, en 2009.


A nous de faire que ces hypothèses soient contredites.

Anatole

02 juillet 2007

Durban 2009


Un sujet grave traité sous forme de "Quizz" : que savons-nous du Conseil des Droits de l'Homme (ONU), que savons-nous de ce qui se prépare à Durban en 2009 ?

Faites connaître ce Quizz en diffusant autour de vous cette simple adresse web : http://vigilances.blogspot.com

Les réponses aux questions posées seront données sur ce blog au cours des semaines à venir




Question 1
La prochaine conférence mondiale contre le racisme, dite "Durban 2", organisée sous l'égide de l'ONU par le Conseil des Droits de l'Homme est prévue pour :

‹ 2008
‹ 2009
‹ 2010

Question 2
Mis à part le Conseil de Sécurité, la représentation des pays au sein des nombreuses instances de l'ONU respecte "le principe d'égalité souveraine de tous ses membres", sauf pour un seul pays qui se trouve de fait exclu de tout rôle décisionnaire dans les principales structures. Ce pays c'est :

‹ Cuba
‹ l'Iran
‹ Israël
‹ la Syrie

Question 3
L'Iran a été élue vice-présidente en 2007 de la Commission sur le désarmement de l'ONU, et la Syrie rapporteur de cette commission :

‹ Vrai
‹ Faux

Question 4
Parmi les pays suivants, lesquels ne font pas partie du Conseil des Droits de l'Homme, et pour quelles raisons ?

‹ Arabie Saoudite,
‹ Cameroun,
‹ Chine,
‹ Cuba,
‹ Gabon,
‹ Russie.

Question 5
Le 30 mars 2007, le Conseil des Droits de l'Homme a adopté la résolution sur "la lutte contre la diffamation des religions" qu'avait présenté le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence Islamique. Cette résolution accorde une place particulière à la "diffamation" contre l'Islam, assimilé à du "racisme". Parmi les membres suivants du Conseil des Droits de l'Homme, lesquels ont voté contre cette résolution :

‹ Chine
‹ Cuba
‹ Russie

Question 6
Le Rapporteur Spécial sur le Droit de l'Alimentation, Jean Ziegler, a créé en 1988 avec Khadafi le "Prix Khadafi des droits de l'homme". Parmi les personnalités suivantes, lesquelles ont reçu ce prix :

‹ Fidel Castro,
‹ Hugo Chavez,
‹ Roger Garaudy
‹ Mahathir bin Mohamad

Question 7
Voici une liste de pays (ou considéré tel) :

‹ Afghanistan
‹ Burundi
Erythrée
‹ Ethiopie
‹ Palestine
‹ Tanzanie
‹ Uganda


7a. Dans la liste précédente, quels sont les cinq présentant en 2004 le taux de malnutrition enfantine le plus élevé ?
7b. Dans la liste précédente, quel est celui ayant fait en 2004 l'objet de la plupart des interventions du rapporteur spécial sur le droit de l'alimentation, Jean Ziegler ?
7c. Dans la liste précédente, y en a-t-il n'ayant fait l'objet en 2004 d'aucune intervention du rapporteur spécial sur le droit de l'alimentation, Jean Ziegler ?


Question 8
Les organes subsidiaires de l'Assemblée générale des Nations Unies ne portent spécifiquement sur aucun peuple, à une exception près qui fait l'objet de six tels organes, il s'agit :

‹ des Améridiens,
‹ des Palestiniens
‹ des Tibétain,
‹ des Tutsis du Rwanda

Question 9 (d'après Gunnar Heinsohn, in Le Monde, 19 juin 2007) :
Entre 1950 et 2007, la population de Gaza a été multipliée par 6, passant de 240 000 à près de 1,5 million d'habitants, beaucoup de familles ayant plus de dix ou quinze enfants. Cette croissance extraordinairement rapide dans un territoire d'une telle exiguïté et privé d'une économie digne de ce nom est le fruit de la politique de l'UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East). Jusqu'en quelle année l'UNRWA a-t-elle considéré tout résident de Gaza comme réfugié, fournissant logement et assurant les frais de scolarité et de santé à tout nouveau-né ?

‹ jusqu'en 1953 ?
‹ jusqu'en 1967 ?
‹ jusqu'en 1974 ?
‹ jusqu'en 1982 ?
‹ jusqu'en 1994 ?
‹ jusqu'en 2001 ?
‹ Elle n'a jamais cessé de le faire.

Question 10
Parmi les bases de données de l'ONU, consultables par les chercheurs, les ONG, les gouvernements, etc..., une seule est consacrée à un pays en particulier, l'UNISPAL, consacrée à la Palestine. Dans les publications de l'UNISPAL, le Mufti de Jerusalem al-Husseini est-il présenté :

‹ comme le soutien au nazisme et à Hitler qu'il a été,
‹ comme "résistant contre l'invasion sioniste" ?

Question 11
Toutes instances de l'ONU confondues quels sont parmi les pays suivants ceux ayant été visés en 2006 par plus de six résolutions ? et par plus de trente résolutions ?

‹ Afghanistan
‹ Azerbaïdjan
‹ Burundi
‹ Chypre
‹ Congo
‹ Guinée équatoriale
‹ Haïti
‹ Iran
‹ Israël
‹ Ouganda
‹ Soudan
‹ Timor Oriental
‹ Turquie

Question 12
Au sein du Conseil des Droits de l'Homme, quels sont parmi les pays suivants ceux ayant été condamnés en 2006 par au moins une résolution ? et par plus de cinq résolutions ?

‹ Afghanistan
‹ Azerbaïdjan
‹ Burundi
‹ Chypre
‹ Congo
‹ Guinée équatoriale
‹ Haïti
‹ Iran
‹ Israël
‹ Ouganda
‹ Soudan
‹ Timor Oriental
‹ Turquie

Question 13
Le 29 novembre 2007 prochain, soixantième anniversaire de la résolution de l'ONU établissant un plan de partage de la Palestine pour un Etat juif et un Etat arabe, aura lieu comme chaque année depuis 1977 la "Journée de commémoration internationnale de solidarité avec le peuple palestinien". En 2005, la commémoration en question a vu Kofi Annan observer une minute de silence pour les "martyrs" palestiniens, au siège de l'ONU à New York devant une carte de la région concernée. Sur cette carte, un Etat, membre de l'ONU, a disparu, se trouvant ainsi symboliquement effacé. Deviner, dans la liste suivante, de quel Etat il s'agit :

‹ Israël.

Question 14
Voici trois listes : une liste d'insitutions onusiennes et de dates, une liste d'intervenants et une liste de déclarations. Associer à chaque déclaration son auteur et le lieu et le moment où elle a été faite :

* lieux et dates :

‹ Conseil des Droits de l'Homme, le 4 octobre 2006
‹ Conseil des Droits de l'homme, le 15 novembre 2006
‹ Conseil des Droits de l'homme, le 12 décembre 2006
‹ Assemblée générale, le 26 janvier 2007
‹ Assemblée générale, le 26 janvier 2007


* auteurs :

‹ Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le Droit à l'Alimentation
‹ M. le délégué libanais
‹ M. Abu-Koach, ambassadeur de Palestine
‹ M. Palavicini, délégué du Vénézuela
‹ M. Gharibi, délégué de l'Iran

* Déclarations :

‹ "Un certain nombre de massacres délibérés des populations civiles ont été commis par Israël",
‹ "Israël n'a pas assouvi sa soif du sang des Libanais et l'a retournée sur les civils désarmés de Beit Hanoun",
‹ "L'holocauste continue et c'est un holocauste israélien contre le peuple palestinien"
‹ "[Il faut] réfléchir sur l'Holocauste perpétré, petit à petit, contre le peuple palestinien",
‹ "Le régime israélien, qui vise à éxploiter les crimes passés pour en faire le prétexte de nouveaux génocides".

Question 15
Lors de "Durban 1", conférence onusienne contre le racisme qui s'est tenue en août et septembre 2001, Fidel Castro a prononcé dans un stade un discours qui a été applaudi aux cris de :

‹ "Vive l'amitié entre les peuples !"
‹" Fidel, nous sommes restés fidèles !"
‹ "Morts aux Juifs !"

Question 16
Cette dernière question de notre SuperQuizz Durban 2, est de nature différente des précédentes : il s'agit d'une question d'opinion, pour laquelle nous ne donnerons pas de réponse,vous laissant observer vous-même ce qu'il en sera le moment venu, voire de contribuer à ce que l'une de ces options l'emporte sur les autres :

A votre avis, la conférence onusienne "Durban 2" sera l'occasion :

‹ d'imposer à de nombreux pays des normes nécessaire en matière de droits de l'homme, de lutte contre le racisme et l'antisémitisme et de soutien à la condition des femmes,

‹ d'accuser Israël d'être un pays "nazi", responsable d'un "génocide" en Palestine

‹ d'accuser les Juifs, en particuliers non religieux ou non opposants systématiques à Israël, d'être à l'origine de tous les maux du monde, à commencer par le racisme.


***


Sources utilisées pour constituer ce Durban ONU-Quizz :

* "La route vers Durban 2", rapport de Malka Marcovich pour la LICRA (mai 2007).
* "Gaza, les raisons de la violence", par Gunnar Heinsohn, Le Monde, 19 juin 2007.
* "Edgar Morin, le penseur de la "complexité" en flagrant délit de simplisme", par Catherine Leuchter, Controverse n°4 (février 2007).
* Témoignages directs de participants à la conférence de Durban de août/septembre 2001.

***


Le grand prix du jeu Durban ONU-Quizz consiste en un bouquet de liens internet et de références vous permettant d'être parmi les tous premiers informés de ce qui se trame au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU dans le cadre de la préparation de la conférence dite "Durban 2".

19 juin 2007

Honte au journal "Le Monde"










Dominique Caroline Hass



Sur la page d'accueil de mon blog, http://vigilances.blogspot.com, les visiteurs sont majoritaires à dénoncer, à l'occasion d'un sondage consacré au journal Le Monde, le parti pris anti-israélien de ce journal.

Je me suis demandé un moment si je n'allais pas remplacer ce sondage par un autre où serait posée la question de savoir si les deux autres grands quotidiens nationaux, Le Figaro et Libération, ne partageaient pas le même parti pris, et assurément il y aurait matière. Pourtant, la lecture du journal du soir m'a convaincu de laisser ce sondage en une. L'exemple dont je veux vous parler aujourd'hui n'est malheureusement qu'un exemple, il n'en représente pas moins un scandale absolu, de ceux qui conduiront inéluctablement les futurs historiens qui étudieront les médias français de notre époque dans leurs positions vis-à-vis d'Israël à considérer le rôle extrêmement nocif que la propagande de ces médias aura joué.

Avant de dire précisément de quoi il retourne, je voudrais remarquer que l'ensemble de nos journalistes auront considéré que si un accord entre le Fatah et le Hamas (par exemple le 9 février 2007 dernier à La Mecque) était de nature à nous rendre plus sympathique ces deux organisations, la guerre entre ces organisation devait également nous rendre plus sympathique au moins la première d'entre elles. Curieusement, ces deux événements opposés seraient ainsi de nature à donner au Fatah une bonne image. Certes, il est évident que dans la guerre inter-palestinienne actuelle, il est souhaitable de soutenir le Fatah, nationaliste, contre le Hamas, islamiste. Mais je dis que c'est pousser le bouchon nettement trop loin, et que s'en est même une honte, que de lire sous la plume de Benjamin Barthe, envoyé spécial du Monde à Gaza, dans l'édition datée du 19 juin 2007, cette phrase :

Bien que membre des Brigades des martyrs Al-Aqsa, un groupe armé qualifié de « terroriste » par Israël, Tareq refuse de faire demi-tour.

Guillemets + italiques + l'expression "qualifié par Israël ": 3 procédés de mises à distance pour nous dire que les Brigades des martyrs Al-Aqsa ne sont pas réellement un groupe terroriste, qu'ils ne le sont qu'aux yeux des Israéliens mais que cette qualification n'a pas à être endossé par l'observateur objectif que veut être un correspondant du Monde.

