11 décembre 2007

La honte, suite

J'écrivais hier qu'avec la présence de Kadhafi à Paris, une semaine de honte commençait pour notre pays, et je précisais ce qu'étaient à mon sens les contours de cette honte (puisqu'en effet, il ne s'agit pas, pour ce qui me concerne, d'une opposition totale à toute réception du dictateur libyen, mais des conditions de cette réception).

Nous l'avons dit, la question des droits de l'homme est centrale dans cette affaire, non seulement à cause de la création d'un "prix des droits de l'homme" par ce leader mondial de leur viol systématique qu'est notre invité actuel, mais surtout parce que cette mascarade en annonce une autre, à une tout autre échelle, qu'illustre quotidiennement l'activité du "Conseil des droits de l'homme" à l'ONU (où la Libye est bien active), la préparation de "Durban 2" et le concept d'Alliance des Civilisations que nous vendra bientôt le toujours si tranquille M. Vedrine, toutes choses dont nos concitoyens (jusqu'au ministre des affaires étrangères, semble-t-il) sont totalement ignorants, les médias faisant bien leur travail.

Mais voici qu'à la déclaration de M. Sarkozy selon laquelle les droits de l'homme en Libye ont été évoqués dans la conversation du président avec le dictateur, fait confirmé par le secrétaire général de l'Elysée, M. Guéant, témoin de la discussion, vient s'opposer une déclaration du dictateur encore sur notre sol pour quatre jours : "nous n'avons pas parlé de ça", a-t-il déclaré sur France 2. On mesure par cet incident l'impact qu'auront les encouragements de M. Sarkozy à M. Kadhafi de poursuivre "sur le bon chemin" : absolument nul... La honte, vous dis-je...

1 Comments:

At 11/12/07, Blogger Anatole said...

Dans son billet ce matin sur RCJ, le journaliste Luc Rosenzweig, pour qui nous avons non seulement du respect mais aussi de l'estime, croit devoir fustiger, au nom des réalités que pour notre part nous ne nions pas, ceux qui expriment comme lui-même dans ce billet leurs sentiments concernant la présence de Kadhafi à Paris, je cite : "la nécessaire vigilance des citoyens n'autorise pas ces derniers à donner d'incessantes leçons de morale". N'est-ce pas là, cher Luc Rosenzweig, une petite leçon de morale que vous vous autorisez ? Il est vrai que je ne suis pas obligé de me sentir visé par cette phrase, ma position étant plus proche de celle de Rama Yade ou de Reporter sans Frontière que de Hollande ou Royal, pour ne pas parler de Noël Mamère, à savoir : recevoir Kadhafi et faire du commerce avec lui, oui, mais éviter de le recevoir un 10 décembre, jour des droits de l'homme, et laisser les opposants à Kadhafi manifester au lieu de les traiter par le mépris : non, Monsieur le président, les opposants libyens à Kadhafi qu'on empêche de manifester ne trouvent pas dans les cafés de St Germain leur source d'inspiration... Il n'empêche, L.R. avait peut-être mieux à faire que la morale aux moralistes...

http://www.radiorcj.info/mp3Player/?audio=rosenzweig11dec

 

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