06 juillet 2006

La Chine, Cuba, la Russie... font la morale à Israël

Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU condamne aujourd'hui l'intervention israélienne à Gaza, dans une déclaration qui qualifie le soldat israélien enlevé par des combattants palestiniens de "prisonnier de guerre" et qui qualifie d'"otages" les terroristes du Hamas arrêtés par les Israéliens.

Je ne conteste pas que certains aspects des opérations israéliennes actuelles puissent être critiqués, même sévèrement, encore faudrait-il tenir compte du contexte.

Parler de "prisonnier de guerre" à propos du soldat Shalit revient à considérer en effet que le proto-état islamiste de Palestine a déclaré la guerre à Israël, sans doute suite à l'humiliation qu'aura représenté pour le peuple palestinien... l'évacuation de Gaza, et suite aux provocations incessantes qui consistent, de la part d'Israël, à... être la cible quotidienne depuis cette évacuation de missiles palestiniens !
D'un autre coté, par contraste, parler d'"otages" à propos des criminels contre l'humanité (rappelons que les attentats suicides ont été désignés comme tels par l'association Human Right Watch, et même par Mahmoud Abbas, le 22 juin dernier, à Petra, en réponse à une question d'Elie Wiesel) qui ont été arrêtés par Israël, les Naif Rajoub, Vajiah Nazal, Mohammed Bargouti, et autres commanditaires de multiples assassinats, c'est se livrer à une propagande dont la logique est comparable à celle qui consisterait à prétendre qu'Eichmann aurait été pris en otage par Israël en 1954.


Mais au fait qui, à travers le Conseil des Droits de l'Homme, condamne Israël ? La réforme récente de cette institution contestable a heureusement conduit à ce que par exemple le Soudan n'en fasse plus partie. Il n'empêche, que cette noble assemblée juge "moralement répréhensible" l'intervention israélienne n'est pas très étonnant lorsqu'on se souvient qu'elle comprend la Chine, la Russie, Cuba, et plusieurs pays musulmans connus pour l'originalité de leur conception de la politique qui consiste, comme chacun sait, à faire de la morale son premier principe.

On lira avec intérêt l'article de Jean-Claude Buhrer pour Reporters sans frontières, à la lumière duquel on pourra décrypter le texte suivant, signé d'une agence française de presse assez connue :


Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a condamné jeudi (6 juillet 2006) les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza et réclamé la libération de hauts responsables palestiniens arrêtés pendant l'offensive.

Dans une résolution adoptée par 29 voix contre 11, le nouveau Conseil a appelé Israël à mettre fin à son intervention armée et demandé la libération immédiate des ministres et députés palestiniens arrêtés la semaine dernière par l'armée israélienne.

Cinq pays se sont abstenus lors du vote qui survient alors qu'Israël est engagé dans sa plus grosse opération militaire depuis son retrait de la bande de Gaza l'an dernier.

Aux termes de la résolution déposée par les pays musulmans, le Conseil a en outre décidé l'envoi d'une mission urgente d'établissement des faits dirigée par le rapporteur spécial de l'Onu pour la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés, John Dugard.

Israël a par le passé refusé de collaborer avec M. Dugard et ses prédécesseurs.

Dans son intervention devant le Conseil, le rapporteur spécial a estimé que l'offensive à Gaza était "moralement répréhensible".

"Israël est manifestement en violation des normes les plus fondamentales du droit humanitaire et des droits de l'homme", a dénoncé M. Dugard, évoquant l'interdiction des châtiments collectifs.

Les arrestations de responsables du Hamas semble s'apparenter à des prises d'otages, a-t-il ajouté.

A propos du soldat israélien enlevé par un groupe armé palestinien, à l'origine de l'offensive à Gaza, le rapporteur spécial a émis l'espoir qu'il soit "bien traité en tant que prisonnier de guerre et libéré en bonne santé".

Le texte adopté jeudi fait part de la "profonde préoccupation" du Conseil à l'égard "des violations des droits de l'homme du peuple palestinien provoquées par l'occupation israélienne, notamment par les opérations militaires israéliennes en cours".

La résolution a été adoptée durant la première session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme entamée mercredi sur demande des pays arabes, soutenus par la Chine, l'Inde, la Russie et l'Afrique du sud.

Un tiers des 47 membres du Conseil peuvent demander une telle réunion en cas de situation de crise en matière de droits de l'homme.

Les pays occidentaux ont estimé que cette résolution était entachée de partialité car elle s'abstient d'examiner l'enlèvement du soldat Gilad Shalit ainsi que les tirs de roquettes contre Israël.

Le différend a empêché l'adoption de ce document par consensus et les pays membres sont passés au vote.

Le texte appelle "toutes les parties en présence à respecter les règles du droit humanitaire international et à s'abstenir de commettre des actes de violence envers les civils" mais cette disposition n'a pas suffi à rééquilibrer suffisamment la résolution aux yeux des Occidentaux.

En conséquence, les Etats-Unis, qui ne font pas partie du Conseil mais y assistent en tant qu'observateurs, se sont dits "déçus" par la résolution.

"Une chance historique de traiter la question des droits de l'homme de façon juste, équitable, et équilibrée a débouché sur une mise en accusation du seul Israël", a déploré l'ambassadeur des Etats-Unis à Genève, Warren Tichenor.

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