Eh bien non, monsieur Barthe, désolé mais ce n'est pas Israël qui arbitrairement a décidé de qualifier ce groupe du Fatah, les Brigades des martyrs Al Aqsa, de groupe terroriste, c'est ce groupe lui-même qui a revendiqué l'explosion prématurée d'un homme-bombe le 8 février 2002, tuant le policier qui le controllait, c'est ce groupe, les Brigades des martyrs Al Aqsa, qui a revendiqué le 2 mars 2002 l'attentat suicide à la sortie d'une synagogue de Jerusalem ayant tué 10 personnes, dont 5 enfants et dont une famille entière (Shlomo Nehmad, sa femme Gafnit, leurs filles Shiraz et Liran, et Shaul Nehmad), et fait plus de 50 blessés, c'est ce groupe du Fatah, les Brigades des martyrs Al Aqsa, qui a revendiqué le 21 mars 2002 l'attentat au centre de Jerusalem ayant tué trois personnes (Gadi et Tzipi Shemesh, Yitzhak Cohen) et fait près de 90 blessés, c'est encore ce groupe du Fatah, controllé par Arafat, qui a revendiqué les attentats des 29 et 30 mars 2002 dans la capitale israélienne et à Tel Aviv (4 morts, près de 60 blessés), c'est encore ce groupe du Fatah, les Brigades des martyrs Al Aqsa, qui a revendiqué en avril 2002 l'explosion au marché Mahane Yehuda, dans la capitale israélienne encore, qui a fait 6 morts (Nissan Cohen, Rivka Fink, Suheila Hushi, Yelena Konrab, Ling Chang Mai, Chai Siang Yang) et plus de 100 blessés, ce sont encore ces brigades des martyrs d'Al-Aqsa que vous répugnez à qualifier de terroristes qui ont revendiqué le 27 mai 2002 l'assassinat d'une grand-mère, Ruth Peled (56 ans) et de sa petite-fille, Sinai Keinan (18 mois), et ce sont encore les brigades des martyrs d'Al-Aqsa qui ont revendiqué des attentats mortels de juin à novembre 2002, et que je sache, le 1er janvier 2003 c'est par des membres de ce même groupe du Fatah qu'un homme de 70 ans, Massoud Mahlouf Elon, qui distribuait des habits à des palestiniens, a été kidnappé avant qu'on ne le retrouve carbonisé dans sa voiture, et ce sont bel et bien les brigades des martyrs d'Al-Aqsa qui ont revendiqué le 5 janvier 2003 un double-attentat à la station centrale de Bus de Tel Aviv qui a causé la mort de 22 personnes, hommes ou femmes, agés de 20 à 74 ans, de sept nationalités différentes (Moshe Aharfi, Mordechai Evioni, Andrei Friedman, Meir Haim, Hannah Haimov, Avi Kotzer, Ramin Nisibov, Mazal Orkobi, Ilanit Peled, Viktor Shabayev, Boris Tepalshvili, Sapira Shoshana Yulzari-Yaffe, Lilya Zibstein, Amiram Zmora, Igor Zobokov, Krassimir Mitkov Angelov, Steven Arthur Cromwell, Ivan Gaptonial, Ion Nicolae, Guo Aiping, Li Peizhong, Mihai Sabau, Zhang Minmin), et en a blessé 120, et aussi l'attentat suicide du 24 avril 2003, et faut-il vous rappeler que l'attentat du 30 avril 2003 ayant tué 3 personnes dont une Française de 29 ans (Ran Baron, Yanai Weiss, Dominique Caroline Hass) et blessé 60 personnes a été conjointement revendiqué par le Hamas et le Fatah, et je vous rappelle que ce sont encore les brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe du Fatah, que vous refusez de qualifier de terroristes qui ont revendiqué l'attentat dans le bus n°14 du 22 février 2004 ayant causé la mort de 8 personnes et blessé 60 dont de nombreux enfants, et il y a ceux que je n'ai pas cité mais qui eux aussi ont été revendiqué par ce groupe, et il y a ceux qui ont été causé par ce groupe mais non revendiqués, et je ne vous parle pas des innombrables attentats qui ont été prévus mais que les services israéliens ont réussi à déjouer.

Alors, M. Benjamin Barthe, lorsqu'avec cette petite phrase anodine

... les Brigades des martyrs Al-Aqsa, un groupe armé qualifié de « terroriste » par Israël...

vous prenez de la "distance", je vous laisse deviner de quoi j'ai envie de vous qualifier, vous et votre journal de « ... »

Anatole

14 juin 2007

A qui la faute ? à Israël, bien sûr !

A propos du "coup de non-Etat" par les islamistes à Gaza.

Dans le Monde daté de demain (15 juin 2007), Pessin propose un dessin intitulé "Crimes de guerre" (en référence aux crimes de guerres commis par des palestiniens contre des palestiniens) : des militants pro-palestiniens proposent "une grande manif de solidarité avec le peuple palestinien", et l'un des personnages de demander : "contre qui ?".

Dessin très ironique, et pourtant... et pourtant le journal du soir donne sans hésiter sa réponse à la question du personnage de Pessin, dans l'éditorial imprimé à quelques centimètres à gauche du dit dessin, je cite la dernière phrase de l'édito en question : "Cinq ans après [un discours de Bush], presque jour pour jour, les Palestiniens paient au prix fort, à Gaza et dans les autres territoires d'une Palestine déchirée, la politique d'Israël, des Etats-Unis et de la diplomatie internationale".

Dans le même ordre d'idée, ce midi, dans le journal de 13h sur France-Inter, l'une des toutes premières questions du journaliste au spécialiste invité consiste à s'interroger sur la responsabilité d'Israël dans les événements actuels à Gaza. Le spécialiste en question pointera en particulier la mise en quarantaine d'Arafat à Ramallah, sans rappeler qu'Arafat aura été, jusqu'au bout, l'un des plus grands terroristes qui fût, commanditaire directe de nombre d'attentats contre les civils israéliens (Le dossier Arafat, Calvo & Calvo, Albin Michel, 2004).

Selon ces journalistes, ce qui se passe à Gaza aujourd'hui, ce "coup de non-Etat" si l'on peut dire, n'est en rien la conséquence de l'idéologie des "frères", à commencer par le "modéré" Haniyé, ce n'est pas non plus la conséquence de choix faits à Damas et à Téhéran (qui ne sont même pas cités dans l'article) non, la responsabilité première en revient à Israël. Puis aux Etats-Unis. Quant à la plutôt nébuleuse "diplomatie internationale", un peu tout le monde et donc un peu personne, elle fait référence au rapport de de Soto, envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient depuis deux ans, qui regrette que l'ONU ait fait preuve à l'égard d'Israël d'une "extrême considération, presque de la tendresse".

Ce que la communauté internationale donne à Israël depuis des années, c'est donc de la tendresse. Si c'est cela la tendresse, on a tout à redouter de ce que sera la rudesse ...

En attendant, grâce au Monde, on a déjà les mots d'ordre pour une grande manifestation laïque de soutien aux Palestiniens victimes de leurs islamistes : "à bas Israël, à bas les USA, à bas la tendresse !"

Anatole

11 juin 2007

A. Burg : de "La paix maintenant" à la haine de soi...

Israël entre peut-être dans l'une des périodes les plus pénibles de son histoire : à la désinformation permanente à son encontre, à la médiocrité de son élite universitaire "post-sioniste" et à la haine viscérale dont il est l'objet de la part de centaines de millions, voire de milliards de personnes, s'ajoutent les menaces précises et combinées sur plusieurs fronts, y compris celles de l'Iran et de son Hitler islamiste version XXIème siècle, le boycott des universitaires anglais, la nullité catastrophique du premier ministre Olmert et maintenant les coups de poignards dans le dos de la part de l'ancien leader de "La Paix maintenant", Avraham Burg qui face à la réalité des risques de "maintenant la guerre" choisit de cracher sur son pays, donnant à la haine anti-juive et anti-israélienne une formidable occasion de se déchaîner, bien meilleure occasion en vérité que celle fournie récemment par ces rabins anti-sionistes délirants qu'on a vu soutenir Arafat puis Ahmadinejad puisque cette fois c'est un monsieur bien comme il faut, ancien président de la Knesset, qui affirme, je cite Burg : "Avoir défini l'Etat d'Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte", et que la loi qui permet à tout Juif de venir vivre en Israël est "le miroir de l'image d'Hitler".

Autrement dit, pour ce pacifiste sans complexe, le message à envoyer aux ennemis du peuple juif revient à ceci : "ne vous donnez pas la peine d'essayer de nous détruire, nous allons le faire nous-même".

Les anti-israéliens sont toujours prêts à dénoncer le soi-disant retournement par lequel les anciennes victimes seraient devenus les nouveaux bourreaux --- s'estimant au passage suprêmement intelligents d'avoir réussi à simplement concevoir l'idée même d'un tel retournement --- inutile de dire que Burg échappera à leurs critiques et sera au contraire glorifié pour son "courage" et sa "lucidité"...

Quel courage ? celui certes de se mettre à dos une partie du peuple qu'il méprise mais de devenir d'un autre coté la nouvelle star française de l'anti-israélisme que se disputeront nos médias ? Car je suis prêt à prendre les paris : d'ici quelques mois, Burg sera devenu l'incontournable "référence" française sur Israël...

Quelle lucidité ? En quoi venir alimenter le délire anti-israélien aurait-il le moindre rapport avec une critique lucide sur la politique menée par le pays qu'il trahit ? Nous avions déjà Edgar Morin, Théo Klein, Levy-Leblond, Esther Benbassa, Rony Brauman, Etienne Balibar ou Alain Badiou, nous n'avions encore rien vu : voici venir Avraham Burg.

Mais il se trouve que le peuple juif en a vu d'autres, et Burg qui prétend, en parlant des israéliens, "nous sommes déjà morts", ne fait en réalité, à 52 ans, que parler de sa propre vie intellectuelle. Nous avons quant à nous la chance de bénéficier des analyses de nombres de penseurs bien vivants : on peut suivre leurs conférences sur le site http://www.akadem.org, ou lire leurs livres (citons par exemple S. Trigano, G. Huber, R. Draï, D. Sibony, A. Yehoshua...) , ou les écouter à la radio. Ainsi, ce mois-ci (juin 2007), nous pouvons retrouver Alain Finkielkraut chaque dimanche à 13h30 sur RCJ (94.8 FM à paris, ou sur internet http://www.radiorcj.info/).

Face aux délires de Burg (qui comme presque tout délire contient aussi des petits morceaux de vérité), le premier mouvement des amis d'Israël sera peut-être de s'en tenir à la colère et au mépris. Je me demande s'il ne faudra pas aussi, dans une certaine mesure, tâcher de répondre calmement, de façon argumentée, à ces délires, comme s'ils s'agissaient-là de véritables arguments de la part de Burg, puisque c'est ainsi qu'ils seront reçus par une grande partie de l'opinion auprès de laquelle la propagande anti-israélienne a si bien été relayée. C'est assez dégoûtant, et c'est peut-être une perte de temps et d'énergie, mais d'un autre coté c'est peut-être aussi l'occasion de réflechir plus avant sur les questions essentielles concernant l'avenir du peuple juif.

Et je profite de l'occasion pour recommander à nouveau la lecture du "Controverse n°4" sur les "Alterjuifs" (éditions de l'Eclat); et aussi, d'Avraham B. Yehoshua, "Israël, un examen moral" (livre de Poche), même si nous ne sommes pas nécessairement d'accord avec toutes ses analyses.

Bon courage à tous

Anatole

Sur Burg, récapitulatif et références :

1. En août 2003, Burg publie un texte dans le Yediot Aharonot. Une traduction française en est proposée par G. Eizenberg (La Paix Maintenant) sous le titre "La société israélienne s’effondre et ses leaders gardent le silence", on peut la lire ici :

http://www.upjf.org/detail.do?noArticle=5807

2. Le même texte est publié par Le Monde, le 11 septembre 2003, avec une traduction de Lucien Lazare, sous le titre "La révolution sioniste est morte". On peut lire cette traduction ici :

http://web.radicalparty.org/pressreview/print_right.php?func=detail&par=6667

Ce texte est récemment (avril 2007) repris dans un recueil éponyme édité par Warchawsky.

http://www.france-palestine.org/article6092.html

3. Toujours en septembre 2003, Burg publie dans Al-Quds une "lettre à mes amis palestiniens", traduite en français par Albert Capino, qu'on peut lire ici :

http://www.upjf.org/detail.do?noArticle=5927

4. Le livre de Burg, Defeating Hitler, est à ma connaissance sorti uniquement en Israël, il y a quelques jours, début juin 2007.

2. A la suite de quoi Burg a fait l'objet de plusieurs pages dans Haaretz, le 9 juin 2007, et l'on peut lire son interview par Ari Shavit en anglais, sous le titre "Leaving the Zionist ghetto" sur

http://www.haaretz.com/hasen/spages/868385.html

3. Cette interview a été relayée, le 9 juin 2007, et partiellement traduite en français par Alain Gresh, à la fois pour le quotidien libanais L'orient, Le jour, pour le Monde Diplomatique et pour son propre blog :

http://blog.mondediplo.net/2007-06-09-Abandonner-le-ghetto-sioniste-un-livre-bombe-d

4. Toujours le 9 juin 2007, elle a également fait l'objet d'un compte-rendu dans Le Monde, par Bôle-Richard (sous le titre "Nous sommes déjà morts" : Avraham Burg attaque l'Etat juif, "ghetto sioniste")
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-921015,0.html

19 mars 2007

Mermet diffuse des propos assimilant les Juifs, Sarkozy et Hitler

Ce que j'ai entendu sur France Inter cet après-midi au début de l'émission de Daniel Mermet et qui est reproduit plus loin demande une réaction immédiate (nous aurons l'occasion de revenir sur Daniel Mermet prochainement, à l'occasion des louanges adressées par le journaliste à Edgar Morin, interviewé par lui sur France Inter le 17 janvier 2007). J'ai adressé une copie de la présente lettre à Mermet, je suis presque certain qu'il ne me répondra pas, à moins qu'il me fasse savoir que je suis un "sioniste intégriste", comme il désigne sur le site de France Inter ceux que les propos honteux de Morin assimilant "les juifs" et les nazis ont profondément choqué.

On se souvient que lors des émeutes de novembre 2005, une bande d'émeutiers filmée par Canal + avait scandé "Sarkozy sale Juif !", ce que la chaîne cryptée, venant à l'aide du télespectateur gêné par une bande son de qualité médiocre, avait sous-titrée "Sarkozy fasciste". On sait combien l'accusation "Sarko facho" est devenu un leitmotiv de cette campagne, à l'image de ce site "anti-Sarko"(http://sarkononmerci.fr/), un parmi des centaines, illustré par une photo où Sarkozy semble faire le salut hitlérien.

