05 décembre 2007

A suivre... la propagande sur France Culture (suite)

Voici le retranscription effectuée par mes soins de la chronique d'Antony Bellanger dont nous avons parlé récemment au sujet de laquelle nous nous posons la question : "information objective, ou propagande éhontée ?"

Après l'annonce par Vincent Lemerre de la chronique de Courrier International par Bellanger dans le contexte de l'après Annapolis, celui-ci commence :

Oui, alors vous savez, on va surtout parler de la première intifada, l'anniversaire de la première intifada... Tout avait commencé par un banal accident de la circulation, le 8 décembre 1987 : un char israélien qui circulait à vive allure écrasait une voiture et ses quatre occupants [...] Coté palestinien, la rumeur a enflé : "ce n'était pas un accident, mais un acte de vengeance" et le lendemain, les territoires s'embrasaient. Cette révolte des palestiniens de l'intérieur a pris tout le monde par surprise, y compris l'OLP de Yasser Arafat...

Mais cette première intifada ce sont surtout des images d'adolescents gazaouis ou de Cisjordanie qui se sont battus à coup de pierres contre Tsahal, des images qui ont fait le tour du monde, ternissant durablement l'aura de l'armée israélienne ou de l'Etat hébreux.

Alors aujourd'hui, lorsqu'on feuillette la presse palestinienne, le moins que l'on puisse dire est que l'on est loin de l'optimisme qui prévalait après la signature des accords d'Oslo ou même après ceux d'Annapolis.

A la Une de Al-Hayat al-Jadida par exemple, qui est l'un des principaux quotidiens palestiniens, publié à Ramallah en Cisjordanie , le mot Shahid est récurrent. "Shahid" cela veut dire "martyr". Dans les territoires palestiniens, tous ceux qui meurent à cause de l'occupation israélienne sont des Shahid. En ce moment, à Gaza par exemple, on meurt à cause des incursions israéliennes qui répliquent, vous savez (tout en parlant plus vite, Bellanger semble éprouver à cet instant une certaine lassitude), aux rafales de roquettes Qassam, on meurt dans une sorte de guerre civile larvée qui oppose les partisans du Hamas à ceux du Fatah, mais on meurt aussi, comme un certain Mohammed S., c'était le 28 novembre dernier, du cancer. Mohammed avait 58 ans et demandait depuis plusieurs semaines à sortir de Gaza pour se faire soigner en Jordanie. Pour cela il faut une autorisation de l'armée israélienne, autorisation qui est communément refusée et qui a donc valu à Mohammed de mourir sans soin. Cette situation est si fréquente que dans les pages du quotidien israélien Yediot Aharonot cette fois-ci, on apprend qu'elle a fait l'objet d'une plainte auprès de la Cour Suprême israélienne. La plus haute juridication du pays avait été saisie par onze malades en phase terminale à qui on interdisait de sortir de Gaza pour être soigné en Egypte ou en Jordanie. Le jugement a été rendu le 29 novembre dernier et exige que les forces israéliennes laissent passer ces malades. La décision est intervenue trop tard pour [...], un jeune homme de 21 ans qui est donc mort sans soins.

En fait, et ce depuis la victoire du Hamas à Gaza, c'était en juin dernier, cette bande de terre qui abrite 1,5 millions de personnes, vous savez Vincent c'est l'un des territoires les plus concentrés ... heu, les plus denses du monde, et cette bande de terre est considérée par les autorités israéliennes comme un territoire ennemi : personne n'entre ni ne sort, ou seulement au compte goutte...

Le quotidien Al Qods le raconte : 670 étudiants qui devaient rejoindre des universités à l'étranger sont piégés dans la bande de Gaza, car si l'on peut commencer ses études dans le territoire, l'Université à Gaza ne délivre pas de licence ou de master pour un grand nombre de disciplines, évidemment sans parler des doctorats.

Cette situation a conduit le responsable de l'approvisionnement en eau, un certain N..., a prendre la plume, et en marge de la réunion d'Annapolis de lancer une sorte de cri d'alarme dans les pages du quotidien américain Washington Post : "depuis le 19 septembre (2007)" explique-t-il, "seule la nourriture peut entrer dans la bande de Gaza, toutes les matières premières qui alimentaient l'économie gazaouie ont cessé de passer; depuis lors, 85% des usines et 95% des projets de construction se sont arrêtés. 70 000 palestiniens ont perdu leur emploi, et les gazaouis ne vivent aujourd'hui que grâce à l'aide d'ONG occidentales ou islamistes. De plus, les israéliens ont commencé le 28 octobre (2007) à restreindre les livraisons de combustible; début novembre, explique ce responsable, sept installations d'eau potable qui alimentaient 35 000 personnes ont dû être interrompues. La semaine dernière, trois autres ont suivies, ainsi que deux stations d'épuration pour un total de 50 000 personnes affectées. Aujourd'hui, explique monsieur N., 15% de la population de la bande de Gaza n'a plus accès à l'eau potable". Lui aussi a fait appel à la cour suprême israélienne, mais en attendant monsieur N. a supplié à Annapolis les négociateurs de se souvenir des 1,5 millions de gazaouis dont l'écrasante majorité, écrit-il, ne tire pas de roquette Qassam sur le territoire israélien.

Et Bellanger de conclure sur un ton ironique et plein de sous-entendus :

Est-il utile de préciser, Vincent, qu'il n'a pas été écouté ?

1 Comments:

At 8/1/08, Anonymous Anonyme said...

Cher Antatole

Meilleurs voeux pour l'année 2008 d'un de vos lecteurs les plus assidus.
Celà étant, vous devriez vous économiser pour les sujets les plus manifestement scandaleux et il y en a tant concernant la propagande antijuive que ce sujet sur la pauvre chronique de M. Bellanger ne mérite ps à mon sens tant d'indignation. Les Français ne sont pas si bètes et savent bien que les palestiniens se discréditent un peu plus à chacune de leurs actions criminelles. Les Français savent que les femmes palestiniènnes sont utilisées comme des fabriques d'armes c'est à dire d'enfants qui seront ensuite enrégimentés pour mourir comme des martyrs. Depuis le temps que dure le conflit, seuls les plus fanatiques antijuifs prètent encore l'oreille aux balivernes de gens comme Bellanger. Alors, réservez votre indignation, vous en aurez sûrement besoin en d'autres occasions.

Goz

 

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