On se souvient aussi que, le 13 novembre 2006, Daniel Mermet avait chaleureusement salué dans son émission les propos objectivement délirants de Pierre Vidal-Naquet selon lesquels Israël procédait à "l'extermination des peuples soumis". Nous avions alors téléphoné pour laisser sur le répondeur de cette émission un message exprimant notre étonnement. Notre message n'avait pas été diffusé à l'antenne.

C'est une évidence, l'animateur de radio doit faire un choix parmi les messages reçus. C'est encore une évidence, Mermet, sauf ce qu'il faut d'exceptions-alibi "prouvant" son pluralisme, choisit généralement des propos auxquels il adhère.

Ces divers rappels pour dire que, malheureusement, nous ne sommes pas trop surpris que Mermet ait choisi aujourd'hui, 19 mars 2007, de diffuser le propos reproduit ci-après, dans lequel un auditeur de "Là-bas si j'y suis" se livrant à un exercice de politique-fiction sur le dos de Sarkozy (pourquoi pas ?), lit une nécrologie imaginaire de Sarkozy, que je cite maintenant in extenso (la fin en est soulignée par moi) :


Nicolas Sarkozy, homme politique français. Nicolas Sarkozy est un homme de petite taille qui fût élu président de la République française au début du XXIème siècle avec 82% des suffrages. Nicolas Sarkozy s'était octroyé les votes des français en s'adressant à eux dans les termes les plus stupides et les plus crus. Le règne de Sarkozy fut marqué par de graves crises sociales, une repression féroce des masses populaires et une corruption effrénée. Dépassant largement les ambitions de Margaret Tatcher en Angleterre dans les années 80, la politique libérale de Sarkozy restera comme une période noire de l'histoire de France. Atteint d'une psychose caractérisée par la succession à intervalles réguliers d'accès de manie ou de mélancolie, la croisade militaire que Sarkozy mena au Proche-Orient et qui avait pour objectif de reconstruire le temple de David à Jerusalem déboucha sur la plus dévastatrice des guerres de religion. La mort de Sarkozy reste un mystère. Officiellement suicidé dans son bunker, son corps n'a cependant jamais été retrouvé.

Vous avez bien lu, l'auditeur dont le message a été diffusé par Memet pose une équation qui signifie précisément et exactement : Espoir des Juifs = Sarkozy = Hitler.

Certes, ce refrain-là, cet amalgame ignoble, on n'arrête pas de l'entendre. Que nous votions à gauche ou à droite, que nous soyons juif ou non, nous n'avons pourtant pas le droit de nous y habituer.


Anatole

08 décembre 2006

Un modéré...

C'était Libération, du temps de Serge July, c'était à la fin janvier 2006, j'entendais pour la première fois parler d'Ismaël Haniyeh.

L'ancien secretaire du chef "spirituel" de Hamas, A. Yassine, était en effet l'objet d'un article présentant M. Haniyeh comme le premier ministre pressenti du gouvernement Hamas.

Même si le mot "frère" utilisé pour désigné M. Haniyeh sans expliquer au lecteur que cela voulait dire "frère musulman", c'est-à-dire membre d'une organisation islamiste antisémite historiquement proche du nazisme, l'article prenait du moins la précaution de mettre des guillemets au mot "modéré" employé pour décrire la façon dont M. Haniyeh était considéré par les autres terroristes.

Le titre de l'article, choisi on peut le penser non par le rédacteur de l'article (un intérimaire) mais par la rédaction, présentait, sans guillemets, M. Haniyeh comme un modéré ! En somme, un islamiste antisémite terroriste... modéré (curieusement, le titre en question ne figure plus dans les archives éléctroniques du journal) !

De même, Le Monde Diplomatique contient-il toujours en ligne son article de juin 2006 où l'on peut lire qu' "un modéré, M. Haniyeh, a été choisi comme premier ministre".

Libé, Le Diplo, et tous ceux qui ont essayé de nous vendre l'islamisme modéré feront-t-ils un correctif après les dernières déclarations du "modéré" M. Haniyé en visite aujourd'hui 8 décembre 2006 à Téhéran, après un passage par Damas, selon lesquelles le Hamas ne reconnaîtrait jamais Israël (désigné comme "entité sioniste") ? Je cite M. Haniyeh :

«Les arrogances américaine et sioniste exigent de nous que nous approuvions l'usurpation des terres palestiniennes et que nous arrêtions la guerre sainte et la résistance et que nous acceptions les accords obtenus par l'ennemi sioniste par le passé [...] J'insiste depuis ce pupitre. Tout cela n'arrivera pas. Nous ne reconnaîtrons jamais le gouvernement sioniste usurpateur et nous continuerons notre guerre sainte jusqu'à la libération de Jérusalem»






03 novembre 2006

L'Affaire

Ce midi, le journaliste de France-Inter qui interviewait un responsable israélien concernant l'accusation faite par Médecins du Monde contre l'armée israélienne d'avoir visé et tué des femmes palestiniennes, des civiles, semblait avoir quelque difficulté à recevoir les explications dudit responsable (pourtant en très bon français, ce qui n'est pas étonnant étant donné la place éminente d'Israël au sein de la francophonie réelle, sinon officielle), à savoir : d'une part des combattants palestiniens du Hamas se sont déguisés en femmes, et d'autre part le Hamas a appelé les femmes à descendre dans la rue, les terroristes se mêlant à elles (selon une tactique maintenant bien éprouvée visant à la fois à gêner la riposte israélienne et à mettre au service de la propagande anti-israélienne la mort de civil(e)s; lire à ce sujet cet article de Daniel Sibony).

C'est que nos compatriotes ne semblent guère conscients des ressorts de la propagande anti-israélienne, et cela nous conduit à reparler de "l'Affaire".

Disons-le d'emblée, la condamnation récente de M. Karsenty responsable du site internet http://www.m-r.fr, attaqué pour diffamation par la chaîne de télévision publique France 2 et par le journaliste franco-israélien Charles Enderlin pose un certain nombre de questions fort graves concernant notre démocratie.

Dans un article du Figaro du 14 septembre 2005, P. St Paul affirmait que Mohammed Al-Doura était mort "sous les balles israéliennes". De même, lors de son émission consacrée à Tsahal du 12 octobre 2006 dernier, Patrice Gélinet affirmait que la mort d'un enfant palestinien le 30 septembre 2000 à Netzarim avait nui à l'image de l'armée israélienne, suggérant que celle-ci était responsable de cette mort. Ces journalistes ne faisaient à chaque fois que reprendre l'opinion commune, dont la source est connue : le commentaire initial fait par Enderlin sur France 2 le soir même du 30/09/2000, commentaire accusant les tirs israéliens d'avoir ciblé l'enfant.

Moi, je n'était pas à Netzarim ce jour-là, et je n'ai eu accès qu'à une petite partie des enquêtes ayant été menées sur le sujet, donc je ne me prononcerai pas sur le fond. Mais je veux dire haut et fort que la condamnation de Karsenty ne doit pas nous impressionner au point de cesser de nous interroger sur le fonctionnement des médias et, à présent, sur celui de la justice de notre pays dans cette affaire.

Le fait est que, comme le montre l'exemple de St Paul ou de Gélinet, "les gens" croient que l'armée israélienne a ciblé et tué Mohammed Al-Dura ce jour-là. Or, Arlette Chabot, directrice de l'information sur France 2, a déclaré sur une radio française, en novembre 2004, que l'on ne pouvait pas affirmer cela. C'est donc que cette déclaration n'a pas eu auprès de l'opinion la diffusion qu'elle aurait dû. De même, le grand public (et cela semble inclure nombre de journalistes) ignore-t-il les déclarations de deux journalistes français connus qui affirment avoir vu, sur les images tournées le 30/09/2006 par le cameraman palestinien de France 2, des palestiniens faisant semblant d'être blessés et rapportent le commentaire d'un responsable de la chaîne pour qui "ils font toujours ça ces gamins".

Et il n'est pas non plus nécessaire de s'être trouvé à Netzarim le 30/09/2006 ni d'avoir de certitudes quant à ce qui s'y est passé pour constater que l'article paru le 16 septembre dans le Figaro après les réquisitions et avant le jugement rend assez étonnant ce dernier, contraire à l'avis du procureur qui, jugeant l'enquête de Karsenty "ni baclée, ni partiale", avait requis la relaxe.

Je pense que cette affaire est grave, et j'invite chacun à consulter les nombreux documents disponibles sur le sujet et à se faire ainsi sa propre opinion. Outre les liens donnés ci-dessous, nous reproduisons ci-après une lettre que nous a fait parvenir G. Huber, ainsi qu'un court extrait du livre de dialogue entre E. Schemla et P. Boniface, paru récemment.

Déclaration d'Arlette Chabot du 16/11/2004
Images et interview de Talal Abou Rame (le cameraman)
Articles récents de La Mena (27/10/2006 et 30/10/2006) et dossier de Serge Farnel
Articles de Karsenty
Debriefing.org
UPJF
Primo
Wikipedia
Google

* Une lettre de G. Huber, en date du 1/11/2006 :

À PROPOS DES IMAGES DE LA MORT DE MOHAMED AL DURA

Par Gérard Huber, écrivain, psychanalyste
Auteur de Contre-expertise d’une mise en scène (Éditions Raphaël, Paris, 2003)


Dans le Jugement du 17 octobre 2006 (Affaire France 2+Enderlin / Karsenty),
la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris a mentionné à plusieurs
reprises mon livre Contre Expertise d’une Mise en Scène, paru en 2003. C’est
pourquoi, je crois devoir donner quelques précisions.

1. Sur la question de la « cible »

Voici les paroles de Charles Enderlin qui a commenté les images en
provenance de Netzarim (Bande de Gaza), le 30 septembre 2000, : « Ici Jamal
et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne…
Mais une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé »,

Le mot « cible » signifiant le « but que l’on vise et contre lequel on tire
» (définition du Petit Robert), tous les téléspectateurs ont donc pensé que
l’enfant n’avait pas été tué accidentellement, mais qu’il avait bien été
visé, avant que d’être tué par l’armée israélienne.

Il faut rappeler que Charles Enderlin n’était pas sur place. C’est le
caméraman Talal Abu Rahma qui a capturé les images et qui a été témoin de la
scène. Or celui-ci a démenti, le 30 septembre 2002, avoir jamais dit que
l’armée israélienne avait tué l’enfant « intentionnellement et de sang-froid
», tout en affirmant que « d’où j’étais, je voyais que le tir venait de la
position israélienne »..

Il était donc possible de remettre en cause l’interprétation que Charles
Enderlin avait donnée de ces images sans pour autant douter de sa bonne foi.


2. Sur la question de la mise en scène palestinienne

Pour parvenir à cette hypothèse, j’avais multiplié mes sources. J’avais lu
tout ce qui avait été écrit sur le reportage, étudié les déclarations,
articles et documents disponibles en provenance des Palestiniens, les
résultats et commentaires de l’enquête israélienne, les articles de
journalistes israéliens, le documentaire de la journaliste allemande Esther
Schapira réalisé en 2002, puis visionné tous les rushes que détenait
l’enquêteur israélien (dont certains de Reuters et les 2 minutes et demi du
reportage de France 2, donnés à l’armée israélienne).

J’ai alors conclu qu’il n’y avait pas eu de commission d’enquête digne de ce
nom ni du côté palestinien ni du côté israélien et que personne n’était
capable de donner une version cohérente et sans faille de ce qui s’était
passé, le 30 septembre 2000, à Netzarim. J’ai aussi appris que Charles
Enderlin avait toujours affirmé qu’il avait coupé les images de l’agonie de
l’enfant, parce que « c’était trop insupportable », alors que ceux qui ont
visionné les rushes de France 2 affirment - semble-t-il – qu’ils ne montrent
aucune image de cette agonie. Puis, j’ai découvert, comme beaucoup de
journalistes après moi, qu’il avait existé une propension des Palestiniens à
mettre en scène et à filmer des « jeux de guerre » et non des faits de
guerre, ce jour-là, sur place, au même moment. Enfin, après avoir procédé à
de nombreux arrêts sur les images de la mort du petit Mohamed, j’ai constaté
qu’il n’y avait pas de trace visible d’impact de balles ni de sang sur les
corps de l’enfant et de l’adulte et repéré des procédés techniques pouvant
indiquer une mise en scène.



Voilà pourquoi, il était rationnel de croire en la bonne foi de Charles
Enderlin et de penser, en toute bonne foi, que les images de la mort filmée
de Mohamed Al Dura pouvaient être une mise en scène palestinienne.

G.H.



* Extrait de Halte aux feux, de P. Boniface et E. Schemla, Flammarion.

p. 246 : E. Schemla : "Certes, c'est Charles Enderlin qui lance inconsidérément l'accusation dans son commentaire du scoop. Mais en quelques jours, l'AFP l'endosse et la présente désormais comme un acquis. Alors que le seul comnentaire convenable, jusqu'à aujourd'hui, reste que l'enfant a été pris dans des tirs croisés [...]" et quelques lignes plus loin : "dès le départ, la présentation médiatique d'une Intifada de petits jeteurs de pierres était un montage dont les éléments d'appréciation se trouvaient sous notre nez."

18 octobre 2006

"Petit tour des murs"

Dans le métro parisien, ce mercredi, je parcours le journal gratuit 20 minutes. En première page, à l'occasion de l'édification par l'Arabie Saoudite d'une "barrière pour se protéger de l'Irak", est annoncé en page 13 un "petit tour des murs".

Tiens, me dis-je, nous allons découvrir que le dispositif établi par Israël, une barrière électronique prenant sur quelques pourcents de sa longueur la forme impressionante d'un haut mur de béton, n'est pas la seule réalisation de ce genre dans le monde et, outre le projet arabe qui constitue l'info du jour et la barrière américaine face au Mexique mentionnée dès la première page, on va nous parler de quelques autres auxquelles la comparer en longueur, en hauteur, en coût, en motivations ou en conséquences : on va certainement nous parler, donc, des 6 murs édifiés par le Maroc à la frontière du Sahara sur une longueur de près de 3000 km, de la barrière entre les deux Corées, de celle entre Chypre et la Turquie, de celle construite en Irlande du Nord, ou encore de la barrière entre l'Inde et le Pakistan, ou bien de celle séparant le Botswana du Zimbabwe, toutes ces barrières ou murs (voir les photos) dont on ne peut pas dire qu'ils aient mobilisé contre eux les faiseurs d'opinion quand, des années durant, le dispositif anti-terroriste israélien se trouvait lui quotidiennement dénoncé par les journalistes, par les politiques, jusqu'à la "justice internationale" : ceux-ci ayant tout ce temps totalement ignoré tous ces murs et barrières, ils auraient enfin l'occasion, grâce à 20 minutes, de rattraper leur retard et de s'interroger sur les poids et mesures de leurs dénonciations.

Eh bien non : une page entière est consacrée par 20 minutes à ce "tour des murs", mais... la demi-page supérieure ne parle pour moitié que du projet arabe et de la barrière américaine, et pour moitié de la barrière israélienne, décrite comme une "barrière de béton" qui couvrirait déjà "plus de 362 km" (alors que la partie "mur en béton" ne fait en réalité que quelques km), l'ensemble de cette demi-page se trouvant illustrée par une photo du mur à Qalqilya (Judée-Samarie), tandis que la deuxième demi-page est elle entièrement consacrée à Qalqilya, où Israël est accusé d'avoir, avec le mur antiterroriste, transformé cette ville "réputée modérée" en bastion du Hamas.

Récapitulons : 75% de cette page consacrée au "tour des murs" du monde est en fait entièrement dévolue à la barrière israélienne, avec à son sujet une affirmation fausse (la longueur de la partie en béton) et une analyse contestable (la source de l'extrémisme palestinien, c'est Israël)...

Bravo 20 minutes : un effort de mémoire et je me souviens que l'info du jour était la construction d'une barrière électronique par l'Arabie Saoudite, mais le sentiment du lecteur à la lecture de ce quotidien n'est-il pas, dans le meilleur des cas, qu'Israël est le leader en la matière, le mauvais exemple malheureusement suivi, de loin, par d'autres...

08 octobre 2006

Redeker (II)

Chaque jour, nous pensons à R. Redeker.

Au-delà de la question générale de la liberté d'expression, pour nous valeur fondamentale y compris par ses limites qu'il appartient à la loi de tracer, le scandale de la fatwa dont il est victime est surtout l'occasion malheureuse d'aborder la question difficile suivante : devons-nous, face aux extrémistes de tous poils, nous en tenir à un "toutes les religions se valent" (voire, car nous l'avons aussi entendu : "toutes les opinions se valent" !) bien commode puisqu'il ne suppose aucune espèce d'examen sérieux de ce dont on parle ?

Pour avoir soutenu que non, Redeker voit son texte qualifié par ceux de ses adversaires qui sont dans la place de "nauséabond" : ceux-là "soutiennent" Redeker au nom de la liberté d'expression tout en se bouchant le nez (voire en examinant, tel le mrap, les possibilités de porter plainte contre lui...). Ainsi ce professeur de l'EHESS (encore l'EHESS ? mais oui, évidemment), Bauberot, s'est-il fendu dans Le Monde du 6/10/06 d'un article comparant Redeker à Drumont, article justement dénoncé par Caroline Fourest sur son site "Prochoix" :

http://prochoix.org/cgi/blog/2006/10/07/931-robert-redeker-ignoblement-injurie-et-diffame-par-jean-bauberot-antoine-peillon

On lira d'ailleurs avec intérêt les autres articles de Prochoix consacrés au soutien à Redeker, qui montrent notamment comment l'extrême-doite (où ceux qui utilisent le terme "nauséabond" voudraient faire croire que se situe le philosophe des "Temps Modernes"), qu'elle soit catholique ou nationaliste, considère Redeker (comme un ultra-gauchiste) :

http://prochoix.org/cgi/blog/2006/10/02/913-l-extreme-droite-fascisante-se-rejouit-du-sort-de-redeker

http://prochoix.org/cgi/blog/2006/10/02/912-l-extreme-droite-catholique-attaque-redeker-pour-ses-liens-avec-l-ultra-gauchiste-caroline-fourest


Si votre système informatique vous le permet, vous pourrez d'ailleurs entendre et voir des extraits d'une émission de France 3 où Bauberot s'en prend à Redeker, mais aussi entendre Romain Goupil, Caroline Fourest, etc. :

http://www.dailymotion.com/prochoix/video/xgnbz_redeker-liberte-dexpression


"Nauséabond", le terme est également utilisé à propos de l'article de Redeker par Julie Clarini, coproductrice de l'émission "Du grain à moudre" sur France Culture, au cours de l'émission du 6 octobre dernier qui recevait A. Medeb et A. Finkielkraut, à ré-écouter (ou à télécharger (podcast) pour le conserver dans vos archives) pendant une semaine sur

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=45832

(Soit dit en passant, à ceux qui trouvent que Finkielkraut est bavard et ne laisse pas parler ses interlocuteurs, A. Medeb, pour qui nous avons une grande admiration malgré certains désaccord, entre par contre exactement dans cette description)

Nous n'avons pas retrouvé, sur la page désordonnée de RCJ (http://www.radiorcj.com/), l'enregistrement de l'émission très intéressante au cours de laquelle, mardi 3 octobre 2006 dernier, Finkielkraut donnait son analyse de l'affaire Redeker. Nous y avons par contre entendu Patrick Klugman, d'où le message suivant que nous lui avons fait parvenir :

A l'attention de Patrick Klugman,
suite à sa chronique du 6/10/06 consacrée à la fatwa contre R. Redeker
http://www.tv-radio.com/ondemand/rcj_od/klugman6oct.asx

Cher monsieur,

Débattre du texte de Redeker, dites-vous : volontiers, car pour le moment (dans une chronique de quelques secondes, il est vrai) vous n'apportez pour votre part strictement aucun argument contre ce texte dont vous dites qu'il ne contient aucune démonstration ni citation, ce qui est faux, et qu'il oppose "les uns aux autres" les trois monothéismes, ce qui est également faux.

Ce texte, que plusieurs qualifient de "nauséabond", est pourtant extrêmement proche du contenu de l'interview d'A. Medeb dans Libération du 23/09/06, je cite Medeb : " Nous avons à faire à un Prophète qui a été violent, qui a tué et qui a appelé à tuer. La guerre avec les Mecquois fut une guerre de conversion. Il y a eu aussi la guerre avec les juifs et le massacre des juifs à Médine, décidé par le Prophète." Libre à vous de vous accrocher à l'idée que "toutes les religions se valent", libre à moi de trouver ce genre de position bien-pensante naïve et "contre-productive".

Bien à vous,

Anatole

29 septembre 2006

Redeker (I)

Voici un certain nombre de documents relatifs à la fatwa contre Redeker :

I. texte de l'article de R.R.
II. Extraits de l'interview, parue dans Libération du 23/09/2006, d'Abdelwahab Meddeb, universitaire, producteur de l'émission "Cultures d'islam" sur France Culture, chaque dimanche de 18h10 à 19h.
III. Dossier de l'UPJF sur la fatwa contre R. Redeker, en cinq points.




I. texte de l'article de R.R. paru dans le Figaro du 19/09/06.




Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.

L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.

Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.

Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein.


II. Extraits de l'interview, parue dans Libération du 23/09/2006, d'Abdelwahab Meddeb, universitaire, producteur de l'émission "Cultures d'islam" sur France Culture, chaque dimanche de 18h10 à 19h.

[...] L'un des pays musulmans censé être le défenseur de l'islam de la manière la plus forte, l'Arabie Saoudite, a sur son drapeau la profession de foi islamique, avec des lettres tellement allongées qu'elles deviennent des lances agressives, et en dessous le glaive. Pour construire un monde en commun dans le respect de la diversité, il faut un dialogue, qui ne doit pas être de complaisance. La question de la violence de l'islam est une vraie question [...]

Question : La violence dans l'islam est-elle une réalité ?
Les musulmans doivent admettre que c'est un fait, dans le texte comme dans l'histoire telle qu'ils la représentent eux-mêmes, en un mode qui appartient plus à l'hagiographie qu'à la chronique. Nous avons à faire à un Prophète qui a été violent, qui a tué et qui a appelé à tuer. La guerre avec les Mecquois fut une guerre de conversion. Il y a eu aussi la guerre avec les juifs et le massacre des juifs à Médine, décidé par le Prophète.

Question : Que dit précisément le Coran ?
Il est ambivalent. Il y a le verset 256 de la deuxième sourate qui dit «point de contrainte en religion». Mais aussi les versets 5 et surtout 29 de la sourate 9, «le verset de l'épée», où il est commandé de combattre tous ceux qui ne croient pas à «la religion vraie». L'impératif qâtilû, que l'on traduit par «combattez», utilise une forme verbale dont la racine qatala veut dire «tuer». Le verset 5 est explicitement contre les païens et les idolâtres, aménageant, en revanche, une reconnaissance aux scripturaires, aux gens de l'écriture. Le verset 29, lui, englobe dans ce combat les scripturaires désignant nommément les juifs et les chrétiens. C'est le verset fétiche de ceux qui ont établi la théorie de la guerre contre les judéo-croisés. L'islamisme est, certes, la maladie de l'islam, mais les germes sont dans le texte lui-même.

[...]

http://www.liberation.fr/transversales/weekend/206211.FR.php

Dernier ouvrage d'Abdelwahab Meddeb : Contre-prêches, Seuil, 2006.

III. Dossiers de l'UPJF

1. Affaire Redeker: le droit d'expression à l’épreuve de l'intimidation islamiste, par J.P. Bensimon
2. Menacé de mort et entré dans la clandestinité, R. Redeker écrit à André Glucksmann
3. Redeker sous le coup d’une fatwa mortelle: «C'est dur de devoir tout à coup me cacher»
4. Le cas du professeur "fatwaïsé" largement évoqué dans deux JT de France2
5. Avant le cas Redeker, il y eut (il y a encore…) le cas Chagnon

A lire sur le site : http://www.upjf.org/

24 septembre 2006

Courrier des lecteurs : à propos du départ des Juifs d'Irak pour Israël

Suite à notre article du 29 mai 2006, Anatole: Ne pas laisser passer concernant les accusations faites contre Israël par P. Stambul, lors d'un colloque du MRAP, à propos du départ des Juifs d'Irak dans les années 1950 [selon ces accusations, le Mossad aurait effectué des attentats contre des lieux juifs en Irak afin de favoriser le départ des Juifs pour Israël (rappelons aussi qu'en avril 2002, José Bové, qui s'est rétracté par la suite, faisait référence à ces accusations pour lancer l'hypothèse que le Mossad aurait commandité les attaques contre des synagogues en France)], nous avions reçu à l'époque plusieurs commentaires que nous avions publiés; trois nouveaux messages nous sont parvenus à ce sujet hier, d'un internaute qui dit s'appeler Naiem Giladi. Voici son message :

J'ai écrit cet article [Comment les Britanniques et les sionistes ont provoqué l'exode de 120 000 Juifs d'Iraq après 1948] pour la même raison que j'ai écrit mon livre [Ben-Gurion's scandals] : pour dire au peuple usaméricain, et particulièrement aux juifs usaméricains, que les juifs des pays musulmans n'ont pas émigré volontairement en Israël ; que, pour les forcer à partir, des juifs ont tué des juifs ; et que, pour gagner du temps afin de confisquer toujours plus de terres arabes, les juifs ont rejeté à de nombreuses reprises de véritables initiatives de paix de leurs voisins arabes. J'écris au sujet de ce que le premier Premier ministre d'Israël a appelé le « sionisme cruel. » J'écris à son sujet parce que j'en faisais partie.

Je ne doute pas qu'un Juif originaire d'Irak du nom de Naeim Giladi écrive des livres et des articles hostiles à Israël : on sait que, malheureusement, les accusations de la propagande irakienne de cette époque contre le Mossad ont été favorablement reçues par une partie des Juif irakiens, surtout après les difficultés d'intégrations que nombre d'entre eux ont connu en Israël (voir l'article de Haïm Saadoun intitulé "Y a-t-il eu une provocation "sioniste" en Irak pour encourager l'émigration des Juifs d'Irak" publié dans L'exclusion des Juifs des pays arabes, Pardès n°34).

Or, il n'est pas nécessaire de supposer que le Mossad n'aurait jamais fait de coups tordus pour comprendre ce qu'il en est du discours de Naiem/Naeim Giladi. Avant de dire pourquoi, rappelons tout de même l'une des remarques de Haïm Saadoun : avant même les attentats contre des lieux juifs en Irak dans les années 1950 et 1951, le départ des Juifs vers Israël était si important qu'il n'y avait aucune raison pour Israël de l'encourager. Les raisons de cette fuite étant d'ailleurs assez claires, après le Farhoud (violences antisémites en 1941), puis la guerre à laquelle avait participé l'Irak contre Israël à la création de celui-ci en 1948, la condition des Juifs en Irak était devenue de plus en plus intenable. Le témoignage de Herzlia Lokai de Arbil (L'exclusion des Juifs des pays arabes, p. 209) sur l'enfer qu'elle a vécu dans son pays d'origine dans les années 1948/1950 avant de le quitter pour Israël est à cet égard assez édifiant. Et les tortures que les hommes du pouvoir irakien ont infligées à une petite fille juive de 12 ans, Raymonde Muallem (lire son témoignage, op. cit., p. 205) vingt ans plus tard, à une époque (1969) où il ne reste plus que quelques milliers de Juifs en Irak, montre que cette condition des Juifs d'Irak ne devait certes pas s'adoucir avec le temps.

Ceci étant, voici pourquoi en tout état de cause, sans exclure qu'une petite partie de ses affirmations soient exactes, nous n'accorderons globalement guère de crédit au contenu des livres et articles de Naeim Giladi :

1. Au-delà des accusations ponctuelles contre le Mossad en Irak, Giladi affirme de manière générale que les Juifs des pays musulmans auraient quitté ces pays du fait d'actions menées par les Juifs eux-même. Il occulte ainsi totalement une réalité historique qui, pour être mal connue de nos contemporains, n'en n'est pas moins très documentée : celle des nombreux massacres, persécutions, spoliations dont les Juifs ont été victimes dans l'ensemble du monde arabe avant, pendant et après la création de l'Etat d'Israël. Au livre déjà cité sur L'exclusion des Juifs des pays arabes, ajoutons sur ces questions le livre très accessible de Nathan Weinstock, "Histoire de chiens : la dhimmitude dans le conflit israélo-palestinien", chez Mille et Une nuits (2004).

2. Giladi (ou en tout cas celui qui se présente sous ce nom) nous invite pour lire son article à nous rendre sur un site internet qui s'avère être un site pro-iranien, soutenant Ahmadinejad. Ce site dispose de moyens considérables : de facture très professionnelle, il est proposé aux internautes en anglais, en russe, en chinois, et en français. Il contient des liens vers la chaîne du Hezbollah Al-Manar, il vante l'alliance d'Hugo Chavez et de l'Iran, etc... Ce site violemment anti-israélien contient aussi un lien vers le site du français Dieudonné.

Pour ceux que ça intéresse, il s'agit de http://alterinfo.net/ : nul doute que pour connaître le contenu des prochaines rumeurs anti-juives, la consultation de ce site aux allures "altermondialistes", financé par l'Iran, sera instructive.

02 août 2006

Les vacances d'Anatole

Chers lecteurs,

Anatole prend des vacances : retour en septembre prochain (d'ici là, vos commentaires ne pourront être pris en compte). Une pensée pour ceux qui ne prennent pas de vacances, en particulier pour les soldats israéliens qui sont au premières loges de la guerre contre la barbarie, pour le peuple israélien soumis aux tirs de missiles des terroristes, pour le peuple libanais pris en otage par les mêmes terroristes, pour tous ceux qui dans le monde sont victimes de la barbarie d'organisations fanatiques, en particulier ceux du Darfour, les prisonniers politiques en Corée du Nord (des familles entières soumises aux pires tortures), ceux de Chine et de Russie.

Je rappelle à l'internaute égaré qui serait arrivé par ici à la recherche d'infos et/ou d'analyses plus éclairantes que celles de nos médias habituels, que le site http://www.desinfos.com est probablement le meilleur relais actuel des sites ou blog répondant à cette demande, à commencer par Metula News Agency dont le siège central se trouve à la frontière d'Israël et du Liban dans une zone où se déroulent actuellement de très violents combats. Une pensée particulière pour ces journalistes qui ont choisi de ne pas fuir une zone de guerre particulièrement dangereuse.

Anatole

31 juillet 2006

Colombani contredit "Le Monde"

Alors que "Le Monde" s'est particulièrement illustré par son parti pris anti-israélien depuis plusieurs années et singulièrement depuis l'agression du Hezbollah le 12 juillet dernier contre Israël, je veux saluer le dernier éditorial de Jean-Marie Colombani (Le Monde daté du 01.08.06) : non que je sois d'accord avec l'ensemble du propos, loin s'en faut, mais du fait qu'il contient un certain nombres de vérités dont il serait souhaitable qu'elles soient considérées par l'opinion en général et... par le journal "Le Monde" en particulier. Je voudrais ici insister sur ces aspects, plutôt que sur les parties à mon sens contestables.

Colombani écrit ainsi que la situation internationale "devrait conduire, malgré le drame de Cana, à plus de retenue dans la condamnation quasi unanime d'Israël par les opinions publiques européennes"

Et Colombani de préciser : " en laissant l'Iran et la Syrie installer, via le Hezbollah, de douze mille à dix-sept mille missiles, le Liban a placé Israël à la portée de l'Iran. Pas de n'importe quel Iran : il s'agit de celui d'Ahmadinedjad, dont les propos sur l'existence de l'Etat d'Israël sont sans ambiguïté. Il ne peut donc y avoir aucun doute sur la réalité de la menace qui pèse sur l'Etat juif. C'est pourquoi, de l'Europe à l'Arabie saoudite, en passant par Washington et Le Caire, la plupart des gouvernements ont souhaité le succès de l'offensive israélienne contre le Hezbollah."

Et encore : "Israël, plus que jamais, doit être garanti par ceux-là mêmes, Européens et Américains, qui sont visés à travers lui."


Et finalement cette remarque curieusement formulée :"Le reproche fait à Israël est d'être coupable d'une réaction "disproportionnée" : le problème est qu'Israël doit sa survie en partie à sa capacité à réagir de façon disproportionnée".

Ne revenons pas sur la part prise par le journal dirigé par Colombani dans ces accusations. Mais puisqu'est reconnue qu'Israël doit sa survie à des réactions qualifiées de "disproportionnées", pourquoi continuer à les qualifier de la sorte ?

C'est d'autant moins justifié que les destructions réllement provoquées par Israël, aussi terribles soient-elles, sont considérablement grossies par nos medias, dans le même temps où l'on oublie pratiquement les centaines de milliers de morts du Darfour.

Saluons en tout cas le fait que, face aux enjeux considérables dont il s'agit, Colombani aura, avec les morceaux cités de cet éditorial, évité un déshonneur dont il reste à vérifier, au quotidien, qu'il ne sera pas celui de son propre journal (ce qui pourrait dépendre des aspects de cet éditorial qui en seront retenus).

La France lèche les bottes iraniennes

Dans la prise en otage actuelle des populations israéliennes et libanaises, effectuée par le Hezbollah pour le compte de l'Iran nazie, la France vient de montrer de quoi elle était capable : Monsieur Douste-Blazy, après avoir rendu hommage au président pro-Hezbollah du parlement libanais, vient en effet de déclarer aujourd'hui à Beyrouth que l'Iran était un élément stabilisateur au Proche-Orient.



Lire l'article de Luc Rosenzweig , " Douste-Blazy : Daladier sans Chamberlin" (© Metula News Agency)

Le décès de Pierre Vidal-Naquet utilisé par France 2

L'hommage que France 2 a souhaité rendre ce dimanche soir à la mémoire de Pierre Vidal-Naquet, décédé aujourd'hui 30/07/2006, contient le commentaire suivant : "Pierre Vidal-Naquet aurait certainement participé aux manifestations d'aujourd'hui condamnant Israël".

Cette façon de convier à une manifestation un homme qui vient de décéder a quelque chose de choquant. Mais le choix d'un extrait vidéo où s'exprime l'historien disparu est plus choquant encore, puisque dans cet extrait, Pierre Vidal-Naquet, que son âme repose en paix, désignait Israël comme un "Etat conquérant", et l'accusait au détour d'une phrase d' "extermination des peuples soumis" : en choisissant de diffuser précisément ces propos-là, non seulement hostiles à Israêl, mais proprement délirants (à moins d'entendre par "extermination" un processus par lequel une population connaît une explosion démographique) France 2 met en effet en exergue ce qu'il y aura eu de pire chez cet homme, et non ce qu'il y a eu de meilleur. Mais qu'importe pour France 2 la mémoire de Pierre Vidal-Naquet, l'essentiel n'était-il pas de saisir cette occasion extraordinaire de salir à nouveau Israël en s'appuyant cette fois sur la parole inattaquable d'un Juif, qui plus est décédé ?

30 juillet 2006

Tragédie de Cana : Hollande condamne Israël

" Je condamne, au nom du PS, le bombardement de Cana par les forces israéliennes", a déclaré à l'AFP le Premier secrétaire du Parti socialiste.

A ma connaissance, M. Hollande n'a pas éprouvé le besoin de rappeler que le fait de se servir de civils comme boucliers humains était un crime de guerre. Le journaliste de France 2 qui a fait ce matin l'aller-retour entre Cana et Tyr a confirmé que la population de Cana avait été avertie par les Israéliens, depuis plusieurs jours, qu'il y a aurait des bombardements sur Cana du fait de nombreux tirs de missiles effectués par le Hezbollah depuis cette ville contre le territoire israélien. Rentré à Tyr après son reportage à Cana, ce même journaliste a expliqué le fait que des civils soient restés sur place par la difficulté de pratiquer la route de Cana à Tyr, abîmée par de précédents bombardements israéliens. A se demander si parcourir à pied les 12 kilomètres qui séparent Cana de Tyr n'aurait pas été plus rapide qu'en voiture, y compris pour des enfants qu'on aurait ainsi pu mettre à l'abris.

Monsieur Hollande, le terrible bombardement de la seule ville du Havre par les alliés, en 1944, dont j'ignore s'il se justifiait autant que se justifie aujourd'hui le bombardement par Israël des points de tirs des missiles envoyés son territoire, a fait cent fois plus de morts parmi les civils que le bombardement de Cana. Je me demande donc si ceux qui aujourd'hui, comme vous-même ou le Président Chirac, condamnent Israël, n'auraient pas condamné cent fois plus fermement encore les bombardements alliés, depuis la Normandie jusqu'à Berlin, pour peu qu'on en ait eu des images télévisées ? Je me demande aussi si l'absence de condamnation audible de votre part concernant les massacres d'une tout autre ampleur commis au Darfour par les milices au service de la dictature islamiste du Soudan soutenue par la Russie et la Chine ne s'expliquent pas en partie par l'absence d'images télévisées de ces massacres ?

Post-scriptum 1 : A ma connaissance, M. Hollande ne n'est pas non plus axprimé sur la présence de drapeaux du Hezbollah à la manifestation de soutien au Liban qui s'est déroulée à Paris samedi 29/07/06. Pour avoir un avant-goût de ce qui risque de nous attendre à la rentrée, voici un film de cette manifestation, signalé par balagan.blog-city.com : film de la manif pro-Hezbollah à Paris

Post-scriptum 2 : sept heures sépareraient le raid israélien contre la maison de Cana où a eu lieu le drame et l’explosion meurtrière.

L'Edito de Jean-Edwar Colomiron (pastiche)



L'EDITO de référence,

par Jean-Edwar Colomiron


"Celui qui ne se souvient pas du passé est conduit à revivre ses erreurs", disait souvent Felix Potain, avec cette sagesse que l'expérience seule finit par donner aux hommes. En ces temps inquiétants où des hommes préfèrent la guerre au dialogue, souvenons-nous donc du passé, et en particulier de ces évènements terribles qui ont suivi le débarquement des américains et de leurs fidèles alliés britaniques le 6 juin 1944. Le bombardement des villes normandes avait mis la région à genoux(*). La résistance des militants français desmilices avait toutefois surpris les Américains, qui comme à leur habitude préféraient de toute façon s'en prendre directement aux civils. Pour trouver une solution au conflit, il aurait fallu qu'existât une Société des Nations suffisament forte pour s'interposer entre la France et les Amériques et imposer aux deux parties un accord politique. Malheureusement, à cette époque, la Société des Nations était en miette. On connaît la suite, jusqu'à la destruction totale de l'Allemagne l'année suivante, le suicide en mai 1945 du chef spirituel du parti nazi : une catastrophe humanitaire sans précédent dans l'Histoire, et la désastreuse montée en puissance de l'empire américain.

Mais revenons au présent. Alors que les militants du parti chiite résistent de façon inattendue aux attaques destructrices des Israéliens, il est grand temps que l'ONU se montre suffisament forte pour s'interposer entre les belligérants et imposer aux deux parties un accord politique, dont chacun connaît déjà les grandes lignes : libération par Israël des militants du parti chiite qu'il détient depuis trop longtemps, respect par ce parti enfin revenu à une activité politique apaisée de la promesse de ne plus provoquer inutilement son colérique voisin. Ainsi les hommes montreront enfin le meilleur d'eux-mêmes, et Felix Potain n'aura pas parlé en vain.


Jean-Edwar Colomiron, rédacteur en Chef du Monde du Hezbollah

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(*) Les bombardements alliés en Normandie ont fait 12 000 morts parmi la population de cette région (source : http://www.memorial-caen.fr)

Proportions, suites...

A lire absolument, pour retrouver le sens des proportions, l'article du journaliste libanais Michaël Béhé, en date du 29 juillet 2006 à Beyrouth Ⓒ Metula News Agency

28 juillet 2006

Consensus disproportionnel

Alors que presque tous s'accordent pour accuser Israël d'avoir une riposte disproportionnée, peu se soucient de préciser à qui et à quoi Israël riposte (quand les termes ne sont pas purement et simplement inversés, comme avec ce titre du Monde (29/07/06): "Le Hezbollah réplique aux raids israéliens avec des roquettes de longue portée").

une "réplique" ?

Alors que notre opinion publique s'accorde, informée par les journaux télévisés qui lui montrent les images de "la crise au Liban", pour accuser Israël d'avoir une riposte disproportionnée, peu se rendent compte de la disproportion dans le traitement de l'information lorsque "la crise en Israël" est proportionellement passée sous silence.

Alors que "la communauté internationale" se félicite discrètement de ce qu'Israël fasse le sale boulot, vital pour lui, qui consiste à combattre militairement une organisation militaire terroriste disposant de 12 000 missiles et se servant des populations civiles comme bouclier humain, l'opinion internationale tient plus que jamais Israël en horreur.

Je l'ai déjà dit, on ne peut pas exclure a priori des erreurs de l'armée israélienne, et si des abus sont commis, il faudra les dénoncer. Mais la nature de la menace doit nous inciter à la plus grande prudence : nous sommes aussi dans une guerre de l'information, et il est impossible à qui cherche à se faire une idée aussi objective que possible de ne pas tenir compte du parti pris anti-israélien qu'auront manifesté nos médias depuis des années, parti pris bien documenté par exemple dans les dossiers de l'OMJ.

Lorsque discutant hier devant la Sorbonne avec quelques personnes rassemblées en soutien au Liban j'ai entendu une jeune française, médecin, m'expliquer que les blessures qu'elle avait vues avaient été causées par des bombes à fragmentation, j'ai été troublé : et si c'était vrai ? Je ne connais pas grand chose aux armes, et à vrai dire je doute fort que ce médecin ait les compétences militaires lui permettant de soutenir son affirmation. Comment d'ailleurs exclure que certaines blessures résultent de l'explosion de stock d'armes du Hezbollah, quand on sait que les terrorites islamistes, comptant sur les dommages causés aux civils libanais pour marquer des points dans la guerre des images, se terrent avec leurs armes au milieu des civils ?

Il est légitime que les libanais et leurs amis manifestent leur solidarité avec leur pays meurtris, mais comment expliquer que parmi les affiches disposées là par ces personnes, aucune ne dénonce le Hezbollah ? " Le combat contre le Hezbollah est une affaire interne au Liban", m'a dit une jeune journaliste libanaise que venait d'interviewer une équipe d'Arte... comme si le tir des missiles sur Israël, et depuis vendredi 28/07/06 de missiles Zilzal I d'une portée de 125 km, était une affaire interne au Liban !

Et comment comprendre que, si cette journaliste libanaise se souvenait peut-être, vaguement, avoir vu les milices Hezbollah faire le salut nazi, ce n'était le cas de personne d'autre, pas plus que des membres de l'équipe d'Arte qui réalisait le reportage en question ?

Disproportionnée la réplique israélienne, comme l'affirme le parti socialiste dans ses récents communiqués sur "la crise au Liban", parti qui souhaite également que le Hezbollah puisse "revenir" (!) dans la communauté politique ? Pour en juger, il faudrait déjà répondre aux questions suivantes, posées par Raphaël Barak dans un article récent de Libé :


"que faire, quand les terroristes du Hezbollah, avec l'aide de l'Iran et de la Syrie, cachent plus de 12 000 roquettes et missiles, dans des zones urbaines surpeuplées, dans des villages, dans des maisons habitées et même dans des mosquées ? Que faire quand le Hezbollah se sert de la population libanaise comme bouclier humain et s'installe chez eux pour lancer des roquettes sur Israël ? Israël ne vise pas le Liban mais l'infrastructure terroriste. Il empêche également l'acheminement de roquettes en provenance de l'Iran qui se trouvent, en ce moment même, à la frontière syrienne avec le Liban. Avant chaque attaque, nos forces militaires distribuent des tracts pour demander aux civils de quitter les zones où se trouvent des infrastructures terroristes. Notre armée préfère renoncer à l'avantage de l'effet de surprise, afin d'épargner des vies innocentes."

Finalement, il y a deux consensus différents : d'une part celui de l'opinion publique, partagé et soutenu par une grande partie des médias, des partis politiques et des pouvoirs publics, pour condamner Israël et ses ripostes "disproportionnées" ("comme toujours", précise même un article du Monde) et dont nous risquons en septembre prochain de voir l'expression sous sa forme la plus grossière dans des manifestations hostiles à Israël et au peuple juif; d'autre part le consensus de nombreux chefs d'états, plus discret mais qui se traduira bientôt dans la réalité,quant à la nécessité absolue de désarmer le Hezbollah. De ce coté là, tout le monde semble à peu près d'accord maintenant pour que soit mis en place une force d'interposition internationale avec de véritables moyens (et il en faudra !) pour neutraliser le Hezbollah et permettre au Liban de retrouver sa souveraineté notamment sur le sud Liban. Il semble que la France désire donner le sentiment de vouloir jouer un rôle de premier plan dans une telle force : les combats à venir entre soldats français et troupes du Hezbollah seraient peut-être l'occasion pour l'opinion publique de notre pays de prendre, enfin, conscience de la nature de la menace qui pèse sur les démocraties. A moins que notre pays ne se dégonfle (pschittt...) et préfère continuer à compter sur Israël tout en l'accusant de réponse disproportionnée ?

27 juillet 2006

Lettre au dessinateur Serguei

Lettre ouverte à Serguei (serguei@lemonde.fr), dessinateur au journal "Le Monde".
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le dessin de Serguei


Monsieur,

après la publication par votre journal du dessin que vous avez choisi d'intituler "Mémoire du sacrifice", je me suis rendu sur votre site http://www.serguei.fr/index2.html pour comprendre ce que vous aviez bien voulu dire avec cette botte juive ou israélienne, en tout cas marquée d'une étoile de David, écrasant trois personnages placés dans une posture rappelant la position du Christ sur la croix, croix que l'on retrouve sur le personnage central, signalant que les victimes de l'horrible botte ne sont pas des islamistes du Hezbollah, mais des civils libanais, notamment chrétiens.

Il y a à l'évidence de votre part une analyse très précise de la guerre qui sévit actuellement au proche-orient, et il semblerait que d'après vous "les Israéliens" (ou bien d'ailleurs "les Juifs" ? car je n'oublie pas vos références à la mémoire, au "sacrifice" (?), le Christ en croix, etc. ) massacrent délibérément les hommes, les femmes et les enfants du Liban.

Je n'ignore pas que cette accusation monstrueuse est régulièrement soutenue par votre journal et la plupart des autres médias de notre pays. Elle n'en demeure pas moins monstrueuse, car totalement infondée. Ce n'est pas nier la souffrance des libanais que de dire cela, mais seulement reconnaître que le seul objectif du gouvernement israélien et de son ministre travailliste de la défense est de protéger leur pays en neutralisant une force armée par l'Iran de dizaines de milliers de missiles, force de fanatiques faisant le salut nazi, qui s'appelle le Hezbollah, qui se terre au milieu des civils, qui a installé tout un réseau de postes militaires et de passages sous-terrains dans le sous-sol des maisons du sud liban, dans une stratégie clairement pointée par Monsieur Jan Egeland, chef des affaires humanitaires des Nations unies, lorsqu'il a déclaré lundi 24 juillet dernier :
"le Hezbollah doit cesser de se fondre lâchement (...) parmi les femmes et les enfants (...) J'ai entendu qu'ils étaient fiers parce qu'ils avaient perdu très peu de combattants et que ce sont les civils qui subissent le plus gros (des attaques). Je ne pense pas que quiconque devrait être fier d'avoir plus de morts parmi les enfants et les femmes que les hommes armés"((lire la dépêche AP))
déclaration que votre journal (dit de "référence" !) semble ne pas avoir reproduite, malgré son importance.

Dans le même ordre d'idée, je pense à la remarque simplement logique d'un membre de la diplomatie de l'un des pays dont un soldat de l'ONU est mort avant-hier suite à une dramatique erreur israélienne, je crois que c'est un finlandais, en substance : "Israël n'a aucun intérêt à se rendre impopulaire en bombardant volontairement des soldats de l'ONU, et tout indique qu'il s'agit effectivement d'une erreur, comme il s'en produit malheureusement dans toutes guerres". A moins de penser que les Israéliens sont sous l'empire du Mal (votre confrère Philippe Val, de Charlie Hebdo, qui en terme de caricatures est probablement au moins aussi compétent que vous, a écrit un édito sur ce thème que je me permet de reproduire à votre intention à la suite de ce courier), dites-moi quel intérêt Israël aurait à s'attaquer délibéremment à des civils innocents (je ne parle pas des combattants en tenue civile, probablement comptés comme civils) plutôt qu'aux forces du Hezbollah ?

Monsieur, sur votre site, un site sympa, cool, humaniste, et pacifiste, j'ai lu une sorte de poème comportant cette phrase :" toute mort est un génocide".

Voulez-vous donc dire que la mort de Hitler est un génocide ? Ou que la mort naturelle dans son lit d'un très vieil homme heureux d'avoir eu une belle vie est un génocide ? Vos dessins sont inquiétants, mais la légèreté avec laquelle vous utilisez le mot "génocide" l'est tout autant.

"toute mort est un génocide..." écrivez-vous dans votre poème. Voulez-vous dire que lorsque mon oncle, juif et résistant, s'est attaqué aux soldats nazis et a peut-être tué certain d'entre eux, il a commis un génocide ?

Que voulez-vous dire, Monsieur ?

Votre poème, sur votre site, par son humanisme affiché, montre que vous n'êtes pas le mauvais bougre. Les pacifistes comme vous ne sont jamais de mauvais bougres. En 1940, mon oncle n'était pas pacifiste, puisqu'il participait à la Résistance, armes à la main : les pacifistes, eux, acclamaient Pétain.... A cette époque il y a eu l'Affiche Rouge, par laquelle la propagande nazie a tenté de faire passer de véritables résistants pour des terroristes. Aujourd'hui, la propagande ne vaut guère mieux qui tente de faire passer de véritables terroristes pour des résistants (tous les jours, votre journal et d'autres parlent de "la résistance du Hezbollah" : certes, l'expression n'est pas critiquable par elle-même à s'en tenir au dictionnaire, mais que de sous-entendus ! et que dire des "activistes", et même des "militants" du Hezbollah, comme on les appelle à présent dans les rédactions ! Avez-vous au moins vu, de vos yeux, ne serait-ce que sur les photos qui en témoignent, l'énergie avec laquelle ces types-là font le salut nazi ?)

Pour revenir à votre dessin, pardonnez ma franchise mais il me semble que par ses sous-entendus visant les Juifs il fera date dans l'histoire des ignominies avérées de votre journal.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de ma considération distinguée,

Anatole

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Edito de Philippe Val (Charlie Hebdo, 19 juillet 2006)

Aux Israéliens, il n’arrive jamais rien. Ils vivent heureux et en sécurité, entourés de voisins charmants qui s’appellent Syrie, Hezbollah, Hamas. Ces braves gens ne feraient jamais de mal à une mouche.

Mais comme l’Israélien a le fond méchant, il passe son temps à massacrer et à emprisonner les enfants des voisins.

Le leader chiite Hassan Nasrallah est un héros au sourire si doux. Il vient juste de foutre le feu à la région, mais évidemment, c’est de la faute d’Israël.

Israël n’est jamais agressé. Israël n’est jamais en danger. Israël a toujours tort.

La cruauté ontologique de l’Israélien, au fond, est rassurante. Elle permet de mesurer à quel point on est du côté du bien, de la générosité, de l’irréprochable.

Vous voulez qu’on vous trouve sympa et militant d’une gauche couillue et courageuse ? Portez un tee-shirt du Hamas à Paris-Plage.

Que l’on critique les décisions du gouvernement israélien, qu’on juge les ripostes excessives ou non, c’est une chose. Mais qu’on se donne au moins la peine de rappeler que le camp adverse - en l’occurrence, le Hezbollah et sa jonction avec le Hamas - a aussi quelques responsabilités dans l’histoire.

Pour les ambitions du Hezbollah - à savoir, fédérer, pour le compte de l’Iran, une grande force panislamiste -, une paix entre Israéliens et Palestiniens serait une catastrophe.

Ils font donc tout pour qu’une guerre fédératrice éclate, pendant laquelle l’Iran se hâtera d’achever son projet nucléaire. Qu’on parle de réalité, au lieu d’en taire sans cesse la moitié.

A moins d’annoncer la couleur et d’avouer qu’on travaille dans un organe de propagande. Ce qui n’est pas le cas de Charlie.

Philippe Val
© Charlie Hebdo

21 juillet 2006

Portrait de quelques "militants"

Heil Hezb 1 (si elle n'apparaît pas, cliquer pour voir la photo)


Aujourd'hui, le pacifiste Amos Oz soutient dans Le Figaro l'armée israélienne dans la guerre qu'elle doit mener contre le Hezbollah, plusieurs articles du quotidien libanais Le Jour / l'Orient pointent la nécessité pour le Liban de combattre aussi le Hezbollah, et un journaliste libanais de proche-orient.info, qui avait jusque là soutenu l'action israélienne contre le Hezbollah, craque devant les destructions de son pays, ce que l'on peut comprendre : comment d'ailleurs exclure a priori des erreurs ou des abus de la part de l'armée israélienne ? Ils ne sont pas plus acceptables que ne l'étaient les destructions parfois gigantesques causées par les alliés à partir de juin 1944, mais comme elles ils ne suffisent pas à nous faire remettre en question les opérations militaires par lesquelles Israël se bat aujourd'hui contre les forces qui voudraient le détruire et qui soumettent quotidiennement un million d'Israéliens à d'incessants tirs de roquettes.

Je ne reproche pas à nos médias de pointer les destructions provoquées au Liban par les actions israéliennes, mais d'oublier de dire que le Hezbollah ne laisse pas le choix à Israël, de ne pas rendre compte comme elle le mériterait de la souffrance endurée par le peuple israélien (arabes compris), et finalement, j'en ai parlé dans mon précédent article, de laisser majoritairement éclater leur parti pris en employant des expressions telles que "activistes" ou "militants" pour désigner les terroristes du Hamas ou du Hezbollah.

Aujourd'hui je vous propose quelques portraits de ces "militants" :

Heil Hezb 2 (si elle n'apparaît pas, cliquer pour voir la photo)

Heil Hezb 3 (si elle n'apparaît pas, cliquer pour voir la photo)

Heil Hezb 4 (si elle n'apparaît pas, cliquer pour voir la photo)



de leurs leaders :

Heil Islamiste (si elle n'apparaît pas, cliquer pour voir la photo)

et encore quelques portrait par où l'on voit que les islamistes palestiniens ne sont pas en reste :

Heil Arafat

Heil forces palestiniennes

19 juillet 2006

Auto-hypnose : augmenter la dose

Les militants extrémistes tels Marius Shattner qui rédigent les dépêches de l'AFP qui inondent notamment nos médias (voir notre article Les activistes de l'AFP) ont depuis longtemps réussi à imposer le terme activiste pour désigner les véritables terroristes que sont ces fous furieux, adorateurs de la mort, qui défilent bras tendus sous les banières des "martyrs d'Al-Aqsa", du Hamas ou du Hezbollah.

Cette dénomination, par la confusion qu'elle suggère entre terrorisme et résistance légitime, s'apparente à celles employée en son temps par ceux qui, déjà, voulaient créer la confusion entre résistance et terrorisme (qui ne se souvient de l'affiche rouge ?). Mais l'auto-hypnose s'épuise, il faut augmenter les doses, alors on passe à l'étape suivante : les terroristes islamo-fascistes seront dorénavant régulièrement appelés des... militants ! J'avais constaté la chose depuis quelques semaines, j'en ai encore eu la confirmation ce matin sur une radio publique, et il y a ici un paquet d'autres exemples, et là encore un autre paquet.

les "militants" du Nouvel Obs (et/ou d'Associated Press)

Outre Radio-France, le lecteur constatera en suivant les liens précédents que cette terminologie plus que douteuse est surtout le fait de sites officiels chinois et du Nouvel Observateur, qui reprend les dépêches d'Associated Press, qui sur ce coup-là n'a rien à envier à l'AFP (je néglige ici la question de savoir qui traduit quoi et comment...). Qu'en conclure exactement, je ne sais pas, mais je vous propose, cher lecteur, chère lectrice, de prévoir l'étape suivante avec le sondage suivant : "sympathisant du Hamas" ? (c'est sympathique), ou bien "pote des martyrs d'Al Aqsa" ? A vous de dire :








Après "activistes" et "militants"...

Nous aurons bientôt droit à :


des proches du Hamas ont...

des amis du Hezbollah avaient...

un copain du mouvement social...

deux bienfaiteur de l'association...

un membre bienfaiteur de...

une connaissance du groupe...

trois sympathisants de...

des passionnés...

des experts...




Résultats







17 juillet 2006

"Ils s'en foutent, ils tirent n'importe où"

De retour d'un pays en guerre, traumatisés (on le serait à moins) mais néanmoins plutôt souriants (tout le monde est en bonne santé), ils sont interrogés par les journalistes TV. Ils sont des dizaines, mais parmi les trois retenus, cette femme dont le témoignage consiste essentiellement en une analyse de l'état d'esprit des israéliens : "Ils s'en foutent, ils tirent n'importe où".

S'agit-il de la pensée des journalistes, qu'ils préfèrent faire dire par une personne crédible, puisqu'elle était sur place, un témoin direct ? Pourtant, il est évident qu'avec la puissance de feu déployée par Israël, si vraiment "ils s'en foutaient et tiraient n'importe où" il y aurait cinquante fois plus de morts.

Alors ? Alors si les journalistes faisaient leur métier, qui est de nous informer, ils nous diraient que le Hezbollah (comme le Hamas en territoire palestinien) a de longue date choisit de placer ses centres de commandement, des dépôts d'armes, ses caches au milieu des populations civiles qui leurs servent de bouclier, comptant précisément sur la mort de civils pour donner à Israël un visage haïssable. Or, la portée des missiles iraniens tirés par le Hezbollah oblige Israël à se battre jusqu'à ce que le mouvement terroriste soit hors d'état de nuire. La mort de civils libanais résulte des choix du Hezbollah.

"Disproportionnées", disent 90% des commentateurs, politiques ou journalistes, commentant les actions israéliennes. C'est possible. Mais les considérations précédentes montrent qu'il n'est pas si facile d'en juger. Et d'autre part, 90% des commentateurs, politiques ou journalistes, ont ces dernières années si souvent montré leur partialité anti-israélienne, que jusqu'à preuve du contraire c'est leurs commentaires que je crois mal proportionnés.

16 juillet 2006

Les limites d'une métaphore

Le retrait israélien de Gaza l'été dernier, loin d'avoir été accueilli avec satisfaction par les antisionistes radicaux, avait donné lieu de leur part à des commentaires faisant plus que jamais la part belle à l'expression "prison à ciel ouvert" pour désigner la situation du minuscule territoire palestinien surpeuplé.

Les quantités prodigieuses d'armes qui entrent dans ce territoire ne suffisent pas à démentir l'expression en question, non plus que le fait que des tunnels aient pu être creusés vers l'Egypte ou vers Israël... En revanche, le fait (signalé récemment dans tous les medias) que plusieurs milliers de palestiniens qui se trouvaient en Egypte ont réussi à forcer le passage pour entrer dans la bande de Gaza me semble indiquer comme une limite à la métaphore de la prison : c'est en effet la première fois que j'entends parler d'une évasion ayant lieu dans ce sens là...

15 juillet 2006

La guerre

Démocratiquement élu, comme le Hamas, comme naguère Hitler, souvent désigné comme "le fou", comme naguère Hitler dont il est manifestement un grand admirateur, Ahmadinejad tient des propos que nous ferions bien d'étudier de près.

Il est frappant qu'il ait averti,
jeudi 13/07/2006, qu'une frappe israélienne sur la Syrie serait considérée par Téhéran comme une attaque contre l'ensemble du monde islamique. C'est reconnaître que l'agression du Hezbollah contre Israël est en fait une agression de la Syrie, proche de Saddam Hussein, et cela suggère le rôle de l'Iran dans cette affaire, qu'illustre cette info de la Mena, "l'avion téléguidé qui s'est écrasé sur le navire de la flotte israélienne était de conception iranienne, piloté à distance depuis Beyrouth par des Gardiens de la révolution iranienne".

Il est facile de qualifier les actions israéliennes de disproportionnées comme le font à l'unisson nos médias et le président Chirac, mais encore faudrait-il pour en juger savoir évaluer précisément la nature des forces qui s'attaquent à Israël...

(pour ma part, j'ignore le degré de massivité des destructions que peuvent faire les armes dont disposent aujourd'hui l'Iran et la Syrie, mais il me semble préférable d'agir militairement contre des régimes proches du nazisme, aux ambitions génocidaires affirmées, avant que leur niveau d'armement devienne excessif)




Edgar Morin blanchi par la cour de cassation

"Dans l'opprimé d'hier l'oppresseur de demain disait Victor Hugo"

Cette première phrase de l'article honteux cosigné par Edgar Morin en juin 2002 résume à elle seule ce qui y tient lieu de pensée.

A partir de là, plus besoin de vérifier les "informations" sur lesquelles on prétend s'appuyer (parlant de "massacres" à Jenine(*), bien ici dans la ligne du Monde qui avait à l'époque publié un dessin comparant les combats de Jenine à... Auschwitz !), plus besoin de prendre la moindre précaution dans l'expression de son hostilité au peuple juif :

"Ce qu'on a peine à imaginer c'est qu'une nation de fugitifs, issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l'histoire de l'humanité, ayant subis les pires humiliations et le pire mépris soit capable de se transformer en deux générations non seulement en " peuple dominateur et sur de lui ", mais, à l'exception d'une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier. "

"Dans les derniers temps de la reconquête de la Cisjordanie, Tsahal s'est livré à des actes de pillage, destructions gratuites, homicides, exécutions où le peuple élu agit comme la race supérieure. On comprend que cette situation dégradante suscite sans cesse de nouveaux résistants, dont de nouvelles bombes humaines. "

(texte intégral sur http://www.mcxapc.org/docs/conscienceinextenso/morinext.htm)

La cour de cassation vient d'annuler, le 12 juillet 2006, la condamnation d'Edgar Morin. Il est donc à nouveau possible dans notre pays de calomnier et d'insulter tout un peuple. C'est une très mauvaise nouvelle pour notre pays.

G. Huber avait parlé à ce sujet de Garaudysation des esprit. La décision de la cour de cassation représente à cet égard une nouvelle étape.

http://vigilances.blogspot.com/2005/06/la-garaudysation-des-esprits.html

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(*) A propos des combats de Jenine d'avril 2002,
http://www.col.fr/arche/article.php3?id_article=500

14 juillet 2006

Keskidi koko ?

Le 13 juillet 2006 au soir, alors que la guerre islamico-israélienne est entrée dans une nouvelle phase avec le tir d'un missile du Hezbollah sur Haïfa, à plus de 60 km de la frontière libano-israélienne, le site internet de l'huma ne laisse apparaître aucune information au sujet de ces événements d'autant plus considérables qu'ils sont liés à l'alliance massivement terroriste irano-syrienne.

Oh, ça ne va pas durer, juste le temps pour les cocos français de savoir s'ils doivent ou non s'aligner sur la position du parti communiste libanais, à qui l'agression du Hezbollah contre Israël à l'origine de cette nouvelle guerre a inspiré ceci : le Parti communiste libanais (PCL) s’est félicité des « actions héroïques entreprises par la Résistance », qu’il a qualifiées de « parfaitement légitimes » (ref L'Orient Le Jour, journal francophone libanais).

La "Résistance" ! Décidément, ceux qui aujourd'hui assimile le terrorisme à de la résistance ne sont pas très éloignés de ceux qui, naguère, assimilait la résistance au terrorisme. On verra bientôt comment vont se positionner nos cocos...

11 juillet 2006

Quand la France se mobilise...

Quand la France se mobilise... ça donne éventuellement ceci :

* 200 000 signatures en quelques jours pour protester contre le déplacement de 2 heures dans l'après-midi d'une émission certes populaire (pourquoi pas ?), proche de l'extrême gauche (bon), antisioniste (c'est banal), conduite par un démago autoritaire qui n'a pas eu à cacher son amitié pour son invité "Tariq" (Ramadan), branche souriante des "Frères Musulmans",

* 1608 signatures en plus d'un an pour dénoncer le massacre de 200 000 personnes au Darfour par les milices Janjawids aux ordres de la dictature de Khartoum, qui s'inscrit dans le courant des "Frères Musulmans".

Signez et faites signer l'appel Urgence Darfour :
http://appel.urgencedarfour.org/

10 juillet 2006

Le Darfour, la Chine et la Russie

Déclic ce soir dans la prise de conscience des crimes de type génocidaires commis au Darfour par les milices janjawids au service de la dictature islamiste soudanaise : le meeting qui a rassemblé ce soir quelques centaines de personnes au Théatre de la Madeleine aura permis de compter parmi les soutiens à cette cause de nombreuses personnalités, dont Brigitte Fossey, Pierre Arditi, Richard Berry, Georges Charpak, André Glucksmann, Pascal Bruckner, Bernard-Henri Lévy, Dominique Sopo, Pierre Lellouche, Jack Lang, François Zimeray, Patrick Poivre d'Arvor, la soirée ayant été animée par Daniela Lumbroso...

L'expression "crime d'indifférence" qui a été prononcée par Pascal Bruckner m'a rappelé deux souvenirs datant d'un ou deux ans : un ancien copain, un Juif violemment anti-israélien, m'a dit un jour que "oui, sur le Darfour, on exagère beaucoup". J'ignore la source de la propagande qui avait ainsi réussi à convaincre ce courageux dénégateur que l'enfer du Darfour ne méritait pas une prise de conscience urgente, mais il se pourrait que cela ait un rapport avec ce deuxième souvenir : testant un jour le moteur de recherche du journal d'extrême gauche "Le Monde Diplomatique" (groupe "Le Monde"), j'ai pu constater que tandis qu'une requête sur Israël renvoyait plus de cent réponses, une requête sur Darfour n'en renvoyait qu'une...

Mais je parlais dans mon dernier message de la Chine et de la Russie qui faisaient la morale à Israël (lire ici); or j'apprends ce soir en écoutant le formidable François Zimeray que la Chine en premier lieu, la Russie ensuite, investissent massivement auprès du gouvernement islamiste du Soudan, qu'ils sont ainsi en quelque sorte les parains du crime. Aussi, comme l'a fait remarquer Pierre Lellouche, les démocraties occidentales n'ont moralement pas le droit d'attendre que la Chine et la Russie donnent leur feu vert pour intervenir au Darfour, de même que nous sommes intervenu avec les autres membres de l'OTAN au Kosovo en 1999, sans mandat de l'ONU.

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A lire, un article de Serge Farnel, Darfour : origines et bilans d’un génocide (Mena).

06 juillet 2006

La Chine, Cuba, la Russie... font la morale à Israël

Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU condamne aujourd'hui l'intervention israélienne à Gaza, dans une déclaration qui qualifie le soldat israélien enlevé par des combattants palestiniens de "prisonnier de guerre" et qui qualifie d'"otages" les terroristes du Hamas arrêtés par les Israéliens.

Je ne conteste pas que certains aspects des opérations israéliennes actuelles puissent être critiqués, même sévèrement, encore faudrait-il tenir compte du contexte.

Parler de "prisonnier de guerre" à propos du soldat Shalit revient à considérer en effet que le proto-état islamiste de Palestine a déclaré la guerre à Israël, sans doute suite à l'humiliation qu'aura représenté pour le peuple palestinien... l'évacuation de Gaza, et suite aux provocations incessantes qui consistent, de la part d'Israël, à... être la cible quotidienne depuis cette évacuation de missiles palestiniens !
D'un autre coté, par contraste, parler d'"otages" à propos des criminels contre l'humanité (rappelons que les attentats suicides ont été désignés comme tels par l'association Human Right Watch, et même par Mahmoud Abbas, le 22 juin dernier, à Petra, en réponse à une question d'Elie Wiesel) qui ont été arrêtés par Israël, les Naif Rajoub, Vajiah Nazal, Mohammed Bargouti, et autres commanditaires de multiples assassinats, c'est se livrer à une propagande dont la logique est comparable à celle qui consisterait à prétendre qu'Eichmann aurait été pris en otage par Israël en 1954.


Mais au fait qui, à travers le Conseil des Droits de l'Homme, condamne Israël ? La réforme récente de cette institution contestable a heureusement conduit à ce que par exemple le Soudan n'en fasse plus partie. Il n'empêche, que cette noble assemblée juge "moralement répréhensible" l'intervention israélienne n'est pas très étonnant lorsqu'on se souvient qu'elle comprend la Chine, la Russie, Cuba, et plusieurs pays musulmans connus pour l'originalité de leur conception de la politique qui consiste, comme chacun sait, à faire de la morale son premier principe.

On lira avec intérêt l'article de Jean-Claude Buhrer pour Reporters sans frontières, à la lumière duquel on pourra décrypter le texte suivant, signé d'une agence française de presse assez connue :


Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a condamné jeudi (6 juillet 2006) les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza et réclamé la libération de hauts responsables palestiniens arrêtés pendant l'offensive.

Dans une résolution adoptée par 29 voix contre 11, le nouveau Conseil a appelé Israël à mettre fin à son intervention armée et demandé la libération immédiate des ministres et députés palestiniens arrêtés la semaine dernière par l'armée israélienne.

Cinq pays se sont abstenus lors du vote qui survient alors qu'Israël est engagé dans sa plus grosse opération militaire depuis son retrait de la bande de Gaza l'an dernier.

Aux termes de la résolution déposée par les pays musulmans, le Conseil a en outre décidé l'envoi d'une mission urgente d'établissement des faits dirigée par le rapporteur spécial de l'Onu pour la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés, John Dugard.

Israël a par le passé refusé de collaborer avec M. Dugard et ses prédécesseurs.

Dans son intervention devant le Conseil, le rapporteur spécial a estimé que l'offensive à Gaza était "moralement répréhensible".

"Israël est manifestement en violation des normes les plus fondamentales du droit humanitaire et des droits de l'homme", a dénoncé M. Dugard, évoquant l'interdiction des châtiments collectifs.

Les arrestations de responsables du Hamas semble s'apparenter à des prises d'otages, a-t-il ajouté.

A propos du soldat israélien enlevé par un groupe armé palestinien, à l'origine de l'offensive à Gaza, le rapporteur spécial a émis l'espoir qu'il soit "bien traité en tant que prisonnier de guerre et libéré en bonne santé".

Le texte adopté jeudi fait part de la "profonde préoccupation" du Conseil à l'égard "des violations des droits de l'homme du peuple palestinien provoquées par l'occupation israélienne, notamment par les opérations militaires israéliennes en cours".

La résolution a été adoptée durant la première session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme entamée mercredi sur demande des pays arabes, soutenus par la Chine, l'Inde, la Russie et l'Afrique du sud.

Un tiers des 47 membres du Conseil peuvent demander une telle réunion en cas de situation de crise en matière de droits de l'homme.

Les pays occidentaux ont estimé que cette résolution était entachée de partialité car elle s'abstient d'examiner l'enlèvement du soldat Gilad Shalit ainsi que les tirs de roquettes contre Israël.

Le différend a empêché l'adoption de ce document par consensus et les pays membres sont passés au vote.

Le texte appelle "toutes les parties en présence à respecter les règles du droit humanitaire international et à s'abstenir de commettre des actes de violence envers les civils" mais cette disposition n'a pas suffi à rééquilibrer suffisamment la résolution aux yeux des Occidentaux.

En conséquence, les Etats-Unis, qui ne font pas partie du Conseil mais y assistent en tant qu'observateurs, se sont dits "déçus" par la résolution.

"Une chance historique de traiter la question des droits de l'homme de façon juste, équitable, et équilibrée a débouché sur une mise en accusation du seul Israël", a déploré l'ambassadeur des Etats-Unis à Genève, Warren Tichenor.

02 juillet 2006

Le Mal selon les cocos

Tout le monde sait bien, pourtant, que le scénario écrit par le premier ministre israélien n’a qu’une fin : la poursuite de l’occupation, l’aggravation de la violence, la souffrance des peuples.

Pierre Barbancey, L'Humanité, 30/06/06

Barbancey n'exprime pas la seule opinion d'un groupuscule d'extrême gauche appelé "parti communiste", mais bien celle de l'immense majorité des faiseurs d'opinions de notre pays. On peut critiquer sévèrement, comme le fait Alain Finkielkraut, le bombardement par Israël de la centrale électrique de Gaza, mais d'une toute autre nature sont les propos tels ceux de Barbancey qui prétendent que la souffrance est le but même recherché par le premier ministre de l'Etat juif. C'est bien l'accusation d'incarner le Mal qui est faite contre le gouvernement d'un peuple en état de légitime défense, et celle-ci s'inscrit dans les accusations analogues faites au même peuple depuis des siècles.

(C'est d'ailleurs un discours du même tonneau que tient un internaute en envoyant sur ce blog le message qu'il a laissé en commentaire du message " Alain, Elie et Frederic : nuls !" )

21 juin 2006

Lettre ouverte à Colombani

saisie écran 2 : Le Monde, 21/06/2006

Monsieur,

Consultant ce 21 juin 2006 la version électronique de votre journal, je constate avec étonnement et avec émotion que la version des événements dramatiques qui se sont produits vendredi 9 juin dernier sur une plage de Gaza qui est proposée aux internautes l'est sans aucune précaution, à l'indicatif, alors même que ladite version a été formellement démentie par l'enquête de l'armée israélienne.

saisie écran 1 Le Monde 21/06/2006

L'enquête des journalistes du Monde serait-elle plus sérieuse, plus scientifique, plus crédible que celle de l'armée israélienne ? Vous êtes libre de le croire, mais même dans ce cas le conditionnel se serait imposé. L'enquête de l'armée israélienne n'aurait-elle à être considérée par vous que comme de la propagande, de sorte que 12 jours après les évènements et 8 jours après la diffusion par l'Etat hébreux de ses résultats vous n'ayez pas de quoi y voir la moindre raison de rectifier votre présentation ne serait-ce qu'en employant le conditionnel plutôt que l'indicatif dans votre description, accusatrice à l'égard d'Israël, de l'évènement ? C'est peut-être votre opinion, mais la moindre des choses aurait alors été de préciser à vos lecteurs que les enquêtes de l'armée israélienne sont reconnues pour leur sérieux non seulement par la droite israélienne, mais aussi à gauche, par des personalités comme Peretz ou Shimon Peres, et qu'elles ne sont mises en doute que par une très petite minorité d'extrême gauche. Il est vrai qu'une enquête a révélé que les journalistes du Monde votaient majoritairement Besancenot (c'est leur droit, bien sûr, mais alors comment se fait-il que votre journal soit encore considéré comme un journal de référence dans un pays où l'extrême gauche reste très minoritaire).

Ainsi, j'observe que, s'agissant d'Israël, votre journal se livre à ce que je ne vois pas comment appeler autrement que de la propagande pure et simple : ne faut-il par conséquent pas voir en votre journal l'un des principaux acteurs de la désinformation quasi-générale qui semble bien régner dans notre pays à l'encontre d'une autre démocratie qui, sans être parfaite, sans être au-dessus de toute critique, aurait certainement beaucoup à nous apprendre en matière de démocratie et de dignité ? Cette question est étayée par des centaines de documents, mais un seul suffirait, vous l'avez sous les yeux : l'emploi par "lemonde.fr" de l'indicatif pour affirmer, 8 jours après la publication de l'enquête documentée contredisant cette version, que le drame de Gaza serait la conséquence d'un "bombardement israélien sur une plage bondée de Gaza".

Par une telle propagande, ne participez-vous pas à la montée de l'antisémitisme dans notre pays ? Ce n'est pas nier l'immense diversité de positions et d'opinions au sein du peuple juif que de poser cette question qui procède d'un examen attentif et régulier du traitement si particulier que vous et la plupart de vos confrères réservez à l'Etat du peuple juif et que je viens très partiellement de décrire. L'histoire, je le crois, retiendra que vous y aurez eu votre part.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l'expression de ma considération distinguée,

Anatole


Références :

http://www.desinfos.com
http://www.lemonde.fr
http://www.menapress.com
http://www.m-r.fr
http://www.primo-europe.org
http://www.proche-orient.info
http://www.upjf.org

14 juin 2006

Alain, Elie et Frederic : nuls !

Le 14 juin 2006, au Téléphone Sonne sur France Inter, on a pu constater les dégats de la propagande française sur les esprits de nos concitoyens, lorsqu'une auditrice sans doute de bonne foi s'est demandée pourquoi la France ne pesait pas davantage pour qu'Israël s'ouvre à la paix, étant donné, argumentait-elle, que le Hamas avait implicitment reconnu Israël dans une lettre à l'ONU et après le bombardement israélien sur la plage de Gaza : deux mensonges qui ont effectivement fait la une des medias, mais deux mensonges tout de même, comme cela a été démontré depuis et d'ailleurs plus ou moins reconnu en petits caractères par ces mêmes médias.

La différence entre les petits catactères et les gros, c'est cette auditrice qui l'illustre parfaitement : on a retenu les mensonges en gros catactères, on a oublié les rectifications faites discrètement.

Or, ni Alain Bédoué, animateur de l'émission, ni Frederic Encel, ni Elie Barnavi, les invités de l'émission, n'ont pris la peine de rectifier ces mensonges criminels. Consternant !

13 juin 2006

Ca suffit !

Chers lecteurs,

Suite à la mise en scène palestinienne
(voir la vidéo sur http://www.desinfos.com/article.php?id_article=4954)
visant à présenter Israël comme étant le responsable de tirs ayant conduit à la mort tragique d'une famille palestinienne sur une plage de Gaza le 9 juin 2006 dernier, suite aux propos du chef de l'autorité palestinienne accusant Israël de vouloir exterminer, rien que ça, le peuple palestinien déchiré, suite surtout, pour ce qui nous concerne, à la façon dont nos médias ont relayé sans aucune précaution la thèse palestinienne, s'inscrivant ainsi dans une très longue et très constante désinformation anti-israélienne et par le fait, qu'on le veuille ou non, et quand bien même de nombreux journalistes juifs s'y seraient associés, anti-juive, je dis qu'il faudrait organiser une manifestation à Paris et en province pour dire aux médias de notre pays que trop c'est trop, le mensonge quasi-systématique, la désinformation insidieuse de la bande d'activistes qui opèrent à l'AFP, au Monde, à Libé, au Figaro, à l'Huma, à Marianne, à Télérama, au Nouvel Obs, sur France 2, sur France Inter, sur France Info, ce ne sont pas que des mots, ce ne sont pas que des opinions, ces mensonges, cette désinformation sont criminels.

Ce midi, sur France 2, dans le reportage de Charles Enderlin et de Tahal Abou Rame, le mot "activiste" était prononcé si souvent que s'en était pitoyable...

Si le jugement que je porte sur l'ensemble de nos médias résulte de son examen attentif, depuis plusieurs années, ma proposition de manifester contre les grands medias que j'ai cités ne procède pas, elle, d'une réflexion particulière, il s'agit en fait d'un cri : quand les gens ne veulent pas voir ce qu'on ne veut pas leur montrer, quand il faut raisonnablement renoncer à convaincre par la raison, il y a des moments où ne reste que crier